Mood

La violence sociale tue : ma réalité.

Fin des années 80, avant la ghettoïsation sociale puis raciale ?

Ces dernières semaines n’ont pas été simples, tout d’abord à cause du déconfinement qui m’a fait connaitre une angoisse assez forte. J’étais dans une incompréhension totale, j’ai vécu l’indifférence des gens bien portants (ou qui n’ont jamais connu le deuil) et le déni général avec beaucoup de violence. J’avais le sentiment d’être seule sur ma planète, en décalage sans le vouloir, et d’être condamnée à une solitude que je n’aurais même pas choisie.

Déjà là, j’étais tétanisée, dans un état presque végétatif, face à l’absence de sens, ma tête était remplie de réflexions, de sentiments, sur la suite, sur l’espoir que je veux avoir, même si tout porte à ne plus croire en grand chose. J’ai publié une photo sur Instagram le jour où j’essayais de sortir de cet état. En légende j’évoquais mes origines, de quel type de famille je provenais, j’essayais de décrire brièvement la personne qui vous écris sur ce blog. Je crois que j’ai toujours eu un problème identitaire, un tempérament secret avec tout ce qui touche de près à ma famille, à mes origines : j’étais tombée dans le piège et le cliché de la fille d’immigrés arabes et pauvres, qui devait coûte que coûte s’intégrer pour sortir de son milieu, pour que personne n’ait à lui rappeler d’où elle vient, pour que personne ne puisse s’en prendre à ses origines pour la discréditer, pour que personne ne sache le niveau de pauvreté que sa famille et elle avaient connu, pour que personne ne puisse deviner son passé et les traumatismes qui y sont associés. Pour ne pas être discriminée. Mon prénom a surement aidé, toute ma vie j’ai entendu “mais du coup lequel de tes parents est arabe” ? Quand à l’inverse il m’empêchait de tout à fait m’intégrer avec les enfants de mon cercle où on a souvent remis en question mon origine, tout ça à cause d’un prénom.

Cela a très bien marché, si bien marché que j’ai fini par avoir le cul entre 2 chaises. (Je reviendrai sur la quête identitaire dans un article à part.)

Je réalise que mon objectif principal était qu’on ne me plaigne surtout pas, ma résilience dépendait aussi de ma capacité à ne jamais montrer. Ne pas laisser paraitre était une qualité. Alors que je comprends maintenant, à 32 ans, que vouloir cacher la violence sociale qu’on subit quotidiennement, est une erreur car cela conforte notre position de laissés pour compte, et participe au problème de fond qu’on a aujourd’hui : LA GHETTOÏSATION. Sans compter que la ghettoïsation qui était une “organisation” sociale est devenue raciale.

Elle implique une méconnaissance totale de la part des autres, extérieurs au ghetto, de ce qu’on vit, elle implique des idées reçues qui deviennent des clichés ancrés, une incompréhension qui laisse place à la haine.

Et puis Georges Floyd.

Et tout ce qui s’en est suivi. Etre confrontée encore et encore à la violence sociale, ou pire, à son déni, génère des émotions qui peuvent m’être très compliquées à gérer, surtout avec le covid-19 qui a renforcé les inégalités. Moi qui ai toujours eu quelque chose à dire à ce sujet, quitte à déplaire, n’ai pas su formuler la moindre phrase pertinente, je me suis contentée de partager en storie 3 hashtags parce qu’il était impossible de ne rien dire.

Je pensais que c’est parce que je n’étais pas faite pour les réactions à chaud, alors qu’en réalité cet évènement et ce qui s’en est suivi ont réveillé beaucoup trop de choses, je ne dirais pas des traumatismes mais le fait est que je pleurais comme une gosse de 6 ans, j’étais en colère tout en ressentant une immense tristesse, je lisais pendant des heures Twitter et les horreurs qui y sont partagées, de la part de ceux qui avaient eu des vies similaires à la mienne, des frères similaires aux miens. Et je suis tombée de ma chaise : je faisais partie des concernés, de ceux qui savent parce que j’ai grandi dans une citée, parce que je suis issue de l’immigration algérienne, parce que la violence sociale était mon quotidien, parce ma famille a connu l’indicible. Mais mon milieu social à Paris, est exclusivement composé de personnes issues de classes aisées, y compris le peu de personnes d’origines étrangères qui le composent. C’est normal, ce sont des rencontres issues de mes cours de théâtre, du web ou du blogging. Les gens que j’adore et qui m’entourent ne savent pas, n’ont pas idée, et ça me fait mal. La Ghettoïsation perdure, et devient plus que jamais mentale. (A noter qu’ils ne sont pas du tout contre le fait de savoir, en attendant ils connaissent les cités vues par les médias, ce qui n’aide pas notre combat…)

Les seules personnes issues de mon milieu sont ma soeur aussi à Paris, ma meilleure amie et ma famille qui vivent à Metz. J’y tiens beaucoup à ma famille, si je n’avais pas quitté Metz avant, si j’avais choisi de travailler au Luxembourg à défaut de Paris, c’était pour elle. Je me suis finalement forcée à partir, un éloignement avec les siens, et son passé est parfois une étape à passer je crois. Mes visites régulières à Metz m’étaient indispensables, mais j’ai fini par les espacer, car à chaque fois elles me confrontaient au passé, car nous vivons toujours dans le même appartement, dans le même bloc, dans le même quartier. Je m’explique…

La violence sociale a tué une partie de ma famille, et a déshumanisé l’autre.

Je n’entrerai pas dans les détails sur mon blog, cela mérite bien plus, mais pour remettre en contexte, tous les garçons de ma famille maternelle sont décédés*, mes oncles qui ont toujours été mes grands frères ont tous disparu, mes grands-parents ont perdu 3 de leurs enfants. Celui dont j’étais la plus proche avait 27 quand c’est arrivé, j’en avais 21, je suis incapable de vous raconter, j’hésitais déjà beaucoup à publier ça, par soucis de décence et de pudeur, mais je tiens à vous dire que si nos origines avaient été différentes, si nous avions évolué dans un milieu non soumis à une extrême violence, cela ne serait probablement pas arrivé. Et quand bien même, si la Justice était vraiment la même pour tous, nous ne vivrions pas, ma famille et moi avec des plaies vouées à rester ouvertes. Car l’injustice, quand on y est confrontés de plein fouet, va jusqu’à bouffer la chair. Alors maintenant je veux que leur mort INHERENTE au système et à une politique désastreuse soit sue. Maintenant je veux que ça change, et avant de faire la morale, d’éduquer les autres, il faut commencer par les sensibiliser et leur montrer, il faut que toutes les histoires soient sues, pour qu’à termes la violence ne puisse plus être niée.

On se demande parfois pourquoi je suis si investie concernant ces sujets, que ce soit sur mon blog, dans la vie, avec mes amis, je suis cette fille qui a un peu “trop de convictions” et qui ne supporte pas les préjugés, surtout quand ils viennent de ceux qui ne savent rien. Qui a la révolte un peu facile face à l’indécence.

Alors voilà en partie pourquoi. Ce n’est pas un choix militant ou je ne sais quoi, c’est mon histoire, l’histoire de ma famille, je vous dis très honnêtement que si je pouvais me détacher de tout ça je crois que je le ferais. Seulement je peux être obsessionnelle avec la notion de justice donc il s’agit d’une partie de moi avec laquelle je dois composer. J’ai voulu m’en détacher maintes fois, moi aussi il m’arrive de vouloir porter des oeillères, mais elle revient toujours plus forte, plus je souhaite la taire plus elle existe, car cela revient à vouloir effacer mon histoire. Le passé est finalement ce qui nous constitue avant tout. C’est bateau comme constat, mais j’ai vécu 20 ans en me disant “si je venais d’ailleurs, je serais allée beaucoup plus loin, ce serait plus simple, je pourrais être insouciante, ma famille n’aurait pas tant souffert…”, et même si c’est vrai, vivre dans le passé ou vouloir le changer n’est une solution pour personne, et puis on ne sait jamais ce qu’il serait advenu avec des “si”.

On ne peut changer le passé mais on peut s’en servir pour diriger le futur.

Or le passé doit être su, pas via des livres qui revisitent l’Histoire, pas via des amnésiques qui ne veulent pas se rappeler que oui, on a traité des humains comme des marchandises. Si c’est comme ça, le passé doit être su via toutes les histoires qui une fois réunies, font qu’on ne peut plus nier la vérité. Ce que certains peuvent voir comme un entêtement ou une obsession… est une nécessité. J’ai besoin que ce qui est vrai et juste soit reconnu. Je ne veux pas avoir raison, je veux être au plus près de la vérité. Surtout, je ne supporte pas qu’on la nie la vérité, qu’on nie le factuel et l’indéniable.

Une des conséquences de tout ça, est que je suis une habituée des périodes de spleen, depuis toujours. Baudelaire décrivait le spleen, comme un mal de vivre, une mélancolie, ou plutôt à une rage de vivre :
“Une frustration colérique d’un Idéal non réalisé, auquel il ne renonce pourtant pas.” (Wikipedia). C’est exactement ça.

Ces spleens me conduisent à une sorte d’immobilisme : c’est bien connu qu’à trop réfléchir on ne fait rien. Mais ces dernières semaines, l’actualité me met en colère plus que jamais, comme si j’avais atteint le trop plein, parce que le comportement des gens, le positionnement politique de certaines connaissances me frappe de plein fouet, les dénis collectifs en deviennent insupportables.

Je constate un décalage toujours plus grand avec les autres : je suis là, avec mon passé que j’ai eu tord de vouloir taire, je fais face à une actualité qu’il m’est impossible d’ignorer, je pense à tous ces laissés pour compte, à ma famille, à mes oncles, à toutes les mères, les pères, les frères, les soeurs qui ont tant perdu, quand plein d’autres continuent de mener leur vie sans se poser aucune question, dès lors que ça ne les concerne pas directement. Quand plein d’autres ne veulent même pas en discuter, au risque de casser l’ambiance. Tu ne te sens pas concerné par ma souffrance et mon histoire ? Tu ne te sens pas concerné par la misère sociale ? Par ton pays qui a colonisé, tué ? Par la souffrance de ceux qu’on a parqués dans des ghettos ? Par cette soeur dont la vie ne peut être dédiée à autre chose qu’à celle qu’on a volée à son petit frère ?

De la même façon que je suis attristée quand des hommes font mine de ne pas comprendre la souffrance des femmes et leur combat féministe, je suis attristée que les plus privilégiés, dont on a besoin, font mine de ne pas être concernés par nos problèmes, par les problèmes de leurs semblables qui foulent pourtant le sol du même pays. L’amnésie collective a ranimé plus que jamais mon petit feu intérieur, l’individualisme dans toute sa splendeur est devenu un manque de respect profond, et l’indécence s’est généralisée.

Mais voilà, quand un matin de plus j’avais du mal à sortir de mon lit parce que plus rien n’avait de sens, quand je me disais “à quoi bon?”, quand j’avais les larmes aux yeux face aux infos, quand j’étais en colère en voyant mon feed Instagram très peu concerné, quand tout ça me rappelait que si ma famille avait été française et aisée Justice lui aurait été rendue, je me suis dit que rester immobile n’allait aider en rien, au contraire. Je veux et je dois vraiment continuer à m’exprimer et informer sur ces sujets, en espérant que les mentalités qui posent problèmes finiront par changer. Même si c’est pas rentable la transparence quand c’est dur à entendre. Rester à distance ne me faisait pas du bien, au contraire, la distance implique un sentiment d’impuissance, de désespoir et de colère qui ne fait qu’alimenter le mal-être.

Au pire on n’aimera pas du tout ce que j’écris, on me trouvera indécente (j’ai très peur de ça, il n’y a rien de pire pour moi) et au mieux je pourrais rediriger vers le bon côté de la force les fachos qui s’ignorent, et les naïfs déconnectés.


Merci à ceux arrivés jusqu’ici de m’avoir lue jusqu’au bout , le blog a une audience encore faible comparé à avant (mais j’y travaille), donc je sais que j’aurais très peu de réactions, alors que je partage l’article le plus compliqué depuis mes débuts. Mais je me souviens que le blog est mon espace cathartique en plus d’être un espace d’échange, tant qu’une des 2 missions est remplie c’est bon :D

A demain, pour un article sur la nécessité d’avoir une opinion, je fais un rappel simple de ce qu’est le racisme systémique, ce qu’est un privilège , j’explique avec des faits pourquoi le racisme anti-blanc est un non-sens et aborde la notion de la responsabilité individuelle qu’il est indispensable d’avoir, en 2020.

*Sauf le petit dernier, il a 10 ans, il n’a pas connu ses oncles. C’est mon petit coeur, nous sommes très proches, et j’avoue avoir très peur pour lui. Ma mère a perdu un petit garçon après sa naissance, il y a une impression de malédiction qui plane, et qui génère des sentiments pas forcément rationnels, pas forcément partagés par mes proches, mais ça, ce sera abordé ailleurs que sur le blog.

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11 Comments

  1. Aurore

    Ton article est extrêmement puissant Jessica, je n’ai pas les mots, je ne sais quoi te dire face à la violence que tu as pu vivre dans le passé. Merci d’avoir partagé, cette part de toi avec nous, j’espère sincèrement que ce qui se passe en ce moment sera le début d’un vrai changement de société !

  2. Misolal

    Je te lis, j’adore te lire, depuis des années mais je n’ai jamais commenté. Ton article m’a sidérée, touchée, et m’a donné envie de réagir. Je comprends mieux maintenant ton histoire et je comprends que ton blog te permet de sublimer tout ce que tu as vécu.
    Tu as raison, il faut parler, pour montrer à celles et ceux qui vivent loin de tout ça, qui n’imaginent pas et qui ont besoin de comprendre et d’avoir une réalité de la violence qu’on réserve à certains.
    J’attends avec beaucoup d’intérêt ton article sur le racisme systémique. Et je partagerai.

  3. Francois

    Immigré ?
    Immigrée ?
    C’est quoi ?
    Le regard de l’autre ? C’est quoi ? Le regard de celui qui ne regarde pas, c’est quoi ?
    Si être autre est ce qui te (là, c’est forcément un mot à toi) cela veut dire d’après les écritures -choisis- que cela devient ta responsabilité de construire ton Monde et d’y entraîner ceux qui ont envie de t’y suivre. Pas confortable, mais plus que de ne pas s’appartenir. Que de ne pas t’appartenais (t’aimer, t’apprécier, … )

    Vœux, les meilleurs

  4. Felicia

    Bonjour Jessica,

    Merci d’avoir partagé ce puissant article. Je dis puissant car il est fort, sincère et Juste. Tu as mis des mots sur des choses que je ressens moi-même. Je vis avec des oeillères et un mouvement de spleen récurrent. Je n’ai jamais su me définir. J’ai de nombreuses origines, et la majorité des gens que je rencontre essayent de m’associer à une ethnie qu’ils connaissaient. Depuis peu je me suis rapproché du monde du spectacle vivant, où je sens que ma différence plaît (voir facine parfois). Je représente quelque chose dont je n’ai même pas conscience. C’est agréable et étrange…

    J’admire ton courage et ta franchise!

    Continue à publier s’il te plaît. Ton écriture est un remède pour le doute. Merci.

  5. Sophie

    Très bon article Jessica. L’individualisme m’a toujours profondément choqué. Malheureusement dans notre société c’est de pire en pire et il me faut lutter pour ne pas être prise dans ce tourbillon au quotidien

  6. Erika

    Coucou Jessica, merci pour ton article, c’est courageux d’en parler. Il est impossible de dire que l’on comprend ce que l’autre a vécu quand on n’a pas la même histoire. Mais je suis noire, j’ai subit le racisme, alors indirectement, je pense pouvoir dire que je comprends ce que tu dénonces, j’en ai fait un article moi aussi. On ne peut qu’espérer que les choses changeront. Bises, Erika

  7. Sabrina

    Excellent article, vraiment. Qui remet beaucoup de choses en perspective.
    Je pense que les gens n’ont pas conscience de ce que les personnes issues du ghetto et/ou (mais souvent « et ») de l’immigration subissent au quotidien. C’est un vrai challenge que de leur faire entendre ces souffrances. D’autant plus qu’on a tous eu tendance, pendant bien trop longtemps, à taire ces violences que nous subissions.
    Merci d’avoir mis en lumière cet aspect là.
    J’aime toujours autant te lire.

  8. Picsaile

    Merci pour cet article profond, plein de confidences.
    Il me donne envie d’en savoir plus. J’espère lire une suite sur certaines thématiques abordées.
    Bonne soirée !

  9. Léa

    Très bel article, extrêmement touchant. Une nouvelle fois, tu arrives à exprimer à merveille tes sentiments avec tes mots qui ne peuvent qu’arriver en plein cœur. Pensées affectueuses à toi et aux tiens.

  10. Adèle

    Quel article fort… J’ai du mal à trouver les mots justes pour exprimer les émotions que tes mots font jaillir.
    Je me retrouve beaucoup dans cette “non réaction” face aux infos et aux nouvelles terribles de ces derniers temps (et en général) : cette sensation d’être bloquée, découragée. Et moi, je suis blanche, je n’ai pas d’autres origines que française, le racisme ne m’a jamais touchée personnellement, bien que, comme tout le monde, j’ai été témoin de propos et réactions racistes. Je suis extrêmement en colère et surtout je me rends compte avec honte que j’avais aussi des œillères parce que je n’imaginais pas qu’en 2020 on en était encore là… Je pensais qu’on avait évolué, mais pas tant que ça finalement.
    Le sujet de la ghettoïsation est très intéressant et important, je crois, sur le sujet du racisme.
    En tous cas, merci pour cet article, comme toujours intéressant et surtout avec du fonds. C’est toujours un plaisir de te lire !

  11. Clara L

    Je rattrape mon retard des articles que je n’avais pas vu passer ces derniers mois. J’ai du mal à trouver les mots là mais je voudrais te dire merci. Parce ce que tu dis des choses vraies, des choses importantes, des histoires qui comptent. Moi j’ai 19 ans, je suis une jeune femme blanche née et élevée dans la même ville moyenne tranquille de province avec une famille de classe plutôt aisée. Une vie à mille lieues de la tienne et tout ça j’ai besoin de l’entendre. Cette année à éveiller beaucoup de réflexion chez moi, de remise en question et en perspective. J’essaie, je fais de mon mieux pour apprendre, élargir ma vision du monde, comprendre les histoires, les problèmes qui sont loin de ma réalité immédiate. J’essaie de me construire et de devenir quelqu’un de plus ouvert, plus conscient, plus altruiste, plus juste. Et pour ça je me nourris de témoignages précieux (et si bien écrit) comme le tien. Alors non c’est loin d’être indécent, c’est nécessaire. Et ce qui est indécent c’est le nombre de personnes qui auraient bien besoin de lire tout ça.
    C’est en vrac mais j’espère que tu as compris l’idée, qui est juste basée sur la reconnaissance.
    Avec beaucoup d’amour

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