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Le racisme anti-blanc et le sexisme anti-homme existent-ils ? Peut-être sur une Terre plate ! –> la nécessité de comprendre, d’avoir une opinion et de s’impliquer.

Dans l’article que j’ai publié en Juin, dans lequel j’aborde la violence et l’injustice sociale ainsi que le racisme systémique, en partageant notamment mon expérience personnelle et celle de ma famille, qui en a durement payé les conséquences, je vous disais que je trouvais l’indifférence générale concernant ces sujets très troublante, pour ne pas dire terrifiante, que ce soit chez les influenceurs ou chez les gens qui de manière générale semblent ne pas se sentir concernés et restent passifs.

Mon postulat de départ est simple et clair : nous vivons une période qui ne permet plus de ne pas prendre position, de rester silencieux, opter pour la voix du silence revient malheureusement à choisir un camp. Celui des oppresseurs.

Violence sociale en France, politique d'immigration désastreuse, violence policière, la justice n'est pas la même pour tous, des morts pour rien

Il me semble qu’on peut définir 3 types de profils :

1 / Certains restent silencieux publiquement car ils ont tout intérêt à garder leur point de vue pour eux, comme par exemple les racistes “discrets” (surement les pires). Ceux-là, qui sait… en tombant sur la bonne personne, le bon discours, peut-être qu’ils peuvent changer. L’espoir fait vivre.

2 / D’autres restent silencieux par peur de prendre parti (même dans le bon sens), au risque de ne plus être aimé par le plus grand nombre. Quelle idée de vouloir être aimé de tous en 2020… ^^ Le like d’un raciste décomplexé est-il si important ? Ceux là j’espère qu’ils réaliseront qu’il est temps de changer de perspective.

3 / Et il y a ceux qui ne savent pas, n’ont aucune idée de la violence sociale que subissent les personnes noires et/ou d’origines étrangères en France, malgré eux, parce qu’ils ont connu très peu de mixité sociale au cours de leur vie, parce qu’ils ont une connaissance limitée ou biaisée de certains faits historiques et politiques, ou parce qu’ils ont un privilège qui fait qu’ils sont si éloignés de ces problématiques qu’ils n’ont en effet aucune raison de se sentir concernés. Comme un homme n’avait de base aucune raison de se sentir concerné par la cause de la femme. Et n’avait aucune idée de ce qu’on subissait, je prends pour exemple les mecs qui m’entourent : la plupart ont découvert avec surprise ce que les femmes subissaient au quotidien, mais face à des faits indéniables, ils n’avaient plus d’autre choix que de reconnaitre une réalité violente dont ils n’avaient pas idée.

Aujourd’hui je veux m’adresser à tous ceux là, et pour aller plus loin, aussi m’intéresser particulièrement à ceux qui croient dur comme fer en l’existence d’un racisme anti-blanc. Afin qu’ils réalisent qu’ils se ridiculisent en défendant un NON – SENS, je les considère exactement comme je considère les platistes : il existe des milliers de personnes dans le Monde (ils seraient plusieurs millions au Brésil), qui ont la certitude que la Terre est plate et défendent leur théorie à coup d’arguments complètement insensés : “Les images sont manipulées par la NASA” “si la Terre était ronde on verrait sa courbure depuis un avion”, “c’est un complot”, un homme est mort dans sa fusée artisanale qu’il avait construite pour prouver que la Terre était… plate. C’est à se taper la tête contre les murs je vous jure. Mais je vous le donne en 1000, je reste persuadée que cette croyance résulte d’un biais d’éducation indéniable, et ne concerne pas les couteaux les plus aiguisés du tiroir comme on dit :D

Dans tous les cas je constate une méconnaissance des mécanismes d’oppression systémique, une méconnaissance de ce que signifie concrètement, l’expression “privilège blanc” qui relève pourtant de la Sociologie, nous ne nous sommes pas réunis un soir de pleine lune entre arabes et noirs pour inventer des termes pour faire chier les blancs ou les pointer du doigt, donc on va revenir sur ces termes à la mode, comme je serais revenue sur le fonctionnement du système solaire si j’avais dû m’adresser à des platistes.

Je suis persuadée que lutter contre l’ignorance est la clef, que l’éducation est la clef, je sais que quand je dis qu’on a tous pour mission d’éduquer l’autre, certaines personnes tiquent. Parce que du terme “éduquer” ils ne gardent que sa pire définition : “dresser, façonner, avec une position de supériorité”.

Or éduquer c’est aussi d’après le dictionnaire, “développer chez quelqu’un, un groupe, certaines aptitudes, certaines connaissances, une forme de culture” ; Ou encore “faire acquérir à quelqu’un les usages de la société”

Les égos démesurés ça va 5 minutes : on a tous quelque chose à apprendre et ce n’est pas une tare d’admettre avoir eu tord.

Qu’est-ce que le racisme systémique ? L’oppression systémique ? Le privilège blanc ?

Une partie dominante d’une population bénéficie de privilèges car elle dispose d’une caractéristique qui correspond à la norme. Une caractéristique qui génère des avantages indéniables au quotidien.
Exemples : une peau blanche, être un homme, être hétéro,…

Les “dominés” s’avèrent être ceux qui ne disposent pas de cette caractéristique, ils sont alors automatiquement soumis à des discriminations quotidiennes et insidieuses.
Exemples : Etre noir, être arabe, être une femme, être homosexuel…

Pourquoi systémique ? Car ces discriminations font profondément partie du système, sont liées au fonctionnement même de notre société, sont permanentes et habituelles, et remontent à loin (comme pour le patriarcat, mais je vous épargne les infos wikipedia pour aller droit au but) : ces discriminations bien qu’ancrées sont donc bien souvent invisibles au yeux des dominants, l’habitude les rend invisibles, et finalement acceptables.

Comme pour le sexisme, le racisme n’est pas forcément une haine à la Zemmour directement dirigée par les blancs sur les minorités (noirs, arabes, asiatiques, indiens…) celui-ci est finalement si flagrant qu’il n’est pas celui qui pose le plus problème au quotidien… (Cf le discours de Martin Luther King que j’ai partagé ici).

Le racisme c’est aussi la petite blague entre potes, c’est la petite remarque “gentille” sur l’exotisme d’une personne : cet été un homme blanc (et qui vote probablement très très à droite) m’a dit que j’avais un “joli teint épicé”, ça parait rien, mais c’est raciste ET misogyne et je suis prête à parier que 9 personnes sur 10 diront que je fabule ou qu’il s’agit d’un compliment (certains hommes blancs qui aiment les femmes typées sont d’une gêne sans nom) C’est aussi voir son (très bon) dossier locatif ou sa candidature à un poste mise de côté, c’est être contrôlé par la Police 20 fois plus que les autres. C’est l’accent “africain” ou “arabe” qu’on prend en soirée pour faire marrer ses potes alors qu’on est BLANC… C’est la blackface “parce qu’on ne savait pas”, c’est devoir lisser ses cheveux parce que les cheveux frisés ne sont pas très bien vus (ma meilleure amie est d’origine comorienne et guadeloupéenne, elle travaille dans le Social, essentiellement avec des femmes, je vous épargne le détail des remarques et regards désobligeants quand ses cheveux sont naturels, mais ils sont QUOTIDIENS.)

Dans notre société être blanc est donc un privilège, dans le sens où être blanc n’implique aucune oppression systémique. Cela ne signifie en aucun cas que les personnes blanches sont des “privilégiées” qui ne connaissent jamais la misère sociale, ou la violence policière par exemple (les gilets jaunes nous l’ont notamment montré). On peut avoir un privilège, c’est à dire une caractéristique positive, et pour autant connaître la précarité et la violence. Oublions le mot privilège qui devient peut-être trop connoté, appelons ça une caractéristique qui n’est pas contre vous au quotidien. Appelons ça un avantage. Moi qui suis d’origine algérienne et issue d’un milieu très précaire, ma position de femme ayant pu faire des études m’assure un privilège que n’ont pas certaines personnes venant d’où je viens. Et on ne doit, en aucun cas s’excuser pour cela : aucune excuses ne sont demandées, seulement une prise de conscience. Je ne vais pas m’excuser auprès de mes pairs d’avoir eu des facilités scolaires, mais je dois indéniablement admettre, reconnaitre, que tous n’ont pas eu ma chance, et les défendre en cas d’injustice avérée. Et c’est là toute la différence.

C’est pourquoi le racisme anti-blanc est un non-sens…

De ce fait, pour ces raisons logiques, et si on respecte la Sociologie et la Langue Française, le “racisme anti-blanc” ne peut exister en France : oui des blancs se font insulter par des cons d’origine étrangère de “sales blancs” mais c’est anecdotique et isolé. Le reste du temps leur couleur de peau blanche ne représente JAMAIS un obstacle et dans 99% de la société être blanc ne constitue absolument pas un désavantage. Quand aux réactions “violentes” envers les blancs, de quelques “racisés” qui fatigués de ce qu’ils subissent quotidiennement et insidieusement, elles ne peuvent pas être prises en compte comme du racisme anti-blanc, il s’agit de racisme réactionnel.

Comme en tant que femme je peux parfois être très agressive avec un homme, qui m’a fait la remarque sexiste de trop : il prend pour tous les autres. –> Le sexisme anti-homme n’existe pas, le sexisme réactionnel existe.

Une réaction répond à une action.

Et si on arrêtait avec cette soit disant légitimité ?

Je m’exprime depuis 2014 régulièrement sur les classes sociales, l’immigration, les systèmes d’oppression et de domination, les discriminations, les injustices, sur le fonctionnement des quartiers difficiles, des ZEP, sur l’inégalité des chances, etc.

Certes mes origines et mon passé “de fille de quartier” me donnent la légitimité d’en parler, mais c’est surtout ma “connaissance” du sujet et mon intérêt qui me rendent légitime et me poussent à en parler.

Le problème qui se pose est justement le manque de position de personnes qui n’ont pas mes origines, de personnes issues de milieux plus favorisés, qui ne se sentent pas directement concernées par ces questions sociales.

De la même façon que les hommes devraient être aussi féministes que nous les femmes, et nous aider pour qu’à termes nous cessions de subir un sexisme quotidien, qui est partout, les populations favorisées et blanches doivent revoir leur position pour aider ceux qui subissent le racisme quotidien.

Qu’est-ce qu’il m’agace ce débat sur la légitimité de parler de quelque chose ou non… Si j’étais une française d’origine pure souche (pour peu que cela existe..) je n’aurais pas la légitimité d’apporter ma petite pierre à l’édifice ? Un homme ne peut-il pas parler de féminisme ? Cela ne revient en aucun cas à parler à la place des concernés ! SI ON PARLE BIEN.

Pour le coup j’ai du mal avec ce discours qu’on entend malheureusement trop souvent dans la bouche de certains leaders, car il n’aide aucunement les causes et favorise le mauvais communautarisme* (qui revient à un manque d’ouverture sociale).

Moi j’aime l’expression “en toute connaissance de cause” / “with full knowledge of the facts”. 

Ce sont les faits qui comptent avant tout, ni mes origines, ni ma couleur de peau, ni mon héritage familial, avec les faits, avec le contexte, dès lors qu’on sait de quoi on parle, objectivement, on peut en parler. 

Dès lors qu’on fait partie des dominants, on doit défendre les discriminés, la maladresse est facile à éviter si on se renseigne correctementLe problème n’est pas de parler à la place des concernés, c’est de savoir en parler pour que les concernés ne se sentent pas lésés. Ca voudrait dire quoi, que pour être sociologue ou anthropologue on ne peut pas être blanc ? N’IMPORTE QUOI.

Si les gens dotés d’un avantage ne s’expriment pas ou n’apprennent pas à s’exprimer comment on est censés faire pencher la balance ? Comment les comportements quotidiens et habituels sont censés évoluer ?

* Je pense qu’il existe plusieurs formes de communautarisme, certaines sont en effet très mauvaises, d’autres sont indispensables et bénéfiques, j’y reviendrai dans un autre article en abordant notamment le domaine de la santé et mon expérience personnelle : je vous disais que j’avais le cul entre deux chaises donc ce sera l’occasion d’aborder les crises identitaires.

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7 Comments

  1. Krystel

    J entends toujours les feministes bourgeoises dire que tu viens forcement d un milieu privilégié ou meme moyen quand tu es blanc ,j ai ete eleve par une mere celibataire blanche qui a travaille a temps partiel,chomeuse,qui a enfin un smic a mes 15ans et un cdi a mes 18ans,je suis malade chronique suite au vaccin hepatite b fait a l ecole qui m a detruit toute ma vie,de la haine j ai eu le temps d en recevoir,surtout que ma mere etait le cliche de la mere celibataire sans famille qui s est avoir par un vieux pervers narcissique qui a bien profite d elle,en etant blanche le privilege je ne l ai jamais vu,la haine un quotidien+la maltraitance medicale(les effets secondaires des vaccins c est tabou,on te culpabilise bien en te traitant de menteuse,que tu exageres)

    1. dollyjessy

      Je ne suis pas sure d’avoir tout compris, désolée, mais tu résumes bien ce que je dis sur la précarité et la violence qu’elle engendre. Je suis désolée de ce qui a pu t’arriver, je t’envoie des bonnes ondes et j’espère qu’aujourd’hui tu vas mieux ou que tu iras mieux très bientôt <3 Merci pour ton commentaire Krystel !

  2. Chloé

    Très intéressant cet article, j’espère qu’il sera lu par ceux qui en ont besoin !

  3. Camille

    Merci pour cet article, clair comme d’habitude, révolté comme il faut comme d’habitude.
    Non, pas besoin d’être soi même victime d’oppression/ de stigmatisation pour s’y opposer et tenter de changer les choses.
    Pas besoin d’avoir peur de ne pas être légitime. Dès lors qu’on est conscient qu’on est soit même privilégié, on a déjà fait une grosse partie du travail et on devrait savoir parler des problèmes sans pour autant s’approprier une parole.
    Et parfois, ça peut être à une toute petite échelle, demander à ses amis qui justement viennent d’une minorité ce qu’ils en pensent. Quelle est leur expérience. Les écouter. Poser des questions. Essayer de comprendre. Ne pas minimiser: désolée, mais dire à quelqu’un qu’ielle a un teint épicé, c’est pas acceptable, enfin! (m’enfin, tant que la catégorie “Beurette” sera dans le top 10 des recherches Pornhub en France, on n’est pas sortis de l’auberge du sexisme raciste).
    Et sinon, juste une petite remarque: je suis moi-même sociologue, et ça me fait super bizarre que tu écrives la Sociologie, avec un grand S majuscule. J’adore ma discipline et mon métier, mais bon, un petit s, ça suffirait, je pense, là, je trouve que ça fait un peu vérité absolue, et bon, on pourra en discuter un jour, mais la sociologie, elle dit aussi des conneries, parfois. Ou tout au moins, faut pas la prendre comme une vérité absolue et exacte ^^.

    1. dollyjessy

      Merci à toi pour ton retour Camille, comme d’habitude tes réponses sont très intéressantes, et que tu sois sociologue est justement rassurant si jamais je dis une connerie ^^ Concernant la sociologie avec un “S”, je t’avoue que j’ai un petit soucis avec les majuscules à savoir que je fais souvent l’erreur d’en mettre où il ne faut pas ! Ah oui oui je suis d’accord, dans chaque discipline on trouve des gens qui disent n’importe quoi, je pense que certaines vérités sont et doivent être absolues mais que dans chaque science la remise en question est plus que nécessaire. Merci encore pour ton commentaire, à très vite !

  4. Crystila

    Coucou,
    Écoutes, je ne partage pas vraiment ton avis concernant le racisme anti-blanc. Pour moi, le racisme n’a pas de couleur, c’est juste la représentation de la haine de l’autre, parce qu’il est différent.
    Je suis blonde aux yeux bleus et j’en ai souffert toute ma vie car stigmatisée. A l’école, on me surnommait la “nazie” à cause de mes caractéristiques physiques et je peux te garantir que j’en ai beaucoup pleuré.
    Je travaille depuis des années dans le commerce et il ne se passe pas UN SEUL JOUR DE MA VIE où je ne me fasse pas traiter de “sale pute de blanche”, “connasse de blanche”, “salope de blanche” et c’est épuisant, je peux te garantir que non, ce ne sont pas des agressions verbales isolées… Et je ne te parle même pas du nombre de personnes racisés que la vie a mise sur mon chemin qui partaient du principe qu’en étant blanche et blonde, je devais forcément “être raciste” et qui refusaient de m’adresser la parole ou de faire ma connaissance…
    Je pense que l’on ne peut effectivement pas toujours comprendre ou appréhender la vie des autres car nous ne sommes pas confrontées aux mêmes épreuves, mais nier l’existence d’un fait ne le fait pas disparaitre comme par miracle.

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