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Mood 14 • 02 • 17

You’re sexy and I know it : et si on jetait nos miroirs déformants ?

En tant que filles on est à peu près condamnées pour l’éternité à devoir gérer une relation tantôt amicale, souvent conflictuelle avec notre corps, notre reflet dans le miroir, l’image que l’on renvoie aux autres. En tant qu’humain, on est aussi condamnés à être amenés à la comparaison, et c’est bien là l’essentiel du problème. D’une part parce qu’étant tous différents il est difficile de se comparer (FACILE), d’autre part parce que si on tient à le faire, ON NE SAIT PAS le faire. Le regard que nous portons sur nous-même est beaucoup trop biaisé, souvent bien pire que le regard que nous aurions si nous étions capable de nous regarder en toute objectivité. Celui que nous portons sur les autres que nous pouvons envier, est tout autant biaisé, mais à l’opposé, souvent très positif comparé à la réalité, étant donné qu’il est empreint soit de bienveillance, soit d’admiration. Quand on dit à quelqu’un que l’amour rend aveugle, cela se fait souvent avec une connotation négative, mais sans prendre l’expression au pied de la lettre, j’y lis surtout que l’amour adoucit le jugement, il ne nous fait pas ignorer des défauts, il nous les fait voir autrement ou nous fait réaliser qu’il ne s’agit pas nécessairement de défauts. De la même façon que lorsqu’on n’aime pas quelqu’un, nous ne parvenons pas à voir en cette personne le charme et les qualités que ceux qui l’apprécient parviennent à cerner.

Mon discours ici n’a pas pour but de vous dire qu’il faut avoir confiance en vous en toutes circonstances, qu’il faut s’aimer et que tout ira bien. Non tout n’ira pas bien parce que vous vous aimez, aujourd’hui je m’aime plutôt bien mais je reste incapable d’aller à la piscine avec des amis par exemple, je ne m’apprécie pas plus que ça en maillot de bain quand je ne fais pas du tout de sport, et surtout parce que je suis pudique, la pudeur n’est pas forcément liée à des complexes, elle est liée à une éducation, on peut être pudique tout en se sentant bien dans sa peau.

Je vous ai déjà parlé de la confiance en soi (ou ici à un autre niveau), en vous incitant à justement rendre plus juste le jugement que vous portez sur vous, à vous regarder comme une amie. Je vous parlais aussi de la photogénie, en vous assurant que pour se trouver belle, ou même sexy en photo il fallait jouer le jeu. Si des femmes sont terriblement glamour sur une photo, c’est parce que quand elles posent elles sont conscientes de leur pouvoir de séduction et elles en jouent.

Aujourd’hui j’irai un peu plus loin, je vous demande de vous regarder comme le ferait un homme, ou une femme qui serait attirée par vous.

Passer par le regard des hommes pour s’accepter ? Mais ce n’est pas anti-féministe comme démarche ? Ahaha, mais non, je ne dis pas ça… Je dis qu’une personne qui vous désire ou voit en vous votre beauté, porte un regard bien particulier sur vous, et c’est ce regard là dont il faut se soucier finalement. Ayez conscience de votre pouvoir d’attraction qui est moins lié à la fermeté de vos cuisses ou votre taille de pantalon, que vous ne le pensez.

Je regardais le film « Mange, Prie, Aime » la semaine dernière, j’avais besoin d’un feel good movie. A un moment du film, lorsqu’elle est à Rome, Julia Roberts mange une pizza avec une amie. Je vous mets la scène :

Si vous ne souhaitez pas regarder ou ne comprenez pas l’anglais, cette amie ne veut plus manger sa pizza parce qu’elle n’arrive plus à fermer ses jeans, qu’elle devient grosse blablabla. Julia lui demande alors si le bel italien qu’elle fréquente semble remarquer cela ou y apporter la moindre importance. Evidemment son amie lui répond que non, qu’il la désire tout autant. Julia lui dit alors de finir sa pizza et d’aller acheter des jeans de la taille au dessus, et que de toute façon une fois à poils, son mec la désire, et ce n’est pas 4 kilos ou quelques bourrelets qui vont tout changer.

Si elle, ne voit que ses petits défauts, comme vous vous pouvez être focalisée sur les vôtres, la personne qui vous aime les voit différemment, ou ne les voit parfois pas du tout, simplement parce que ce qui constitue une montagne pour vous, n’est qu’un détail insignifiant pour elle. Quand votre copain se rapproche davantage de Teddy Bear que de Brad/Ryan/Justin (rayer la mention inutile en fonction de votre génération), vous le désirez-moins ? Son charme et son charisme disparaissent-ils ? Quand il vous embrasse est-ce moins agréable ? Son regard est-il moins troublant ? NON, toutes ces sensations générées par les hormones existent tant qu’il existe du désir, ou une connexion, et le désir n’est pas dépendant de vos fluctuations physiques. Enfin il peut l’être, si vous y attachez trop d’importance, car en y attachant autant d’importance, vous perdez confiance en vous dans votre intimité, donc les choses se passent moins bien. Vos pensées sont ailleurs, au lieu de penser à ce que vous vivez, vous vous demandez ce qu’il va penser en frôlant cette poignée d’amour. De fil en aiguille cela va rendre les choses moins spontanées et moins plaisantes, et vous allez imaginer que c’est à cause de votre corps que les choses se sont mal passées, qu’il ne vous désire pas.

Si les femmes de 35/40 ans disent connaitre leur liberté sexuelle à cet âge, ce n’est pas pour rien… Avec le temps on finit par se voir autrement, par s’accepter, et même par regretter d’avoir été si bête avant, en se focalisant sur toutes ces choses qui n’en valaient pas la peine.

Evidemment, je ne dis pas que vous pouvez manger comme 6 et doubler en volume, évidemment qu’il faut veiller à ce qu’on mange et bouger un peu, mais il y a une différence entre tout envoyer valser, et lâcher-prise. Je connais beaucoup de jeunes femmes qui font des fixettes maladives sur une partie de leur corps, qui vont manger en culpabilisant, qui n’ont pas conscience de leur beauté même quand elle est évidente, bref qui ont un regard complètement faussé sur elles. Comme ce fut mon cas plus jeune finalement.

Moi je vous le dis, de la cellulite j’en ai depuis l’âge de 13 ans, je n’ai pas les fesses au meilleur de leur forme depuis ma perte de poids, j’ai le ventre qui fait des vagues, bref je dois me remettre au sport. Mais en attendant je sais ce que je vaux, je sais le regard qu’on porte sur moi, je suis consciente que mon potentiel de séduction n’est pas directement lié à mes défauts physiques, comme je suis consciente de mes limites.

Surplus de confiance ? Non. J’essaye de me regarder avec le plus d’objectivité possible, je prends en compte la perception des autres dans une certaine mesure, je ne me compare en AUCUN CAS à ces actrices et mannequins qui sont nés avec les bons chromosomes et ont les meilleurs coachs sportifs du monde, j’essaye de ne pas focaliser sur mes défauts, et d’être consciente de mes forces.

Malgré tout il me reste des complexes que je ne sais pas vraiment surmonter, j’ai appris à vivre avec mais je me surprends parfois à me dire que je me sentirai vraiment bien le jour où je ferai corriger mon nez par exemple. En attendant la peur de ne pas supporter le résultat, surtout avec la chance légendaire que j’ai, est plus forte que ce besoin de faire quelque chose. Donc je vis avec, et me contente de me souvenir que cela fait partie de moi et qu’on peut tout à fait m’aimer ou me trouver « jolie » malgré lui. (En photo cela ne se voit pas si vous souhaitez me rassurer, j’ai appris à n’employer que des pauses où on ne le voit pas de profil ahaha).

Mais aujourd’hui, maintenant que je peux avoir un regard neutre sur la moi du passé, quand je pense à ces années au collège et au lycée, où je m’interdisais de porter des jupes, parce que je trouvais mes jambes trop grosses et mes mollets trop musclés, que m’habiller constituait davantage une stratégie pour cacher ce qu’il fallait qu’un plaisir pour se sentir bien, je suis consciente des obsessions qu’on peut développer sur base d’une réalité complètement faussée. Un peu comme si on grandissait sans le savoir en se regardant tous les matins dans un miroir déformant.

Donc je ne vous dis pas de vous accepter comme vous êtes, que la beauté vient de l’intérieur ou tous ces arguments bidons qu’on peut retrouver dans les articles féminins qui sont censés nous rassurer. Je vous dis surtout de prendre du recul afin de cesser de fausser votre jugement, qui je vous l’assure, est souvent trompeur.

Quand les gens vous répètent que vous êtes folle, que vous êtes magnifique quand vous vous plaignez, je vous assure que la plupart du temps ils ne vous mentent pas simplement pour vous rassurer, ils essayent tant bien que mal de vous faire prendre conscience de la réalité. Je pense à une amie en particulier avec tous ces mots, elle est belle, dispose d’un charme et d’une aura incomparables, mais ne cesse de se trouver inférieure à toutes les autres, à qui elle n’a rien à envier. Et je suis juste impatiente que les années passent, que quelque chose arrive afin que la prise de conscience que les femmes peuvent finir par avoir un jour, lui parvienne aussi.

Bon j’aurais pu faire clairement plus court, maie je voulais vraiment faire passer ce message qui me tient beaucoup à coeur, nous sommes encore trop nombreuses à nous pourrir la vie pour les mauvaises raisons ! Et moi je vous aime, et je veux que vous vous aimiez aussi comme vous le méritez. Allez, des bisous et tout et tout mes petits coeurs de belette.

13 commentaires

  1. Alicia dit :

    Tes articles d’humeur et de blabla sont juste les meilleurs qui soient. Merci pour tes mots et je partage directos sur mon Facebook ! Cet article est un vrai « appel » que toutes les nanas complexées devraient lire. So merci…

  2. Anaïs dit :

    MERCI MERCI MERCI

  3. Céline dit :

    Superbe article Jess, je pense que bcp de femmes s’y retrouveront !
    Ce que j’aime tout particulièrement c’est que tu prends aussi du recul en nous parlant de la chose : tu nous dis pas « allez stop, finis les filles, on arrête les complexes, vous allez voir on est bien mieux ! » j’apprécie énormément que tu nous parle de toi et de tes propres complexes. Bien sûr on peut tout à fait parvenir à ne plus complexer et bien sûr on est carrément mieux après, mais ce n’est pas accessible à la majorité des femmes, et ça prend du temps.
    Avant, j’étais énormément complexée par un grain de beauté que j’avais sur le pieds gauche (en vrai j’en ai 3, mais 2 sont petits, et le 3ème un peu plus gros, mais en fait il est juste tout rond, en plein milieu et doit faire 0.5cm de diamètre). Et au collège/lycée je ne mettais que des ballerines avec des bas noirs, je m’interdisais les bas couleur chair. Et puis un jour j’ai assumé, je me suis dit « bon aller fuck, c’est pas si miche, tu verras bien » et baah maintenant j’en ai plus rien à faire !
    Mais évidemment j’ai d’autres complexes : petite poitrine, que j’assume bien plus maintenant, très mince de taille, mon nez (je crois que toutes les femmes ont un pb avec leur nez lool)… mais je vis bien avec ! Même si bien sûr je préfèrerais avoir un plus petit nez, avoir un peu plus de « chair » sur ma peau, et une poitrine un peu plus volumineuse, mais je suis comme ça !
    Jess je t’ai toujours trouvé sublime, sur toutes tes photos tu es si belle !

    Gros bisous,
    Céline

  4. Mely dit :

    Oui, on se retrouve bien dans ton article. Je trouve ça super difficile au quotidien parfois. Même si on sait que les défauts qu’on voit, on est sûrement les seules à les voir, ça joue vraiment sur la confiance en soi. Surtout que généralement on se focalise sur des détails.
    Ton article est déculpabilisant je trouve. Parce que c’est clair qu’en fonction du défaut, il y a une culpabilité. En fonction de ce qu’on va porter, faire, manger, montrer, en fonction de tout.
    Parfois dans la rue, avec d’autres, on va se sentir très bien, parce que personne n’est parfait, et qu’au final tout le monde s’en fiche qu’autrui ne soit pas parfait. Et puis une fois à la maison, j’ai la sensation que ci et ça, oulala, ça ne va pas du tout, et je regrette mon bon petit gâteau au salon de thé.
    Je fais un peu pareil avec l’homme: s’il me dit que non, je n’ai pas ce défaut, je suis sceptique. Et puis si quelques jours après, pour me chercher et clairement me taquiner, il me fait une remarque, qu’il ne pense pourtant pas une seconde, sur le dit défaut, ah bah là évidemment je le croie, et je vais bien bien retenir ce qu’il a dit. Et bah oui, pour bien me le rebalancer dans la figure toute seule la prochaine fois que je me poserai la question.
    Je crois que quand on est femme, on est difficile envers soi-même, et même en pensant ou sachant ça, ça n’évite rien.
    J’ose espérer que tu dis vrai, en parlant des femmes de 35-40 qui sont plus libérées de tout ça. Mais honnêtement, je pense que ça dépend quand même des personnes ! J’ai plein d’exemples de femmes en tête ou c’est l’inverse qui s’est produit.
    Mais bon, faut pas perdre espoir ! On est toutes bien jolies et mignonnes, alors pourquoi s’arrêter devant le miroir encore et encore.
    En tous cas, vraiment, j’adore la vidéo choisie dans l’article ! Pleine de vérité.

    A bientôt,
    Mely

  5. Aurore dit :

    Deux articles humeurs deux jours de suite, c’est Noël ?! En tout cas moi, ça me donne cette impression tellement j’aime tes articles dans cette catégorie. Ce qui est fou aussi à ce niveau c’est que non seulement on a une image déformée mais on a aussi tendance à détester ce qui fait nos atouts. Genre, dans mes amies j’en ai une qui déteste ces fesses, alors qu’elles sont justement parfaites, bien rondes, ni trop grosses, ni trop plates, j’en ai une autre qui déteste ses seins, alors que pareille j’en connais beaucoup qui tuerais pour avoir les siens, et puis il y a toutes celles qui ont de magnifiques cheveux bouclés qui les voudraient raides et inversement ! En tout cas je trouve tes conseils vraiment très bien, je n’ai vraiment rien à rajouter. Essayer de se mettre dans le regard des autres, il n’y a pas mieux. Même si comme tout c’est plus facile à dire qu’à faire ! ^^

  6. Elodie dit :

    Super article d’humeur ! Merci

  7. Un message qu’il est nécessaire de déployer <3
    Merci pour ton billet !
    De mon côté, j'ai retrouvé une "sérénité" avec mon image. Je n'ai pas un surplus de confiance en moi, mais j'ai arrêté de me juger tout court. Quand j'ai besoin d'être boostée, je me dis dans le miroir "tu rayonnes !" ça me donne le sourire, et la patate. :)
    J'ai arrêté de me comparer aux autres, et quelle sensation spectaculaire de sérénité !
    <3

  8. Ali dit :

    C’est un superbe article, dans lequel beaucoup de personnes se sont retrouvées je pense… En tout cas, ça fait du bien de lire ce genre de choses, merci!

  9. Laura dit :

    Super article! , merci Jess <3

  10. Klaramood dit :

    Simplement : merci pour ce bel article plein de vérité.

    1. dollyjessy dit :

      Contente que tu aimes Klara, je te remercie !

  11. […] Quand Jessica parle de se regarder (nous et notre corps avec lequel rien n’est jamais vraiment… (dollyjessy.com) […]

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