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Mood 06 • 02 • 18

La blague du jour : les classes sociales n’existeraient pas

Je viens de regarder une vidéo en partie intéressante, seulement en partie c’est pourquoi je ne la partagerai pas, dans laquelle un politique, je ne sais lequel, je n’y connais toujours rien, c’est surement ce qui me permet de rester en vie, vous savez, grâce à ce principe qui voudrait que l’ignorance nous rendrait plus heureux, oui donc, qui disait que « la lutte des classes n’existait pas », enfin que la notion même de classe sociale était une absurdité. Politique, qui bien que je ne le connaisse pas, provient évidement de ce qu’on appelle la classe bourgeoise, bien que pour lui celle-ci n’existe pas. Evidemment il faut être issu de la bourgeoisie pour parvenir à occulter l’existence de classes sociales. J’imagine que les habitants de Sibérie ne se posent pas vraiment la question du cancer de la peau, à l’inverse des pays chauds développés. Est-ce pour autant que les effets nocifs du soleil ne sont pas une réalité pour tout le monde ?

Parce que si les pauvres, et les gens de classe moyenne ne peuvent nier l’existence des classes et des inégalités sociales, étant donné qu’ils sont les premiers à les subir, il est facile pour les plus bourgeois, nés dans un environnement où la misère sociale n’a jamais existé, de l’occulter, et même avec bonne foi. Je me suis en effet fait des amis à l’opposé de ma classe sociale, qui n’avaient pas vraiment idée de ce qu’était une vie dans un quartier difficile de banlieue, sans pour autant ignorer le problème, ils ne savaient simplement pas.

Je vous le dis, ça m’a fait marrer ce discours. Bien marrer. Un fou rire monumental.
Parce que moi, l’inégalité des classes, et donc l’inégalité des CHANCES, je l’ai bien connue, et aujourd’hui encore ma provenance sociale me rappelle parfois à l’ordre.

Quand j’entends Macron parler du succès par le mérite, sous prétexte qu’il a travaillé en banque avant de faire de la politique, en sachant que son père était chirurgien, et sa mère médecin, j’ai envie de lui demander s’il est con, s’il fait exprès, ou s’il a conscience qu’il a déjà eu plus de chance que plus de la moitié de la population ? Que son mérite comme il le dit, j’aurais bien voulu le voir avec un papa ouvrier et une mère femme de ménage. Alors oui il aurait certainement « réussi », mais cela aurait demandé un peu plus de sueur, et c’est là que le bas blesse, c’est là que ça me fout en colère, c’est qu’on n’a pas tous besoin de fournir une quantité de travail égale, certains sont sur la ligne de départ quand d’autres débutent la course au même moment à 50 mètres de l’arrivée. C’est comme ça c’est la vie, je n’ai pas une haine absolue pour ces gens, bien au contraire, ce que je ne supporte pas c’est leur déni. Le déni de leurs privilèges, et le déni de la misère sociale. (Il suffit de regarder l’affaire des émeutes autour du Nutella en promotion, les bobos sur les réseaux s’étonnaient que des gens puissent se battre pour un produit qui contient de l’huile de palme. Mais personne n’a pris la peine de prendre du recul : le sujet ce n’est pas le Nutella et encore moins l’huile de palme. Le sujet relève avant tout de la misère sociale et de ses conséquences. Ces émeutes ne seraient jamais arrivées pour des promotions chez Monoprix au coeur de Paris. Mais cela méritait un autre article, je digresse je digresse…)

Le déni du petit bourgeois, qui n’assume pas sa particule car elle ne lui permet pas de se fondre dans la masse, et ne lui permet pas de dire qu’il mérite tout ce qu’il a eu. Qui tient à dire qu’il a un travail d’ouvreur pour être indépendant financièrement quand sa mère lui paye son appart à 1000 balles dans le marais. Pourquoi il est énervant ? Parce qu’au lieu d’être conscient de ses chances, en toute humilité, il veut montrer que lui aussi il en bave, parce qu’à cause de sa particule on le met dans une case et que ça le rend malheureux. Non chéri, on te met juste dans une classe, et on ne te méprise pas pour ça, tant que tu l’assumes, cela ne veut pas dire que tu n’as pas besoin de travailler pour arriver à tes fins. Parce que si t’es nul à chier, ton père a beau connaitre Spielberg, tu ne feras pas de cinéma. Oui c’est dur d’être la « fille de » ou le « fils de », mais n’essaye pas de me sortir les violons, car si je ne nie pas les difficultés qui en découlent, elles restent quand même bien différentes des difficultés qu’on connait quand on doit aller aux restos du coeur pour finir le mois.

Le déni des privilégiés qui sont persuadés qu’ils doivent tout leur parcours à leur seul mérite. Qui pensent qu’ils ont pu faire HEC parce qu’ils étaient assez intelligents et travailleurs, en oubliant que le compte bancaire de papa et maman détermine aussi leur possibilité d’entrer dans cette école. (Dites-moi si je me trompe ou si les choses ont changé, oui il existe une bourse pour les plus démunis, seulement il faut avoir des notes vraiment très hautes, en gros si t’es pauvre tu devras carburer 4 fois plus, c’est comme ça.) Donc pas besoin de citer de grands sociologues ou de tenir des discours pompeux, c’est ça qu’on appelle l’inégalité des chances. Et oui elle existe.

Ceci est un article mood écrit en vitesse, avec le refonte du blog qui arrive et mon envie de publier plus souvent, j’ai envie de partager des articles spontanés comme il m’est arrivé de le faire auparavant, mais forcément ça donne des papiers moins intéressants, moins intelligents donc j’avais arrêté. Mes articles sont le reflet de moi, il y a des jours où je suis clairement plus conne moins efficace, motivée ou inspirée que d’autres, c’est pas pour autant que je m’enferme chez moi ahaha.

Mais comme toujours, si je dis des bêtises, vous êtes aussi là pour me corriger ou élever le débat mes petites belettes.

Et vous vous pensez quoi de tout ça ?
Belle soirée, plein de bisouuus !

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6 commentaires

  1. Camille dit :

    Hello Jessica!
    J’ai déjà commenté une ou deux fois sur ton blog, et là, pour le coup, je ne pouvais pas ne rien dire, vu que je suis sociologue, on est donc en plein dans mon sujet!
    Je vais essayer de ne pas faire un cours de socio dans ma réponse, mais je ne garantis rien ^^
    Disclaimer : je n’ai pas vu la vidéo dont tu parles et les politiques comprennent rarement quelque chose aux problèmes sociaux/socio…

    Mais… Effectivement, on considère que les classes n’existent plus, du moins plus selon la définition qu’on leur a donné pendant longtemps (et qui fonctionnait encore dans les années 1960-1970). Elles sont beaucoup plus poreuses qu’avant, et la mobilité sociale (ie changer de classe sociale par rapport à la génération précédente) est bien plus aisée… Dans les deux sens! Bah oui, nos parents ont bénéficié à fond des trente glorieuses, donc ascension sociale, tout ça. Et nous, précarité, crise… Parfois ça relève d’un choix personnel aussi, des enfants de cadres qui se disent qu’ils préfèrent tout lâcher et devenir menuisier, etc.

    Le niveau social des gens, il relève de plein de choses : leur argent bien sûr, comme tu le notes, leur profession, mais aussi leurs ressources culturelles (oui, ça n’est pas la même chose de grandir dans une maison sans bouquins ou dans une maison qui en déborde), leur carnet d’adresses, leur éducation au sens du niveau de diplôme, leur éducation au sens de leurs habitudes sociales (ce n’est pas qu’il y en ait une meilleure que l’autre, c’est juste que malheureusement, on considère qu’il y en a une qui est la norme, et que si tu tiens mal tes couverts tu es « mal éduqué »).
    Et, oui, on est sur des spectres beaucoup plus larges qu’avant, et tu as des profs agrégés qui adorent The Voice, mais c’est plus facile si à côté de The Voice, tu es abonné à Télérama et tu enseignes le grec et le latin. C’est vu comme un « péché mignon ». Alors que si tu ne lis pas à côté, tu ne vas pas à l’opéra ou que sais-je, on te perçoit comme quelqu’un de limité, avec des « goûts populaires ». Donc ça, c’est une des grandes injustices et ça fait que, oui, on n’est clairement pas égaux.

    Et enfin, évidemment que, même si on vit pas dans un monde marxiste avec prolétariat vs bourgeoisie, si t’es fille de plombier tu pars pas avec les mêmes chances dans la vie qu’une fille de cadre sup. Tu peux être aussi bonne élève au lycée (déjà un exploit en soi, quand t’as pas tes parents pour t’aider ou te payer des cours particuliers), mais il est probable que ton lycée sera moins bon. Il est probable aussi que tu n’aies pas les mêmes infos relatives à tes possibilités d’orientation post-bac (on va pas se mentir, c’est en général pas les conseillers d’orientation qui font le taf, c’est les parents). Tes parents ne peuvent pas forcément te payer les études que tu souhaites faire. Note, hein, tu es prise à HEC les banques elles te proposent un prêt taux 0 sans hésiter, elles savent qu’elles ne galéreront pas trop à récupérer leur investissement. Mais faut se loger. Faut se payer les trucs à côté.

    Bref. Je viens d’un milieu privilégié, mes deux parents ont fait des études sup, moi aussi, et, oui, j’ai bossé, évidemment que je me suis pas tourné les pouces, j’aurais pas eu mes concours sur le CV de mes parents. Mais j’avais aussi toutes les chances de mon côté. On peut pas dire que j’ai connu l’adversité. Donc tu as complètement raison de râler contre tous ceux qui sont incapable de dire « j’ai eu de la chance ». Parce que franchement, s’il y a bien un truc dont on n’est pas responsable et pour lequel on n’a pas bossé, c’est bien le milieu dans lequel on est né.

    Je ne vais même pas aborder le sujet du mépris social, dont tu parles aussi, parce que ça, c’est bien un truc qui me rend folle. Manque d’empathie, manque d’intelligence sociale, manque d’intelligence humaine, incapacité d’imaginer autre chose que sa propre petite expérience, raaaaah!
    Voilà, ma petite pierre (mon pavé ^^) à ton édifice, continue d’aborder tout ça, je suis pas toujours d’accord, mais c’est toujours intéressant, tes coups de gueule!

    Belle journée,

    Camille

  2. Je n’ai pas trop aimé la fin de ton article, tu t’excuses presque de tes opinions. Au contraire, il faut l’affirmer haut et fort ton point de vue parce que tu as raison sur toute la ligne. Merci beaucoup de ce billet d’humeur lucide qui dit « pas d’accord ! ».

  3. Ocilia dit :

    J’aime bien ces articles coup de gueule ^^.

    Je suis assez d’accord sur le fait qu’il faut simplement savoir reconnaitre que l’on a eu de la chance de naitre dans certaines familles. Ce n’est pas un défaut, on ne va pas détester les gens pour ça, mais d’entrendre dire « pour moi aussi c’est dur, ça me rend folle ». Perso je suis née dans une famille « normale », avec un niveau de vie tout à fait correct sans être bourgeois, et je me considère déjà comme chanceuse.
    En revanche je vais me permettre un petit correctif sur HEC : après avoir fait 5 ans d’études dans le public (pendant lesquelles j’étais, d’ailleurs, vu la situation de mes parents à ce moment là, boursière à l’échelon le plus élevé), j’ai fait un passage d’une année à HEC pour une formation complémentaire. Et bien j’ai fait un prêt sur 7 ans pour pouvoir me la payer, cette année. Donc ce n’est pas parce qu’on a fait HEC qu’on est forcément pété de thunes et favorisé, parfois, on y rentre vraiment au mérite et on se paye son école soi-même ^^

  4. AudreyH dit :

    J’aime beaucoup ces articles spontanés aussi! Pas besoin de 1000 sources et de 10h de réécriture, le principal est là ^3^ Je me reconnais dans tes pensées !
    Et la réponse de Camille est vraiment intéressante aussi; Je me rends compte que mes parents ont commencé leur vie avec un niveau social prometteur, mais je ne l’ai pas du tout ressenti pendant ma jeunesse (lieu de vie de classe moyenne/école avec classes moyennes & pauvres), et finalement ont subit cette « porosité » en devant revoir leurs ambitions de vie à la baisse. J’ai toujours remarqué une certaine facilité/des privilèges comparés à certains, tout en étant rapellé par ma famille qu’elle prétendait a mieux et s’en retrouvée attristée (ce qui finalement est ce que je trouve le plus touchant car je n’ai moi-même manqué de rien et rien remarqué de particulier – mes ambitions ne nécessitant pas des moyens hors-normes aussi :p ).
    C’est un sujet si important, aux conséquences multiples et complexes, et c’est effectivement navrant que des gens (à la parole publique, politique en plus – qui doit représenter le peuple, dans sa diversité) rangent ce genre de réflexion sous le tapis.
    Bonne soirée :)

  5. Je suis bien d’accord avec toi.
    Je dois dire que mes parents faisaient partis de la classe moyenne, employés de bureau respectivement et enfant d’ouvriers et d’agriculteurs ; je ne viens pas d’une famille bourgeoise (même loin de là !). Je suis enfant unique, je considère que j’ai eu de la « chance » dans le sens que mes parents m’ont aidé au maximum qu’ils ont pu, m’ont payé des cours particuliers pour que j’ai mon bac et puis maintenant je considère avoir « réussi » ; je suis cadre dans la fonction publique, me suis battue pour avoir un concours de catégorie A et je suis fière d’être aujourd’hui DGA d’une commune de 10 000 habitants. Je ne le dois qu’à moi et à l’aide de mes parents … J’ai toujours travaillé en parallèle de mes études pour les aider mais je n’ai pas exemple par eu besoin de faire de crédit bancaire comme c’est le cas de mon conjoint (fils d’ouvrier) …
    Tout ça pour dire que je suis comme toi, je déteste ces gens qui nient l’existence des classes, après je rebondis sur le 1er commentaire d’une sociologie qui est très enrichissant. Les classes ont évolué avec notre société c’est certain, c’est un sujet complexe !

  6. Green Gazelle dit :

    Je viens de découvrir ton blog et j’applaudis !
    On sent beaucoup de spontanéité, de conviction et une certaine colère dans tes propos… Colère face au déni. Et je suis bien d’accord avec toi, c’est bien ce qui fout le plus en rogne.
    Certains bien-pensants diront que les classes n’existent pas, qu’elles sont d’une autre époque, que désormais on parle de ceci ou de cela…. Comme souvent, à notre époque, parce que certains mots sont très chargés (de sens, de signification d’histoire…) on préfère changer de terme…. les fameux éléments de langage.
    Et bien moi, je dis, non. Il faut appeler un chat un chat et une chatte…. une chatte… :-)
    Je m’en vais poursuivre l’exploration de ton blog

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