Vincent Cassel

« J’ai d’abord suivi d’autres cours mais je m’y embêtais et je suis parti à New York. À mon retour, j’ai voulu travailler comme là-bas et je suis allé au cours de Blanche SALANT et Paul WEAVER. Au début quand j’entendais parler de préparation psychophysique, de mémoire sensorielle, j’avais des à priori, tous ces mots me faisaient peur. Mais en définitive, c’est tellement précis comme langage, qu’on finit par comprendre exactement de quoi ils parlent, à assimiler et à tout oublier. Je suis là depuis deux ans et ils m’ont fait vraiment progresser, car c’est un enseignement qui n’est pas du tout général. Ils dirigent les gens selon leur personnalité et c’est ça qui est bien. En plus ils se complètent tous les deux. Paul par exemple est d’une humilité incroyable. Il vous amène sans en avoir l’air à comprendre les choses, comme ça simplement, en posant des questions, si bien qu’à la fin, les gens sont persuadés que ce sont eux qui ont trouvé ça, c’est super. » (Acteurs Auteurs)

« Blanche SALANT m’a coaché, elle m’a aidé à préparer « La Haine ». Quand j’ai commencé le tournage, j’étais remonté à bloc. C’est elle qui, en quelque sorte, m’a armé pour le film. Un de ces jours, je vais retourner chez Blanche SALANT. » (interview/Le Nouvel Observateur)

« Après avoir été dans plusieurs écoles, cours, stages ou groupes de théâtre, à Paris, Londres ou New York, l’Atelier International de Théâtre créé par Blanche Salant et Paul Weaver est le seul endroit où je pouvais retourner en ayant toujours le sentiment d’apprendre quelque chose sur mon propre instrument.
J’ai fini par comprendre que j’étais dans un laboratoire de recherche où l’on tentait sans fin d’explorer une chose inexplicable: le jeu de l’acteur.  Encore aujourd’hui je remercie Blanche et Paul pour les réflexes qu’ils ont su me donner. »

Parcours :

 C’est un film choc et hyper-réaliste, La Haine de Mathieu Kassovitz, qui révèle en 1995 le visage anguleux et le regard « habité » de ce comédien de stature internationale dont la filmographie est aujourd’hui riche d’une bonne douzaine de titres marquants, reflets des sensibilités et courants d’inspiration les plus actuels de notre cinéma.

Né le 23 novembre 1966 à Paris, le petit Vincent, fils de Jean-Pierre Cassel, s’intéresse tout naturellement à la scène dès son plus jeune âge. Il s’essaye à la musique, au cirque et finalement au théâtre, après des cours à l’Actor’s Institute de New York, puis à l’Atelier International de théâtre. C’est avec la troupe de Jean-Louis Barrault qu’il brûle les planches, dans des pièces aussi variées que Les Oiseaux et Le pointeur. Passionné et infatigable, il enchaîne alors les petits rôles dans des séries télé et téléfilms, tout en se rapprochant peu à peu du cinéma.

En 1988, Vincent Cassel fait des premiers pas timides au cinéma grâce à Didier Kaminka dans Les Cigognes N’En Font Qu’à Leur Tête, puis à Philippe de Broca pour Les Clés Du Paradis. Mais c’est sa rencontre avec Matthieu Kassovitz, en 1993, qui va faire exploser la carrière du comédien. Unis par une très forte amitié, les deux hommes enchaînent les collaborations, une première fois avec Métisse, puis quelques années plus tard avec La Haine et Les Rivières Pourpres. Grâce à son rôle de skinhead sans concession, Vincent Cassel est nommé aux César, à la fois dans la catégorie Meilleur Acteur et Meilleur Espoir Masculin. Sa carrière explose…

Déployant dans chaque rôle une intense énergie vitale, Vincent Cassel enchaîne alors films d’auteurs et grosses productions, inscrivant notamment à son actif L’Appartement de Gilles Mimouni, tournage autour duquel il rencontre celle qui deviendra sa compagne, Monica Bellucci. Le couple d’acteurs devient un couple à la ville, et même à l’écran puisque les tourtereaux se croisent dans de nombreux films, notamment Irréversible de Gaspar Noé, Doberman et Blueberry de Jan Kounen, Les Rivières Pourpres de Mathieu Kassovitz, Jeanne D’Arc de Luc Besson, Le Pacte Des Loups de Christophe Gans, Sur Mes Lèvres de Jacques Audiard et Agents Secrets de Frédéric Schoendoerffer.

Grâce au succès international et inattendu de L’Appartement, Vincent Cassel est alors particulièrement apprécié hors de nos frontières. Le voilà Duc d’Anjou dans Elizabeth de Shkhar Kapur, puis « cousin » fou de Nicole Kidman dans Nadia de Jezz Butterworth… Il joue également aux côtés Willem Dafoe et Paul Bettany dans The Reckoning de Paul McGuigan, puis devient l’ennemi de toute la bande de Mister Ocean dans Ocean’S Twelve. On le retrouve également dans la suite Ocean’S Thirteen.

Comédien très éclectique, il a aussi réalisé le court-métrage Shabbat Night Fever, prêté sa voix à « Mr. Hood » dans Shrek et à Diego dans L’âge De Glace avant de s’essayer à la production, notamment pour Kourtrajmé, collectifs d’artistes, et leur long-métrage Sheitan – dans lequel il incarne d’ailleurs un berger satanique…

En 2006, il fait à nouveau partie de l’aventure L’âge De Glace 2 et prête ainsi de nouveau sa voix à Diego. Jamais bien loin du cinéma français, il plonge dans l’univers quelque peu étrange du nouveau Jean-Jacques Annaud la même année, Sa Majesté Minor, avant de s’intéresser au sensible thème qu’est la prostitution, quelques mois plus tard, dans Les Promesses De L’Ombre, de David Cronenberg.

En quête permanente de nouveaux jeux, Vincent Cassel est en 2008 à l’affiche du diptyque consacré au célèbre criminel français Jacques Mesrine : Mesrine : L’Instinct De Mort et Mesrine : L’Ennemi Public N°1. Le comédien remporte d’ailleurs pour cette prestation le César 2009 du Meilleur Acteur.

Vincent Cassel se servira aussi de son organe vocal pour son jeu d’acteur, puisque après avoir prêté sa voix à Hugh Grant dans de nombreux films, il double de nombreux dessins animés comme Lascars, L’Âge De Glace 3 – Le Temps Des Dinosaures et Planète 51.

En 2011, il interprète un metteur en scène manipulateur, aux côtés de Natalie Portman, dans le film multi-primé de Darren Aronofsky Black Swan. On le retrouve aussi sous les traits d’un moine dans le troublant film Le Moine de Dominik Moll puis il reprend le rôle de Fantomas repris par Christophe Gans et avec Jean Reno.

Interview vidéo – Bord Cadre