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Mood 16 • 05 • 18

Manque de confiance en soi, les origines : éducation et violence sociale

Je me suis souvent exprimée par ici au sujet de confiance en soi, des problèmes de confiance que j’ai pu avoir, de la façon dont j’ai travaillé sur moi pour tenter de les dépasser, et vous avez été nombreuses à vous exprimer également, ce qui m’a d’ailleurs confortée dans le fait d’écrire sur ce type de sujets, car je ne suis pas la seule et vous m’avez beaucoup encouragée à le faire, écrire tout ça m’aide mais vous aide aussi d’après vos retours et c’est ce qui me plait le plus sur ce blog. J’ai donc déjà fait le constat de mon manque de confiance, je l’ai résolu en partie (tous les articles sont dans MOOD, ou tapez « Confiance » dans la barre de recherche), mais je ne m’étais jamais vraiment questionnée sur l’origine du problème. Ces dernières années et ces derniers mois en particulier, j’ai remis pas mal de choses en perspective, grâce à des personnes que j’ai pu rencontrer, grâce à mes professeurs de théâtre, grâce au diagnostic de ma pathologie qui m’a re-confrontée aux problèmes que ma faible condition physique a suscité et qui a bouffé ma confiance dans des situations pourtant banales, tout m’est revenu et j’ai pris conscience de pas mal de choses sur ma façon de fonctionner.


Elle était où ma confiance au juste ? Retour aux sources

Il arrive souvent autour de moi qu’on me sermonne et qu’on me dise que c’est stupide de manquer à ce point de confiance en moi, car j’aurais « beaucoup de choses pour moi » et que ce serait « agaçant » de me voir me « dénigrer », comme si j’agissais ainsi pour me faire mousser, vous savez cette fausse humilité pratiquée pour obtenir des compliments. Cela vient aussi de personnes qui me connaissent à peine, qui me jugent plus qu’ils ne m’aident finalement. Je me suis moi-même parfois flagellée, comme si j’étais responsable de ce manque de confiance, mais en y réfléchissant un peu, je défie n’importe qui de ces gens qui m’ont jugée, de prendre ma vie, mon origine sociale, mes origines, mon éducation, mes expériences, et de voir ce que ça donne. Parce qu’en réalité mon manque de confiance est le résultat d’une construction sociale. Au final je m’en suis quand même bien tirée, et j’ai depuis une bonne dizaine d’années été suffisamment entourée de personnes me permettant de redresser cette faible estime que j’ai pu développer dans l’enfance.

Cette petite estime et la vie ont fait de moi une personne aux compétences multiples, mais sans ambition, sans vrai rêve. Presque une personne blasée. Je ne sais pas ce qu’est un parent qui est content d’un contrôle réussi, qui sabre le champagne quand on obtient un diplôme, qui accroche un dessin moche sur un frigo, qui pleure de joie en voyant son gosse lors d’une représentation de théâtre. Les fois où on pouvait inviter nos parents, ma mère ne venait pas, c’était comme ça. Tous mes « accomplissements » ont fini par représenter des formalités, pour ne pas dire des banalités. Chez nous, on n’est pas du genre à se féliciter, à valoriser l’autre. Une habitude qui une fois de plus n’est que le résultat d’un mode de vie, et qui tend à changer avec le temps.

Cela a longtemps fait de moi une personne qui ne sait pas recevoir un compliment, qui pense qu’ils ne sont formulés que par gentillesse, ou pour m’aider à justement avoir une meilleure estime de moi-même. Et une personne qui pouvait avoir tendance à baisser les bras.


Et si on osait aborder la violence de classe ?

Je souhaite aller plus loin en parlant de mon complexe d’infériorité, sur lequel j’ai déjà beaucoup avancé, et donc en abordant les classes sociales, que j’ai déjà abordées dans cet article il y a 2 mois. Et plus particulièrement du pouvoir que les classes supérieures exercent sur les classes populaires sans même le conscientiser.

Si je suis issue d’un milieu populaire, je m’en suis « extraite » depuis quelques années maintenant, je m’en suis suffisamment détachée pour prendre du recul, et pour côtoyer régulièrement des gens issus d’une classe supérieure à la mienne sans me sentir inférieure pour autant (enfin presque), et heureusement que la situation a évolué de cette façon. Parce que le sentiment d’humiliation qu’on peut ressentir face à des gens « d’au dessus » est beaucoup trop présent quand on découvre la vie. J’ai mis du temps à comprendre pourquoi je me sentais mal dans l’environnement « Start-up » quand je suis arrivée à Paris, mais je vous assure qu’il existe une attitude que j’appelle l’attitude « HEC », une attitude qui revient à nous montrer que nous ne sommes pas égaux, mais je précise que ce n’est pas forcément voulu, c’est tout aussi inconscient qu’une habitude à se sous-estimer.

Toujours est-il que je parviens rarement à tisser de vrais liens avec ces gens, que pendant des années je n’ai finalement rencontré personne qui pouvait partager un tant soit peu mon vécu, et quand j’ai renoué contact avec des gens de mon passé ou rencontré des gens issus de milieux similaires au mien, j’ai réalisé que j’avais besoin de côtoyer ces personnes. Je dis bien BESOIN. Car qu’on le veuille ou non le regard posé sur le monde est bien différent selon son origine sociale. Je constate par exemple dans certains milieux une habitude à ce que certaines choses soient toujours faciles, et je constate surtout une belle déconnexion avec cette réalité. Une belle inconscience des privilèges des uns, des difficultés des autres, je constate que l’accès à une certaine forme de culture ou d’éducation reste compliqué pour certaines personnes.

Car même quand la Culture et l’Art ont pour dessein de se démocratiser, de donner accès au plus grand nombre, ils finissent bien souvent par les exclure malgré tout. C’est en tout cas ce que je ressens, en tant que concernée.

Cela dit, me concernant j’ai de la « chance » (même si parfois cela me desserre aussi), cela fait bien longtemps que je fais illusion. On ne se doute jamais que je suis issue de ce milieu, en partie à cause de la façon que j’ai de m’habiller, de me comporter, de parler, de mes études, et n’ayons pas peur des mots on pense souvent que mes parents sont français, voire que je viens d’une famille bobo ahaha. Je ne pense pas avoir fait de rejet particulier, en tout cas si j’en ai parfois eu honte, si j’ai parfois préféré le taire, je n’ai jamais été aussi en accord avec ma provenance qu’aujourd’hui, et cela change tout. Je ne me sens plus aussi dominée, j’assume tout, vois même cela comme une fierté. Je suis beaucoup moins touchée par la condescendance très présente dans les milieux plus élitistes dirons-nous. Si quelqu’un tente d’exercer sa domination sur moi, je le surpasse. Si quelqu’un veut m’apprendre la vie, je lui montre bien que je l’ai déjà mieux comprise que lui, ou je l’ignore. (Je nuancerai en ajoutant que ce que je dégage physiquement a probablement contribué à ces attitudes, j’ai toujours fait très jeune, et je peux avoir un côté plus introverti qu’à mon habitude quand je ne me sens pas à ma place donc on peut facilement me prendre de haut, au premier abord.)

J’ai aussi la chance d’avoir eu des facilités à l’école, d’avoir pu compter uniquement sur le système scolaire pour m’en sortir, certains professeurs sont des héros, eux m’ont parfois appris qu’on pouvait rêver, eux m’ont valorisée, même quand il m’arrivait de me reposer sur mes acquis, ils ont toujours relevé mon potentiel, c’est pourquoi je n’ai jamais douté de moi à l’école, je me suis rarement sous-estimée, je ne visais pas bien haut, mais je savais que je pouvais utiliser mon cerveau, que même si je ne pouvais pas me payer une école de commerce, avec ma tête et un Master de fac je m’en sortirais déjà très bien. Si j’en suis fière, ce n’est pas de l’arrogance pour autant, d’autant que je n’étais pas suffisamment intelligente et bosseuse pour avoir 18 au bac et choper des bourses dans des écoles prestigieuses pour autant, bah ouais quand t’es très pauvre, si tu veux courir dans la même cours que les riches, tu dois être très très très intelligent, enfin on se comprend, moi j’avais juste le cul entre deux chaises :D.


L’importance de l’ouverture et du décloisonnement

Evidemment je ne tiens pas à en faire une vérité, j’ai aujourd’hui des amis très proches issus de milieux dits favorisés, mais ce n’est en aucun cas dans le cadre du travail que je les ai rencontrés, par exemple j’ai tissé des liens forts avec des personnes de mes cours de théâtre alors que dans un autre contexte c’est à peine si nous aurions été amenées à nous rencontrer. Parce que les choses restent en grande partie cloisonnées.

Donc l’issue de cet article est de poser ces constats sur base de mon expérience personnelle, voire de mes vagues souvenirs de Sociologie, d’ailleurs j’ai bien l’intention de m’y intéresser à nouveau sérieusement, relire Bourdieu, d’autres auteurs que j’ai relevés ici et là, consulter des études, notamment pour appuyer mes propos quand ils s’avèrent être si subjectifs. Et aussi parce que je crois que je commence à comprendre dans quelle direction je dois aller quand j’écrirai mon premier roman, parce que j’ai compris que je ne dois pas essayer de faire de la littérature, mais ça j’y reviendrai dans un autre article :)

Quelle que soit votre situation passée et présente, je suis vraiment curieuse de votre retour d’expérience, de connaitre votre point de vue, vos anecdotes, et cet article peut aussi vous aider à voir les choses autrement si jamais vous faites partie de ces classes que je considère opposées à la mienne. Mon blog s’adresse à un public de femmes très variées et c’est ce que j’aime, malgré les difficultés que j’aborde dans l’article, je n’ai jamais voulu faire preuve de communautarisme, il a toujours été très important pour moi de ne pas me fermer à ce qui est différent, bien au contraire je suis très fière d’avoir un cercle social des plus variés. J’ai pris l’habitude de séjourner dans des beaux hôtels (j’ai travaillé pour) pour ensuite aller passer quelques jours à Metz Borny, dans mon vieux quartier qui n’est pas allé en s’arrangeant, dans mon bloc où je découvre dans les escaliers des morceaux de papier d’alu cramés qui ont servi à de pauvres jeunes à consommer leur crack, les même escaliers que monte quotidiennement mon cousin de 7 ans, qui comme moi à son âge découvre des formes de violence qu’il ne devrait pas encore connaitre, quand quelques jours auparavant j’étais à un évènement blogueur guindé.

Ce que je déplore, quelle que soit notre origine, c’est de rester dans son environnement à soi, avec comme connaissance de l’extérieur uniquement ce qu’on entend aux informations. C’est pas bon, ça ferme les esprit, ça alimente les processus de domination des classes supérieures sur les plus basses. Ca alimente également l’aigreur que les classes populaires peuvent avoir face aux plus hautes. Les jugements vont dans les deux sens…

Si je n’avais pas côtoyé des gens de tous les milieux, j’aurais fini par développer une véritable aigreur, bien plus que celle que je peux parfois ressentir aujourd’hui je le sais, aujourd’hui je ne suis pas tendre avec les petits bourgeois façon HEC qui ont le malheur de dire des grosses conneries ou d’ignorer complètement la réalité des autres, je peux même manquer de tolérance, je n’ai pas dit que j’étais mère Théresa ou que j’avais vocation à convertir les cons tout le monde à ma cause.

Et il faut essayer de comprendre ça, il faut essayer de comprendre qu’un gosse de 10 ans qui vit dans un HLM entouré de dealers et de misère sociale puisse développer un sentiment d’injustice et un rejet de ceux qui ont eu plus de chances, surtout quand ces derniers les rejettent à leur façon également. Il faut essayer de comprendre que les dés sont lancés beaucoup trop tôt et que cela impacte considérablement la confiance. Ah ben oui, les débouchés à l’issue d’un collège de ZEP ne sont pas les même que ceux à l’issue d’un collège prestigieux au coeur de Paris, et ça elle le sait la conseillère d’orientation quand elle nous fait garder les pieds sur terre, donc elle est pas bien méchante, elle fait juste son boulot.

Prenez l’expression « réussir par le mérite ». N’est-elle pas le reflet même de cette condescendance élitiste que j’aborde ? REUSSIR PAR LE MERITE. Dites ça à ce gosse de 10 ans, ou non dites le-moi, à moi, oui je m’en suis très bien sortie d’une certaine façon, mais ce fut un vrai combat, il existe bien une France d’en bas, et dans la France d’en bas, l’acharnement ne suffit pas. Parce qu’on est livrés sans mode d’emploi et déjà cassés dans la boite, donc on a une étape en plus, celle de se réparer et de prendre le recul nécessaire pour ne pas baisser les bras avant même que la partie n’ait commencé.

Et si ça c’est pas lié à la confiance… bah c’est que j’ai rien compris.

Aujourd’hui j’ai beaucoup plus confiance en moi et mon parcours me rassure, j’ai 30 ans donc l’eau a coulé sous les ponts, bon entre temps j’ai appris que j’étais aussi née avec un mauvais gêne, donc c’est pas la joie quand je vois que j’ai une capacité de travail amoindrie mais il s’agit d’une transition, quand je sortirai de mon ascenseur émotionnel je suis convaincue que tout ira mieux. C’est ça aussi la confiance ;)

Je finirai en disant que, bien que cela soit logique, toute composante de notre personnalité n’est pas qu’une affaire à gérer avec soi même, c’est aussi un affaire qu’on gère avec les autres, et avec son environnement. Nous sommes des éponges, certaines sont plus absorbantes que d’autres mais nous sommes tous des éponges. AHAHA j’adore.

Voilà voilà les coeurs de belette, je vous envoie des bisous, de l’amour, de la paix. Je me mets moins la pression sur la qualité des articles MOOD et tout devient plus facile, même si je suis pas contente à fond je publie, I AM BACK <3

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9 commentaires

  1. Aurore dit :

    J’ai envie de dire un grand OUIIII, enfin quelqu’un en parle !! :D J’ai la chance d’être né dans une famille de classe moyenne, une famille de prof et toutes ces choses dont tu parles je n’en avais pas la moindre idée avant de rencontrer mon chéri. Je vivais clairement dans une bulle innocente de « on est tous égaux et on a tous les mêmes chances ». Mais non, il m’avait d’ailleurs montré cette vidéo que je trouve frappante sur le sujet : https://www.facebook.com/JungleVT/videos/1701654019976433/UzpfSTcwNDgzNDg1NzoxMDE1NTY0ODcxOTc3OTg1OA/

  2. Crystila dit :

    Coucou,
    Je viens d’un milieu plutôt aisé, pourtant je suis résolument pauvre (un salaire de smicarde) et je pense pouvoir dire que ma famille me méprise pour cela. Car, selon eux, lorsque l’on est une femme, on doit soit avoir une carrière exemplaire ou bien se marier avec quelqu’un qui a « une situation ». Pourtant, je me sens tellement loin de tout ça. Je n’accorde aucune importance à l’argent, ni au milieu social des gens qui m’entourent, je ne trouve pas que cela rende les gens meilleurs, ni plus polis, ni plus respectueux des autres que d’avoir été élevés parmi une famille bourgeoise. C’est souvent même l’inverse. Je dis souvent que je préfère la richesse du cœur.

    Non, nous ne naissons pas égaux face à la vie mais nous avons le pouvoir de changer les choses si on le veut vraiment. Moi non plus je n’ai jamais été valorisée par les miens. Ma mère parle de moi ouvertement comme étant une imbécile inculte (ça fait toujours plaisir au passage). Le système scolaire ne m’était pas adapté bien que j’étais plutôt bonne élève.

    J’ai appris à m’affranchir de ce que les gens pensent de moi. Je vogue là où le vent me porte comme bon me semble. Ce n’est pas facile d’y parvenir mais ça veut le coup de tout mettre en œuvre pour faire les choses tel qu’on les souhaite.

  3. Lou dit :

    Coucou,
    Alors pour situer le contexte, je viens d’un milieu aisé : 2 parents médecins, j’ai grandi dans une maison en plein lotissement, j’ai pu faire les études que je voulais (je suis passée par la case classe prepa, et à force de travail acharné j’ai obtenu mon concours pour rentrer dans une « grande école »).
    Je n’ai pas été exposée à la violence dont tu parles (et je m’en estime très chanceuse, j’ai conscience d’être une privilégiée). Toutefois sur la construction de l’humain, je trouve ta vision un peu manichéenne : tu sais mes parents n’étaient pas souvent là, dans ma famille dire que l’on ne va pas bien est une honte, quand j’ai obtenu mon concours (et crois-moi j’en ai chié) j’ai à peine eu droit à des félicitations, bref je pense pouvoir dire que je me suis construite seule (et petite parenthèse sur l’aspect financier : j’ai fait des études 100% gratuites, et j’ai bossé à chaque vacances scolaires en faisant des petits jobs). Avoir du mal à demander de l’aide quand j’en ai besoin, c’est ma spécialité.
    Bref je voulais juste apporter un petit témoignage, sans jugement aucun, juste pour te dire que j’ignore absolument tout de la vie dont tu parle, mais que -comme à chaque fois que l’on parle de l’humain- il faut parfois creuser un peu pour découvrir vraiment l’autre au delà des préjugés.
    Bon courage dans ton combat medical, tu es d’une force de caractère impressionnante et je te souhaite le meilleur !

    1. dollyjessy dit :

      Merci beaucoup pour ton commentaire Lou. Je suis d’accord, je ne pense pas que sous prétexte qu’on vienne d’un « bon » milieu on ne puisse pas connaitre des failles d’éducation, si j’ai laissé entendre le contraire ce n’était pas mon intention, car même si on peut accéder à de meilleurs établissements il existe dans tous les milieux des familles qui ne sont pas portées sur la valorisation de l’enfant ou qui nuisent à sa construction. Dans l’article je fais bien la part des choses entre les conséquences de l’éducation qu’on reçoit, et l’inégalité des chances, la violence « des classes ». Dans ton cas tu as tenu à bosser et avancer sans compter sur tes parents, donc tu n’as pas les oeillères que d’autres qui ont été moins indépendants peuvent avoir. Enfin je précise bien que je ne tiens pas à mettre tout le monde dans le même sac, je parle bien des rencontres que j’ai été amenée à faire et des amis que j’ai, qui comme toi bien que venant d’un milieu aisé n’ont pas cette attitude dérangeante que j’évoque. Contente que tu me permettes de préciser cela ^^A très vite !

  4. Jow dit :

    J’aime énormément ton article. Dans une moindre mesure , j’ai vécu un injustice de classe lors de mes études supérieures. En gros, mon père est ouvrier, ma mère aide ménagère. Personne n’a dépassé le bac dans ma famille. J aurais du être la première, mais il se trouve qu’une prof a ruiné mon année sous prétexte que je manquais d’éducation, et que je ne serai jamais faite pour le métier en question pour lequel j’étudiais. Mot pour mot. J’avais ma moyenne pour tous les cours, elle ne m’a pas validé mon stage, année foutue. Et une confiance en moi complètement écrasée. Ca a pris du temps pour que je m’en remette.

    J’ai suivi une petite formation en secrétariat, j’ai été engagée en CDD pour un emploi prévu normalement pour un bac+3. J’en pleurais avant de commencer, persuadée de ne pas être à la hauteur. Resultat ? Je me suis parfaitement adaptée. J’ai tout appris sur le tas, entourée d’HEC, comme tu les appelles. J’ai pu m’intégrer auprès de ces gens si différents de ceux que je côtoie. Je crois que je suis bien tombée, il faut bien l’avouer, ils m’ont pris sous leur aile, mais j’ai donné le meilleur de moi, et j’ai pu voir que l’intelligence ne dépend pas de l’éducation.

    Aujourd’hui, je suis de nouveau en recherche d’emploi, mes 2 CDD la bas achevés, l’entreprise ne pouvant m’offrir de CDI, mais j’ai pu récupérer une bonne partie de ma confiance en moi. Je sais que je suis capable de tout!

  5. Maman Voyage dit :

    Coucou, je repasse par ici depuis notre blogtrip en Rep Dom car j’aime beaucoup ta « liberté d’expression » ;-). Je me reconnais beaucoup dans ton article… Comme j’ai fait une prepa HEC c’était vraiment difficile de cotoyer de très près des jeunes que je trouvais cruels et fermés d’esprit. J’ai eu le droit à des moqueries, aucune entre-aide…un jour de concours je me souviendrai toujours que des camarades de classe m’ont proposé qu’on déjeune ensemble avant les épreuves de l’après-midi. J’ai trouvé cela étrange… je leur dis que je n’ai pas emmené d’argent car j’ai mon sandwich…ils me disent : pas de soucis on t’en prête…mais une fois le déj terminé ils sont partis sans payer ma part, le sourire au lèvre…Je remercie le gentil restaurateur qui a compris la situation et m’a offert mon repas… Et ça ce n’est qu’un exemple. Depuis, l’eau a coulé, j’ai confiance en moi, en grande partie, comme toi, grâce aux instituteurs et profs que j’ai eus…mais aussi avec le temps…J’ai dix ans de plus que toi et je peux te dire que je me sens 100 fois mieux qu’à 30 ans :-)… Aussi, je voulais te souhaiter de bien soigner tes petits muscles… A bientôt, Christine

  6. Lorolail dit :

    Je ne sais pas quels sont tes souvenirs de sociologie mais tu as en tout cas des réflexions qui font écho à certains travaux de sociologue. Tu as cité Bourdieu, je te conseille Robert Merton et plus globalement l’école de Chicago qui a beaucoup travaillé sur les milieux populaires en banlieue urbaine (ce qui n’est pas le cas de tous les milieux populaires en France), Merton fait notamment référence à cette « frustration » qui peut naître chez certains jeunes du fait du décalage entre leurs aspirations (ce que la société leur vend comme étant la norme, la réussite) et les moyens réellement à leur disposition. Tu peux aussi t’intéresser à Richard Hoggart qui a connu une ascension sociale et qui a aussi senti un décalage difficile à gérer entre son milieu d’origine populaire et le monde des normaliens (« La culture du pauvre »). Enfin, sur la domination culturelle des milieux bourgeois, et justement ce culte de l’entre soi qu’on retrouve bien dans ton écrit (Hoggart repère notamment dans le langage des milieux populaires les « eux » et les « nous », il considère que les milieux populaires sont très conscients de cette séparation, ils n’en nourrissent pas nécessairement de la frustration, juste comme vivre dans des mondes différents), Pinçon Pinçon Charlot ont beaucoup travaillé sur ces sujets. Enfin, plus récemment, une étude de Camille Peugny a remis au goût du jour les travaux de Bourdieu avec un ouvrage intitulé « Le destin au berceau ».

    Je suis professeure de SES en lycée et j’ai la chance de travailler dans un lycée assez populaire, sans être « difficile ». Je retrouve dans ton parcours celui de plusieurs de mes élèves, et je trouve mon rôle encore plus important pour les inciter à se dépasser, à oser dire que oui ces études, ces métiers, pourraient aussi être les leur. Et je suis aussi convaincue que la mixité, la possibilité que les frontières deviennent plus poreuses, passe notamment par l’école, qui certes essaie, mais est encore loin du compte…

    Bel article en tout cas ;)

    1. dollyjessy dit :

      Ouaw merci beaucoup, tu me donnes des pistes très intéressantes, et merci d’avoir pris la peine d’avoir lu tout l’article et d’avoir commenté. C’est super d’avoir des retours d’expérience comme celui-ci, en tout cas bravo de vouloir transmettre cela à tes élèves, tu fais partie de ce types de profs dont on a vraiment besoin dans ce genre d’établissements :) A très vite j’espère !

  7. E. dit :

    Hello.

    Ton article me parle mais à un point …
    J’arrive à bientôt 30 ans et de mon côté je ne me sens toujours pas à l’aise ni à ma place dans les milieux bourgeois.
    J’ai tout fait pour casser la reproduction sociale. Mes parents n’ont pas fait d’études et étant enfant unique tous les « espoirs » reposaient sur moi. J’ai donc fait des études, l’université et une école privée ensuite mais jamais, jamais je ne me suis sentie intégrée ni à ma place mais toujours comme la « prolo » qui est arrivée là on ne sait comment.
    Ma mère (avec qui je n’ai pas non plus de superbes relations) ne m’a jamais vraiment encouragée et passe plutôt son temps à se moquer de moi et minimiser mes réussites. Donc effectivement se construire et essayer d’avoir confiance en soi est relativement difficile quand, ni au sein de son foyer familial, ni au sein de son travail/école/université on se sent reconnu / mis en valeur ou bien respectée.

    J’ai choisi au fil de mes stages une branche de métier où je trouve peu de « gens de ma classe », et on me l’a d’ailleurs bien fait sentir lors de mes stages dans des grands groupes.
    Je ne sais pas si c’est mon attitude ou mon comportement mais j’arrive toujours à me faire « repérer » aha et il y a une sorte de rejet des deux côtés.
    Du mien je n’ai pas envie de fréquenter des gens avec qui je n’ai aucun points communs et de leur part je ressens un vrai sentiment de supériorité.

    Mais c’est aussi tellement facile de rester avec les gens de son même milieu social (on se comprend tout bêtement, on a le même humour, on vit les mêmes galères) à tel point que je ne m’autorise pas non plus de sortir avec des mecs qui n’ont pas le même milieu social que moi. Par souci d’infériorité.

    Bref il y aurait encore tellement à dire mais je vais m’arrêter là hein, on est pas chez le psy.
    bises

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