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Tv Ciné 11 • 01 • 17

{Cinéma} Dalida : de Iolanda à Dalida, l’histoire d’un mythe

Lundi soir j’ai assisté à l’avant-première du film Dalida, réalisé par Lisa Azuelos, qui a réalisé deux films que vous connaissez, « Comme t’y es belle ! » et « LOL », un film que j’aime beaucoup. C’est d’ailleurs elle qui a inventé le terme « gynophobie » et mis en place le concours dont je vous parlais l’année dernière, et auquel j’avais participé en tournant à la va vite un petit court-métrage sur la violence faite aux femmes.

Le projet Dalida a mis longtemps à voir le jour, initialement un autre réalisateur devait s’y atteler, cela ne s’est pas fait, puis le projet a été soumis à Lisa qui après l’avoir abandonné une première fois, s’est re-penché dessus quelques années plus tard pour enfin nous le présenter au Cinéma aujourd’hui, le mercredi 11 janvier 2017. Oui, ce n’est pas facile de s’attaquer à Dalida, retrouvée suicidée à l’âge de 54 ans dans son appartement à Montmartre, après une carrière et une vie proche de l’invraisemblable.

Pour évoquer une personne et un personnage aussi mythique que Dalida aka Iolanda de son vrai nom, on peut s’y prendre de deux manières. On peut choisir de se concentrer sur une partie de la vie de l’artiste, pour s’y intéresser plus en profondeur, comme on peut essayer de passer en revue toute sa vie, pour offrir une vue d’ensemble. Ce sont deux partis pris, j’apprécie les deux, même si dans l’idéal, j’aimerais voir les deux approches, surtout dans le cas de Dalida. Un film de 6 heures ne m’aurait pas dérangée.

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Je l’attendais ce film, je n’y allais pas avec des attentes particulières pour autant, j’y allais curieuse, en sachant que je serais probablement troublée. La femme en dépression, la femme suicidaire, le rapport à la mort, à l’enfance et aux hommes, la notion de mythe, l’incapacité d’être tout à fait heureux, la dualité entre un personnage et la personne qu’il représente, la fatigue de vivre… des thèmes qui pour la plupart me tiennent particulièrement à coeur, qui m’intéressent, que je traiterai un jour à ma façon. Plus que troublée j’ai été atteinte, presque happée par moments, en totale empathie avec l’artiste durant tout le long du film, je voulais simplement me laisser bercer par ses chansons mythiques qui venaient ponctuer avec intelligence toutes les étapes du film. Sa voix, j’ai comme cette impression que même lorsqu’elle chante le bonheur, elle reste quelque part empreinte de mélancolie.

Le choix de la comédienne était crucial, ils ont mis longtemps à la trouver, une des raisons pour lesquelles le film a été abandonné plusieurs fois. Ils n’ont pas trouvé la perle rare en France, la réalisatrice est allée faire une sorte de casting sauvage à Rome et à trouvé SVEVA ALVITI, mannequin de 32 ans, presque débutante dans le milieu du cinéma, ne parlant pas encore français, dont le travail acharné a clairement payé. Son interprétation est belle, elle est entrée en osmose avec Dalida, et plus encore grâce aux 4h de maquillage quotidiennes qui les font presque devenir une seule et même personne : Perruque, prothèse sur le nez, prothèses dentaires, maquillage, la ressemblance en est troublante.

Lisa a choisi de retracer toute la carrière de Dalida, ainsi en 2 heures, le rythme est assez effréné, on aimerait que certains aspects soient développés davantage, par exemple son avortement, et son rapport à la maternité qu’elle n’a jamais pu connaitre, ou encore son enfance, mais si on pourrait lui reprocher de rester « en surface » sur bien des points, on oublie d’être frustrés, car on ressent quand même, car on veut savoir, on veut savoir tout ce qui a pu la conduire à cet acte final. On essaye de s’y retrouver entre ses différents amants, car c’est autour des hommes qui ont fait partie de sa vie que le film s’articule essentiellement, des histoires sentimentales qui la marqueront, les unes après les autres. Si je n’avais pas vérifié avant quelques informations, je n’aurais pas cru qu’il soit possible qu’autant de personnes se suicident au sein d’un même « cercle ».

Alors oui j’en voudrais plus, j’aimerais en comprendre plus, mais je pense que cette envie relève davantage du fantasme que du possible. Même si son frère Orlando a validé le scénario, même s’il était son producteur, même s’il la connaissait comme personne, même si on peut se reconnaitre en elle, comme moi je l’ai fait, même si on peut la percevoir, j’imagine que personne ne peut vraiment nous en donner plus. Tout ce qui n’est pas factuel reste sujet à interprétation, Lisa le dit, elle avait la moitié du film issue de ses recherches, et l’autre moitié issue d’elle même. Il n’existe pas de vérité, il existe des interprétations, des vérités si on veut, donc finalement le parti pris de donner un panorama est compréhensible, justifié, et je ne le regrette pas. Comment parler de Dalida sans donner une vue d’ensemble ? Comment donner une vue d’ensemble au cinéma en entrant dans le détail de chaque chose ? On ne peut pas.

Oui, s’attaquer à 30 années mythiques, à une destinée de cette ampleur en 2 heures de film, c’est forcément aller au casse-pipe pour une partie de notre jolie presse française qui attendait certainement ce film au tournant, avec des baguettes, prêts à taper des doigts.

De mon côté je ne sais pas grand chose de la vie de Dalida, si ce n’est ce que Wikipédia raconte, tandis que l’équipe du film dispose d’années de recherches, donc mon regret est peut-être stupide, mais mon regret, c’est, qu’en regardant ce film, un spectateur qui ne se pose pas de questions, peut finalement présumer qu’elle en arrive là parce qu’elle n’a pas trouvé l’Amour, que c’est un peu un acharnement du destin, ou encore qu’elle était sujette au fantasme. Ce qui peut être assez réducteur. En tout cas j’aimerais le revoir pour me faire un meilleur avis, car j’avoue être encore dans le flou, là ce que je peux vous dire c’est que le film m’a touchée, et c’est tout ce que je demande quand je vais au cinéma. Avec moi, oubliez les critiques techniques, ce qui m’importe c’est le jeu d’acteur, c’est l’émotion, et dans ce film on peut dire que le casting fonctionne bien, les playback interprétés par Sviva sont poignants, l’émotion il y en à revendre, alors n’hésitez pas, allez le voir ;)

Je finirai avec ces mots prononcés par Orlando : « Je pense que Iolanda s’était retirée pour que Dalida entre dans l’éternité ».

Pour finir, petit aparté, il faut savoir que je voue une certaine fascination aux romans, aux films ou même aux documentaires qui évoquent la vie d’un artiste, ou d’une personne qui a marqué l’Histoire. La majorité des livres que je lis sont des romans auto-biographiques, je suis donc assez friande de ce types de films. De la vie de Jacques Mesrine, en passant par celle de Ray Charles, celle du joueur de foot pelé, du chanteur Johnny Cash et j’en passe, jusqu’à celle de Amy Winehouse l’année dernière et aujourd’hui Dalida, je pense les avoir presque tous vus.

N’hésitez pas à me donner des films du genre en commentaires, ça me ferait super plaisir de pouvoir en découvrir d’autres grâce à vous. Vous pensez aller le voir ? Vous aimez aussi les biopics ? Vous aimez Dalida ou pas du tout ? :D

Des bisous ! Je vous quitte avec la bande annonce :

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11 commentaires

  1. Kempf tiffany dit :

    Je ne suis pas du tout fan de Dalida mais ce film m’intéresse vachement depuis que j’ai vu la bande-annonce à la télé.. Ça a l’air d’être un magnifique film

    1. dollyjessy dit :

      Oui très touchant en tout cas :)

  2. Heureusement qu’il y a des blogs comme le tien pour modérer certaines critiques. Pour approcher ce genre d’oeuvres avec un peu de bienveillance et de recul… Je regrette cet espèce d »‘inteligencia » qui amène les journalistes critiques à repousser « par défaut » ce genre de réalisations, à ne donner le crédit qu’à certains réalisateurs, producteurs sans avoir la mesure et la portée de leurs mots. Mon père était abonné à Ciné Live pendant des années, j’attendais la revue avec une impatience dingue quand j’étais gosse… Le cinéma m’a toujours touché, il atteint des endroits que lui seul est capable de toucher… Quand je vois un film je mesure presqu’à chaque fois, l’énorme travail, les espoirs, les envies, les désirs, les peurs et les angoisses de ceux qui pensent le scénario, le décor, le jeu… C’est un tout qui, sauf dans de très rares cas ne mérite pas des critiques acerbes et piquantes. Un film est une oeuvre, nous avons le droit d’aimer, de ne pas aimer mais pas de démonter un tel travail. Je me souviens nettement ressentir toujours une certaine injustice quand aux grilles de comparaison pondues par les journalistes dans Ciné Live… Ça me gênait beaucoup de savoir qu’un homme ou une femme avait la possibilité d’influencer la qualité de tel ou tel film sur le reste du monde… Du coup je tenais un petit répertoire dans lequel j’inscrivais tous les films que j’allais voir au cinéma (le téléchargement n’existait pas encore, ce qui conférait au cinéma cette sorte d’exclusivité, de magie que j’adorais) et je leur donnais une note, ma note, celle qui me semblait juste avec mes valeurs, mes connaissances, mes désirs… Et bien souvent j’obtenais l’extrême opposé de la presse :) Enfin tout ça pour dire, merci d’ajouter un peu de nuance dans cet océan de blanc ou de noir ! ;)

  3. Jack dit :

    Dans le genre, j’ai vu « les Doors » avec la vie de Jim Morrison. C’était bien mais quand même plutôt « déprimant » et bien sûr « Cloclo » qui retrace la vie de Claude François.

    J’ai aussi vu un film sur Mesrine que j’ai trouvé très bien fait et que j’ai regardé plusieurs fois. A mon avis, c’est une version que tu n’as pas vue : C’est un film de 1984 avec Nicolas Silberg dans le rôle de Mesrine. Evidemment, le film s’appelle tout simplement « Mesrine ».

    Dans un autre registre, il y a le documentaires intitulé « Senna » sorti en 2010. Le film retrace la vie complète d’Ayrton Senna. Il faut peut-être aimer le sport moteur pour apprécier le documentaire. Moi, j’ai commencé à m’intéresser à la Formule 1 en 1981. Senna est arrivé un peu après en 1984. C’était mon pilote préféré. Je crois que tout ceux qui suivaient la F1 à ce moment-là n’ont jamais oublié ce 1er mai 1994 ni ce qu’ils faisaient quand c’est arrivé. Je me souviens qu’après qu’on l’ait évacué du circuit, j’ai « tourné en rond » pendant le reste de l’après-midi en attendant ce que je savais déjà ce qu’on annoncerait. Finalement, l’annonce est arrivée au cours d’une édition spéciale. Il y avait en arrière plan la photo de Senna dans une Lotus Noire. Et puis la phrase : « C’est officiel, le pilote de Formule I Ayrton Senna est décédé. »

    Et le lendemain, le titre de dans le journal, je m’en rappelle encore :

    « Barrichello, le miracle – Ratzenberger, le drame – Senna, la tragédie », avec une photo de chaque accident en dessous du titre.

    Après ça, je n’ai plus regardé aucun Grand-Prix de Formule 1 pendant 4 ou 5 ans…

    1. dollyjessy dit :

      Je n’ai vu pas The Doors, je vais m’y pencher, la déprime ne me dérange pas !
      Il me dit quelque chose ce film Mesrine mais j’ai en effet en tête le dernier en date avec Vincent Cassel. J’aime beaucoup les biopics sur les sportifs bien que je ne sois pas du tout portée sur le sport au quotidien, je n’y connais pas grand chose en F1 mais tu me donnes vraiment envie de découvrir ce documentaire, même si j’aurais adoré une version adaptée au cinéma. Après de pareils accidents pour ce qu’on appelle finalement « du sport » je comprends que ne donne plus envie de s’y intéresser, la boxe c’est un peu pareil, j’adore regarder les combats mais cela reste des mecs qui se font de sales blessures ! J’avoue avoir du mal avec les activités où les morts restent finalement assez nombreux.. Merci pour ton commentaire Jack, à bientôt.

      1. Jack dit :

        A l’époque, la Formule 1, je trouvais que c’était spécial car on avait l’impression que ce n’était plus du tout un sport dangereux. Il y avait parfois des accidents spectaculaires mais on voyait toujours le pilote en sortir indemne ou légèrement blessé. Dans les années 80, j’avais le sentiment qu’on était sorti d’une époque : on ne mourait plus en F1. Alors, forcément après un week-end pareil, je suis tombé de haut.

        Dans le même registre, il y en a un qui n’est pas un documentaire mais peut-être le meilleur qu’on n’ait jamais réalisé sur la F1. C’est vraiment un film historique : « Rush ». Il retrace la saison 1976 de Formule 1, l’année où Niki Lauda a eu son accident au Nurburgring.

        Je me suis fort intéressé à tout l’historique de la F1 et franchement, Rush, c’est extraordinaire de ce côté-là. Même les acteurs : ils ressemblent très fort à Hunt et Lauda.

        Quand le film se termine, il y a la voix de Lauda qui reparle de cette saison 1976 et de son rival, James Hunt avec quelques photos d’époque où on voit les deux pilotes en 1976 et à la fin, la photo de Lauda l’année où le film est sorti. Cette dernière séquence est magnifique je trouve.

        Si tu ne l’as pas vu, il vaut vraiment la peine. Mais c’était « l’autre » l’époque, celle où on comptait environ 2 morts par saison…

  4. Fiona dit :

    Je lis cet article grâce à l’image dans la page d’acceuil. C’est pas mal. Même si je suis pas un fan de Dalida.:P

  5. Elodie dit :

    Ca c’est chouette d’avoir un avis neutre. Entre les journalistes bobos qui detestent ou qui adorent et ceux qui ne developpent pas trop dur d’avoir un avis. Pour ma part Dalida n’est pas un destin sur lequel je me suis bcp penchée j’attendrais peut etre que le film passe a la TV (vive Canal+).
    En terme de film biographique j’ai bcp aimé YSL sur Yves Saint Laurent (la version avec Pierre Niney, Gaspard Uliel était plus trash), Walk the Line aussi avec le génial Joaquim Pheonix sur la vie de Johnny Cash. Et je suis très film historique aussi mais c’est moins dans le sujet.
    En tout cas merci pour ton point de vue ! :)

    1. dollyjessy dit :

      Après un avis ne peut pas vraiment être neutre sinon ce n’est plus un avis ^^ Oui si tu n’es pas attirée par son parcours pourquoi pas attendre sa diffusion télé, personnellement je n’avais jamais vraiment écoute Dalida et ne connaissais pas plus que ça sa vie, mais j’avais conscience du mythe, de l’aura, j’ai été étrangement attirée par elle en voyant l’affiche du film alors en préparation ! J’ai aussi adoré YSL avec Pierre Niney, je n’ai pas trouvée l’autre version. Et Walk the line était top ! Des bises Elodie, à très vite et merci pour tes commentaires fidèles <3

  6. Jack dit :

    Dans le genre « biographique », j’ai repensé à quelques autres films :

    « Hurricane » : un boxeur noir américain condamné à perpétuité.
    « Ali » : l’histoire du célèbre boxeur décédé l’année dernière.

    « The Runaways » : l’histoire d’un groupe rock exclusivement féminin. Il y a des années, j’aimais bien Joan Jett et Lita Ford. En « fouillant » dans les magasins, je me suis rendu compte qu’elles avaient fait partie du même groupe avant de faire carrière en solo. Forcément, quand le film est sorti, j’ai eu envie de le voir…

    Dans le genre politique, il y en a aussi 2 qui sont très bien :

    « Au nom du père » : l’histoire de Gerry Colon, un irlandais injustement accusé d’avoir perpétré un attentat à Londres (au pub de « Guildford »). Il est resté des années en prison. Dans le film, Emma Thompson joue le rôle de son avocate. Je trouve que c’est un très beau film que j’ai déjà regardé plusieurs fois.

    « Michaël Collins » : l’histoire d’un indépendantiste irlandais interprété par Liam Neeson.

    C’est tout ce dont je me souviens pour le moment. Ce sont bien des films biographiques et pas des fictions. J’ai moins aimé « Hurricane » car il est plus axé sur les actions concernant sa réhabilitation que sur la personne. Celui que je préfère, c’est « Au nom du père ».

    Enfin, si tu aimes le genre, tu as peut-être de quoi t’occuper…

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