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Mood 14 • 04 • 16

Quand le harcèlement nous conditionne.

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Il est 23h environ, je marche dans une rue déserte. J’ai déjà été dans cette situation, plusieurs fois, mais contrairement à toutes ces fois, ce soir j’ai peur. J’ai peur d’entendre un bruit de pas sur les miens, j’ai peur quand au beau milieu de cette nuit noire je croise un homme immobile dans la rue, ma respiration s’accélère quand je passe à côté de lui, mon coeur bat un peu plus vite quand je le dépasse, je prie intérieurement pour qu’il ne se mette pas à marcher derrière moi.

Avant je n’avais pas vraiment peur, j’ai été dans des situations où j’ai pris des risques idiots, où j’aurais pu avoir de sérieux problèmes, mais j’étais forte, courageuse, peut-être inconsciente, je me persuadais même que rien ne pouvait m’atteindre. Surtout cette peur en particulier, celle qu’un jour le harcèlement que nous subissons en tant que filles chaque jour, aille au delà du verbe.

Je ne sais pas si c’est le fait d’être à Paris et d’être confrontée à l’indifférence générale des gens, dans le métro, dans la rue, partout, si c’est parce que les sales histoires sont de plus en plus médiatisées, si c’est parce que pour la première fois depuis longtemps je me suis sentie en danger, quand cet été un homme à qui je ne répondais pas m’a attrapée par le bras, « parce que c’est n’est pas gentil de ne pas répondre quand on me parle ». Quand, encore cet été, j’ai réalisé qu’un jeune garçon me suivait en se masturbant quand je rentrais chez moi. Je suis physiquement limitée, contrairement à la plupart des filles, ma soeur, mes amies, vous qui me lisez, si on m’agresse je sais que je ne pourrai pas courir, je sais que je ne pourrai pas me débattre, je sais que je devrais attendre que ça se passe. Quelle horreur, d’en venir à se demander s’il ne faudrait pas se préparer psychologiquement « au cas où ».

« Voilà qu’elle nous pond un énième article sur le harcèlement de rue, les agressions sexuelles, le viol ». Oui c’est vrai, des articles sur le sujet j’en ai vus passer des tas. Je ne les lis pas, pour éviter de me rappeler qu’on peut toutes passer par là, parce que la politique de l’autruche a régi ma vie pendant longtemps, et continue encore parfois de le faire. Mais ignorer la réalité, les dangers qui guettent, les traumatismes, moi qui en ai fait ma spécialité sais qu’un jour ou l’autre, tout nous revient en pleine figure.

Ignorer une peur ne la rend pas moins tangible. Pourtant j’ignorais cette peur, c’est bien la première fois que je l’admets, avec vous. Je dis être fatiguée quand passé minuit dans certains coins je ne rentre pas chez moi en métro. Bon souvent je suis aussi fainéante. Je fais mine d’être forte quand je traverse une rue remplis d’une dizaine de garçons qui y vont de leur petit commentaire, il faut dire que pendant 10 ans je devais passer dans un porche sombre rempli de garçons pour me rendre à pieds au collège et au Lycée, les commentaires dégueulasses je les entends depuis mes 13 ans presque quotidiennement. Une période où je ne m’habillais pas toujours comme je le voulais, mais comme il le fallait pour ne pas me faire traiter de salope. Y compris par mon propre père.

Aujourd’hui je porte des robes très courtes, moulantes, j’aime les tenues très féminines ou sexy parfois, mais en talons et très apprêtée je n’ai forcément l’esprit tranquille. Je refuse qu’on bride ma liberté donc je le fais, parfois non sans appréhension. Et honnêtement, même habillée en sac à patate cela peut nous arriver, donc je ne pense même pas qu’une jupe courte augmente les risques existants.

Donc je vous le dis, j’ai peur, j’ai principalement 2 peurs qui me tétanisent, celle de perdre un proche à nouveau, et celle de me faire agresser sexuellement. Pourquoi je vous dis ça, parce que j’ai envie de mettre cette peur noir sur blanc, parce que je m’inquiète souvent pour mes amies qui prennent le métro ou marchent seules tard le soir quand elles ont bu, parce qu’elles deviennent malgré elles des proies pour ces connards. Parce que j’ai lu ce fait divers d’une femme qui s’est fait violée à 2 reprises après avoir quitté le bar où elle « avait beaucoup bu ». L’article a bien pris le soin de préciser qu’elle était ivre, un peu comme pour signifier qu’après tout c’était aussi de sa faute tout ça, ben oui elle n’avait qu’à pas boire seule (c’est ironique pour ceux qui ne l’auraient pas compris hein) Ils n’ont pas précisé si elle portait une mini-jupe tiens, cela aurait rendu les faits moins graves peut-être. Parce que j’ai entendu cette histoire d’une fille qui se faisait molester dans le RER sans que personne ne bronche. Rares sont les agresseurs armés, il suffirait que 3 ou 4 mecs s’y mettent pour foutre un sale bonhomme hors du train, mais non, tout le monde reste assis, en faisant mine d’être trop concentré sur son livre, d’écouter trop fort sa musique, ou d’être en retard au travail.

Autour de moi les hommes ont beau avoir des défauts, ils ont été élevés avec des couilles. Aucun d’entre eux ne laisserait cela arriver, quitte à se prendre une baigne, et alors un bleu ça finit par partir non ?

Alors qu’est-il arrivé à tous ces gens, qui pour éviter de se prendre un coup qui leur ferait mal une semaine, n’hésitent pas à ignorer une femme qui sera traumatisée toute sa vie ? J’aimerais bien dire que je ne juge personne, mais en réalité je les juge, de la même façon que je juge malgré moi ces gens qui n’aident pas cette vieille dame à ouvrir sa porte, comme je juge ces gens en voitures qui ne proposent pas à un papi qui rentre à pied d’un magasin les bras chargés de le déposer chez lui. Autant prendre un auto-stopper peut être dangereux, autant on a une chance sur 10 million qu’un papi qui marche à 2 à l’heure avec une canne soit en réalité un tueur en série. Et je ne parle pas de s’interposer et de risquer sa vie, je parle de situations courantes, dans le métro, partout, ou une simple parole ou un simple geste pourrait aider une femme.

« Voilà qu’elle nous pond un article moralisateur ». Je ne sais pas si ce que je raconte est moralisateur, je ne sais pas à quelle conclusion je veux en venir, je voulais en parler avec vous, j’ai comme l’impression de devenir paranoïaque ces derniers temps, je sais que je ne suis pas la seule à ressentir ces choses-là, et je sais que la vie est plus sympa à vivre dans l’insouciance, mais la vie est surtout plus sympa à vivre quand on reste en vie, donc plutôt que d’ignorer les problèmes du monde dans lequel on vit, essayons de réduire les risques sans pour autant renoncer à sa liberté, arrêtons de faire comme si de rien n’était, aidons nous les uns les autres, à notre échelle.

J’en suis au point où j’ai mis un taser dans mon panier sur un site spécialisé, on me dit que c’est illégal, a priori s’en prendre à quelqu’un contre sa volonté l’est aussi. Et pourtant la justice a un sacré problème pour punir ces pourritures comme il se doit, donc si on décide de me faire chier parce que j’ai un truc illégal pour me défendre, autant vous dire que je finirai au poste parce que j’aurais insulté un agent de police.

Je suis curieuse d’avoir votre retour et avis sur la question. Ce que vous ressentez vous en tant que fille / femme dans la rue, chez vous, dans votre famille. Avez-vous tendance à cacher votre féminité à cause de cette situation à laquelle nous pouvons toutes être confrontées ? Si vous pensez que je suis devenue un peu parano… Et si vous êtes un homme, la plupart me disent ne pas se rendre compte de ce qu’on peut vivre, est-ce aussi votre cas ?

Voilà voilà, hier j’écrivais ce post Facebook qui m’a inspirée pour écrire cet article. N’hésitez pas à suivre mon profil personnel, j’y poste régulièrement des statuts publiques, qui sont différents de ceux postés sur ma page Facebook Dollyjessy.

Promis la semaine prochaine je vous envoie des articles humeurs POSITIFS AHAHAHA. Ou plus drôles en tout cas, comme celui où je voudrais vous parler de ces marques qui me prennent pour un jambon à défaut d’une blogueuse. Premier prix le jambon.

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Attention, cet article est volontairement un peu provoc hein

u_avortement

54 commentaires

  1. Raja dit :

    Bon. Par où commencer ?
    Je suis née dans une famille où le respect passe aussi par les vêtements que l’on porte, les commentaires « c’est trop court », « c’est décolleté » ou « c’est trop sexy » je les ai tellement entendu au sein même de ma propre famille qu’aujourd’hui à 31 ans j’en suis arrivée à m’habiller comme j’en ai envie ! Alors oui on peut dire que ça attire, c’est provocateur mais je ne le fais pas dans ce but là, je m’habille avec ces fringues parce qu’elles me plaisent et parce que je me sens bien dedans et il y en a pour tous les goûts : du long, du court, du décolleté, du transparent etc. Et pourtant l’habit ne fait pas le moine, et cette phrase n’a jamais autant pris son sens que ces dernières années (les pédophiles de l’Eglise, les terroristes qui pourtant sont de gentils voisins…). Je n’ai pas vraiment de solutions pour changer l’attitude des gens devant une fille habillée comme elle l’entend et ça me met hors de moi quand j’entends « tu devrais peut être mettre une jupe plus longue » même de la part de filles féministes qui disent s’en foutre du regard des autres et assumer leur choix.
    Je pense que quelle que soit la tenue si un gros con veut t’agresser ou plus, il le fera juste parce que tu es là au mauvais moment et au mauvais endroit, ça ne veut pas dire que je n’ai pas peur, que je ne pense pas à cette éventualité quand je rentre tard chez moi. Juste après les évènements, il m’arrivait d’avoir peur et d’éviter certains endroits, mais mon envie de vivre a pris le dessus et si je dois un jour exploser à cause d’une bande d’imbéciles j’aurai la satisfaction d’avoir vécu ma vie comme moi je l’entendais et pas sous l’influence de la peur.
    Voila, ce fut long mais le thème est tellement important qu’on ne peut se contenter de quelques lignes.

    Bonne soirée,
    Raja.

  2. By Lara Craft dit :

    Complètement d’accord.
    Oui je cache ma féminité depuis déjà plusieurs années. J’ai banni les robes et jupes de ma garde-robe. J’ai toujours un peu peur le soir en rentrant.
    Mais c’est un problème très français. Dans d’autres pays d’Europe il n’y a pas ce genre de problème. Donc j’ai quitté la France, mon pays, et je me sens bien mieux ailleurs. Je n’ai d’ailleurs plus un seul souci depuis. C’est triste, mais il y aurait une liste noire et une liste verte des pays à faire…

  3. J’ai adoré lire cet article !
    D’ailleurs, moi cette semaine il y avait une mamie devant moi à l’accueil chez Carrefour, j’entendais qu’elle disait à l’Hôtesse qu’elle ne pouvais pas revenir le lendemain comme elle le lui suggérait puisque très âgée et qu’elle avait déjà lutté à venir à pied avec son fils qui a du lui tenir le bras tout le long. Bref jusqu’ici histoire banale, mais en repartant je les ai vu peiner à traverser la route car cette mamie était lente et les voitures s’impatientaient. Et bah ni une ni deux je leur ai proposé de les raccompagner et ils en étaient bouche bée. Comme quoi l’entraide aujourd’hui c’est un lointain souvenir pour certaines personnes.

    Et je comprends te peur, souvent on se pose pas la question car « ça n’arrive qu’aux autres » et en parlant avec un ami agent de sécurité à la sncf, je me suis rendue compte à quel point il s’en passait des choses et que ça arrivait à n’importe qui. Je comprends ton envie d’avoir un Taser ou autre et je trouve que t’as entièrement raison. Je préfère taser et passer une nuit au poste que subir un viol collectif dans un train pendant que des gens font semblant de pas voir (exemple parmi tant d’autres).

  4. Gwen dit :

    Pour la part, je fais malheureusement déjà (et oui il y en a bien trop) des victimes. Je me suis fait agresser (physiquement mais non sexuellement) en bas de chez moi à Paris, un soir de semaine à 20h alors que je rentrais des cours. Dur dur de sortir de chez après … Bref, une sombre histoire de vol de téléphone … Et dire qu’il y en a qui tapent des femmes (petites et sans défense qui plus est) pour leur voler leur téléphone …
    Je ne m’en suis jamais vraiment remise, j’avoue avoir la même sensation que toi maintenant quand je me balade le soir dans la rue … mais pas que le soir d’ailleurs (parce que 20h ce n’est pas encore la nuit !). En revanche, je ne me pose jamais de question sur ma tenue, je m’habille de manière féminine et parfois même un peu trop court. J’espère que cela ne me portera pas préjudice à l’avenir …
    Sache que tu n’es absolument pas la seule à vivre et ressentir ça et que (à mon avis et c’est triste à dire) tu as raison de te méfier :(

  5. Elodie dit :

    On a beau lutter pour l’égalité des sexes et faite entendre nos voies je pense que ce type de situation ne s’arretera pas de sitôt et qu’il est normal qu’on ai des craintes. Je pense que ce que tu ressens est normale et tu n’es pas la seule (à moins d’être ceinture noire en judo). Le moindre « t’es charmante mademoiselle  » nous agace et nous dérange. Perso j’ai bien envie de leur mettre des patates mais je suis pas assez musclée. Alors nous promener seule le soir quand c’est désert provoque un malaise. Je comprend le taser même si c’est illégal c’est pas possible de laisser faire ce genre de violence.

  6. chubaka dit :

    Euh, il a pris du poids Georges ou quoi ? Je dis ça parce que je vois la petite photo en bas de l’article haha. Enfin bref, je pense que si on parle plus des agressions sexuelles, … c’est parce que c’est plus médiatisé qu’avant ( comme les krachs d’avions, les bateaux qui coulent, … ). Mais c’est une situation que toutes les femmes connaissent je pense que d’avoir peur en rentrant le soir chez soi alors qu’il fait nuit. Et autant le dire, ce n’est pas une situation normale, contrairement à ce que certains pensent.

    Tu m’as fait penser à un truc quand tu as parlé de cet article où une femme s’est faite violer 2 fois parce qu’elle « avait trop bu ». Beaucoup de personnes ont tendance à mettre la faute sur la fille plus que sur le violeur. Par exemple, quand on voit dans la rue une fille avec une jupe ou un haut un peu trop court on pense souvent  » Elle veut se faire violer ou quoi ? Elle a pas peur ». C’est un peu comme si on mettait la faute sur elle. En réalité, elle n’a pas à s’habiller pour éviter les phrases désagréables. Et comme tu dis je ne pense pas que les fringues fassent grand chose, quand un con a envie, c’est pas un pantalon ou une jupe courte qui va le gêner. La preuve, le nombre de fois où en allant à mon lycée j’étais en jean-blazer et où je me suis faite siffler, c’est vraiment désagréable. Le pire c’est quand même que mes profs n’étaient pas loin des fois et ils ne disaient jamais rien. Je veux pas dire, mais ce n’est pas un compliment que de se faire siffler.

    Enfin , je voulais dire que tu me rappelais un reportage que j’avais vu, ça se passer aux Etats-Unis où on fait croire aux jeunes filles que c’est de leur faute si elles se sont faites violer. Ça se passait dans des universités, où beaucoup de jeunes filles se font violer par leurs professeurs, certains exercent encore bien sûr. Dans ce reportage, certaines filles avaient dû changer d’université parce que la direction ne voulait pas virer le prof, et elles ne supportaient plus d’avoir cours avec lui. D’ailleurs, une certaine fille a parlé de son expérience. Elle était en sortir scolaire pour quelques jours, elle s’est faite attrapée par son prof et violée. Le lendemain, elle est allée voir sa professeure responsable, elle lui a dit qu’elle en parlerait avec le violeur ( nan mais la blague, c’est la justice là qui doit agir, pas parler avec le prof genre « Pourquoi tu l’as violée voyons c’est pas bien » ). Bref, le jour d’après, elle se croyait en sécurité, et le même prof l’a de nouveau violée. En rentrant du voyage, elle est allée voir l’équivalent de notre Scolarité. Devine ce qu’elle lui a dis la responsable ? « Comment tu étais habillée ? », « Est-ce que tu as dis non plusieurs fois et bien fort ? », « Est-ce que tu es sûre qu’il a compris ce que tu voulais dire? », « Ah, tu ne lui as rien dit » ( avec un air désapprobateur ), …

    C’est choquant, et ce n’était pas la jeune fille avec un témoignage pareil. Tout de même, on se dit qu’aux Etats-Unis, il y a des lois pour punir le viol alors c’est quoi cette mentalité. Je pense justement que le problème est la mentalité, on nous fait croire que c’est de notre faute si on « attire » les tarés. On arriverait presque à légitimer les agressions sexuels, et les agresseurs. C’est n’importe quoi !

    Pour la « blague », ces tarés n’ont vraiment pas besoin d’une jupe courte et d’un t-shirt blanc avec soutien-gorge rouge en dessous pour les exciter. Un soir où à Saint-Lazare il n’y avait plus de train, je devais attendre. Trois mecs se sont arrêtés et m’ont regardé à certains endroits, c’était tellement humiliant. Le pire c’est qu’ils se sont arrêtés pour regarder. Mais tu veux rire ? J’avais une robe noire hauteur genou avec un collant noir opaque et un manteau …

  7. Jack dit :

    Je me suis souvent dit que ça ne devait pas être facile d’être une femme. On entend trop souvent des femmes qui se font agresser verbalement ou physiquement. Il y a déjà un moment, une femme a fait un petit reportage : elle se contentait de se balader dans la rue et enregistrait les commentaires « à l’insu ». Je me demande si ce n’est pas suite à ça qu’on a commencer à essayer de voter des lois mais qui finalement ne donnent rien grand chose.

    Parfois quand je parle du sujet, je me fais pratiquement enguirlander parce que je dis les choses « crûment » : il n’y a rien à faire : l’être humain est un animal et, quelque part, c’est toujours la loi du plus fort qui règne. Physiquement, une femme est plus faible qu’un homme, donc il y a toujours des situations où elle sera la victime. On a beau faire tout ce qu’on veut, dans la société il restera toujours une part de « loi de la jungle ».

    Parfois, quand je croise simplement le regard d’une inconnue, je remarque qu’elle détourne directement les yeux et qu’il y a eu comme une « agressivité » dans son regard. Honnêtement, ça ne m’étonne pas quand on entend parfois rien que les conversations entre gens pourtant « civilisés ». J’ai horreur de ça : bien souvent il suffit qu’on dise bonjour à une dame qu’on connaît pour que dès qu’elle ne soit plus là les commentaires aillent bon train. C’est vraiment un manque de respect. J’ai une fois interpelé un collègue après une situation du genre. Il était tout étonné parce que pour lui c’est « normal ».

    Pour les hommes, c’est différent mais on peut aussi se faire agresser. Ca a été mon cas, il y a déjà pas mal d’années. Je me suis retrouvé à l’hôpital et j’ai eu 7 semaines d’incapacité de travail. C’est bien sûr passé au tribunal, mais c’était des « jeunes » et les parents étaient insolvables. Donc, je n’ai jamais eu un cent de dédommagement. Après ça, pendant des mois, j’ai eu une appréhension chaque fois que je croisais un groupe de plus de 2 personnes. Ca a fini par passer avec le temps. Je m’étais même procuré une petite bombe lacrymogène. Heureusement, je n’ai jamais eu à m’en servir car si je m’étais de nouveau fait agressé et que l’individu se serait retrouvé à terre à moitié aveuglé, je suis sûr que je l’achevais à coups de pieds. Sûr et certain ! Et je serais encore en prison…

    Il y a heureusement des situations plus plaisantes : une de mes collègues s’est un jours faite agresser en pleine rue. Elle a été mal arrangée mais quand la police est arrivée et lui a demandé où était son agresseur, elle a répondu : « dans l’ambulance qui s’en va ! » Authentique : le salaud avait commis une grave erreur : il l’avait mis à terre mais en voulant lui prendre son sac à dos, il l’a relevée. Alors, avec l’adrénaline, elle s’est retournée, lui a flanqué un bon coup de genou où tu devines et ensuite lui a empoigné les cheveux et a commencé à lui flanquer la tête contre le mur jusqu’ à ce qu’on l’arrête : l’autre con en a eu pour un moment à l’hôpital…

    Pour le reste, ce que je pense des femmes qui s’habillent sexy : je trouve que ce n’est nullement de la provocation, qu’elles ont bien raison et que ce n’est pas une raison pour se faire agresser. Si des gens ne comprennent pas ça, c’est qu’ils doivent se faire soigner.

    Plus on respecte une femme et plus on s’en fera une vraie copine sympathique. « Copine » au sens premier du terme sans aucun sous-entendu.

  8. Olivia dit :

    Tout simplement MERCI pour cet article..! Je ressens exactement la même chose. Je m’habille comme je l’entend mais si je me retrouve seule dans la rue j’ai la peur au ventre qui ne me lâche pas tant que je ne suis pas arrivée à destination… J’ai essayé d’en parler un peu à mon copain. Il n’a pas l’air de comprendre ou de réaliser je ne sais pas. Je crois qu’il n’arrive tout simplement pas à s’imaginer ce que c’est cette sensation de peur qui te tord le ventre, qui fait accélérer ton pas et serrer très fort ton telephone, prêt à appeler n’importe qui pour hurler à l’aide. Je crois que les choses n’arriveront à changer que grâce à nous, à l’éducation qu’on donnera à nos fils et en continuant de faire entendre notre voix sur les réseaux sociaux.
    En tout cas j’espère un jour pouvoir marcher dans la rue sans me soucier de ces regards et sans essayer de descendre ma jupe alors que je sais qu’elle n’est même pas vraiment courte !

  9. Meryl dit :

    Encore un super article !
    Il faut vraiment que je prenne le temps de venir commenter tes articles parce qu’ils sont vraiment super. Tellement honnête ! Je trouve que ça manque sur le blogosphère. Tu arrives à faire quelque chose qui sort du lot et vraiment, je t’en félicite.

    Pour ma part, je suis parano, tout le temps. Quad je vais courir, je suis inquiète de ce qui pourrait arriver, quand je sors dehors seule aussi, quand j’attends dehors quelque. Je suis inquiète tout le temps. Et quand des gars font des commentaires déplacés, je me dépêche d’avancer et baisse la tête comme si finalement, c’était ma faute. De quoi suis-je fautive ? Sincèrement je n’en sais rien puisque je ne suis pas provocante, je ne m’habille pas comme je l’aimerai, ne me maquille pas beaucoup. Alors finalement, est-ce que je me sens coupable d’être une fille tout simplement ? Je ne sais pas, mais j’ai peur quand même. Je voudrais répondre, mais j’ai peur de dire quoi que ce soit car comme toi, je sais que je serai incapable de me défendre. J’envisage même de prendre des cours de self défense, au cas ou. Comme quoi, ça prends des proportions énormes.

    Pleins de bisous !

  10. Emmy dit :

    C’est le premier article que je lis sur ton blog. Je te suis sur Instagram depuis un petit moment maintenant mais je n’avais jamais eu la curiosité de venir faire un tour ici. A vrai dire, c’est ton Tweet qui m’a intrigué, je me suis demandée ce qu’il se cachait derrière cet article. Donc je suis venue le lire.
    Je comprends ce que tu ressens, je suis la première à ne pas vouloir sortir en ville, je préfère largement les soirées chez mes amis, car je sais que j’ai moins de risque de tomber sur un fou furieux. C’est bête, je le sais, parce que ça me met en mauvais rapport avec certaines personnes mais je ressens un réel blocage. J’ai peur. Peur de prendre le bus toute seule le soir, peur de sortir en ville le soir, alors même que je suis avec des gens. Je trouve ça idiot en fait, parce que bon, il y a qu’un infime risque que quelque chose arrive mais je ne parviens pas à calmer ce sentiment qui est en moi. Et je ne sais même pas d’où il vient… Peut être de mon côté casanière, je ne sais pas…
    En tout cas, je comprends ton article. Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’aider les gens n’apporterait sûrement que du positif dans ce monde qui en a cruellement besoin. Mais je crois aussi que plus le temps passe, plus les gens ont peur, de tout et de n’importe quoi. Les médias ont probablement un rôle là-dedans, à force de relayer toutes ces histoires sordides. Mais que peut-on y faire ? Alors oui, c’est malheureux de voir que désormais, l’entraide n’est plus habituelle dans notre quotidien.
    Pour ma part, je ne me bloque pas quand il s’agit de porter des robes, des jupes ou des shorts. Mais je t’avoue que je pense au regard des gens quand je marche dans la rue. Et il m’arrive parfois d’adapter mes tenues en fonction de mon moyen de transport : si on peut me déposer, ce sera la robe. Sinon, si je dois marcher dans la rue, je vais plutôt opter pour un pantalon. C’est tellement bête d’en arriver là…
    Je me suis un peu emballée dans ce commentaire mais je trouve ton article très intéressant, très vrai et très honnête. Je reviendrai, c’est promis <3

  11. Kyoku57 dit :

    Article assez inquiétant mais qui malheureusement s’ajoute à tant d’autres sur le même thème. Je pense en tant qu’homme, que la moindre agression sexuelle devrait être punie de la castration. C’est extrême mais une bonne partie du problème est réglé quand on nous retire nos attributs. Nous le faisons bien aux chats et chiens pour éviter de subir leurs trop plein d’énergie agressive. Cela devrait s’appliquer à l’homme.

    Il n’y a pas que les femmes qui ont peur. Les pères de famille aussi, et quand je vois comment cela se passe pour certaines « filles », je crains pour la mienne.

    Elle est encore trop jeune pour subir ce genre de harcélements mais j’appréhende le moment où cela arrivera (collège, lycée, transport) et j’avoue qu’à l’heure actuel, je n’ai aucune idée de comment la préparer à ça (et si cela est normal de devoir le faire ???)

    Lui apprendre à faire croire qu’elle se laissera faire pour mieux briser les couilles de son assaillant au dernier moment et pouvoir s’échapper ? (faut savoir gérer son stress et être sûr que ça marche … ce qui n’est pas garanti)

    Lui apprendre à utiliser un Tazer ou une bombe lacrimo ? (pas légal mais bon, ça a fait ses preuves …)

    Rétablir le port de la ceinture de chasteté ? (quelle horreur … et pendant qu’on y est, le voile .. histoire de déplacer le problème)

    L’équiper en caméra, micro, GPS et alarme 100dB pour qu’elle puisse déclencher l’alerte dès qu’une agression se profile ? (la femme objet … elle sonne .. mais ça peut être dissuasif)

    J’ai peur car je n’ai pas de solution.

    Triste monde.

  12. Lily dit :

    Tu as déjà peur de l’IDEE de te faire agresser, alors comment penses-tu que tu réagirais si quelqu’un se faisait agresser devant toi ? Tu vas me dire que irais héroïquement à son secours peut-être ?
    C’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité, je trouve ça très hypocrite de jeter la pierre à ceux qui ne réagissent pas, je cautionne pas hein qu’on soit d’accord, mais dis toi que ces gens là on peut-être la peur de se faire agresser à leur tour, ta peur.
    Cordialement

    1. dollyjessy dit :

      C’est déjà arrivé, j’ai hurlé pour faire peur au mec en attirant l’attention, parfois ça suffit. Je précise que physiquement je suis complètement désarmée, en étant une femme face à un homme on n’a peu de chance de prendre le dessus, en tout cas moi donc non je n’interviendrai pas physiquement moi même… Mais là je faisais surtout allusion aux hommes dans un métro bondé qui ne bougent pas face à un homme qui serait trop insistant avec une fille. Je ne parle pas d’un psychopathe qui aurait une arme, ou d’une agression en pleine nuit, je parle bien des endroit fréquentés. Non la plupart du temps les mecs qui nous font chier dans les transports sont des petits branleurs ou des mecs bourrés qu’il serait aisé de sortir en s’y mettant à plusieurs, ou qu’on peut simplement intimider. Mon mari D. a déjà frappé un mec dans le métro parce qu’il était irrespectueux avec une fille, à chacun de savoir utiliser son cerveau pour juger du danger d’une situation.
      Dans l’article je parle notamment de faits divers où des filles subissent des attouchements sans que personne n’intervienne bien qu’il y ait foule. Appuyer sur une sonnette d’alarme ça coûte quoi ? Donc non je ne suis pas hypocrite, j’évoquais des cas de figure spécifiques et j’ai dévié sur l’entraide de manière générale. Et en l’occurence je dépose des personnes âgées depuis que j’ai mon permis, j’ai déjà déposé une femme qui m’a demandé à un feu rouge de la déposer chez son fils, je fais parfois des courses pour les sans-abris ou je démarre une conversation avec eux pour leur permettre de créer aussi du lien social. Bref, mon but n’était pas de citer publiquement mes bonnes actions mais je ne pense pas faire preuve d’hypocrisie. Même si j’admets porter un jugement dans mon article, libre à chacun de ne pas l’approuver. Et je finirai en précisant que la peur ne m’empêche pas d’agir, j’ai « peur » mais je ne m’empêche pas de vivre. J’ai peur de perdre mes proches, ce n’est pas pour autant que je les enferme pour les préserver… Le courage est d’ailleurs un thème redondant dans mes articles, j’espère que tu en liras certains. Merci pour ton commentaire qui alimente un peu le sujet, et désolée pour le mien qui fait 3 km ^^

      1. lison dit :

        ce sentiment, je le connais si bien. Quand tu arrêtes quasiment de respirer à plus de 21h quand tu passes devant deux types, quand tu baisses la tête, avec l’espoir que personne ne s’aperçoive de ta présence. Et les gens…une fois, un type dans le métro se montrait ultra lourd avec une fille, elle ne réagissait pas, et il allait pour lui mettre la main sur la cuisse. Mon père intervient, a réagi très vivement…apparemment un peu trop aux goûts de certains qui ont traité mon père de fou. La fille en question lui a même dit « mais il n’était pas méchant »!!!! un peu plus et c’est pour mon père qu’on appelait la police! Merde quoi. Il a répondu à la fille (qui le regardait limite avec effroi) de s’imaginer avec le même homme, quasi seule dans le RER à 1h du matin. Mon père, ce héros, qu’on a insulté pour avoir refusé cette indécence, ce manque de respect parce c’est mieux de faire comme si de rien n’était, plus agréable pour lire son journal, dédramatiser une situation qui aurait pu être un drame.
        Donc voilà, tu défends quelqu’un, tu utilises un taser, et c’est toi qui paies

    2. Regina dit :

      Deep thought! Thanks for cotnuibrting.

  13. Aurore L dit :

    J’ai été tellement traumatisé à Paris, que les premiers mois où j’ai vécu en Finlande, j’évitais de sortir le soir pour ne pas rentrer seule. Il a fallu de nombreuses discussions et beaucoup de mots rassurants de mes collègues, amis pour que finalement je me décide à affronter ma peur et à rentrer seul à 4h du matin en transport en commun. Mais en général rien ne mets jamais arrivé là bas que se soit le jour ou la nuit.

    Lorsque je lis un article sur harcèlement de rue, une question survient toujours que faire ? Que faire lorsque l’on voit une agression ou que le danger est imminent pour nous ? Je me pose surtout la question sur les transports en commun, alors qu’il y a du monde, qu’on est dans un endroit clos , j’aimerais qu’il est une solution au moins ici …

  14. Clémentine dit :

    C’est fou comme je me retrouve dans tes lignes mais que ce n’est plus de la peur que j’ai face à ce sujet, peut-être parce que je me suis formée une sorte de carapace qui me protège. J’ai vécu des situations qui pourraient être considérées comme un harcèlement de rue. Toutes auraient pu en devenir une mais j’ai eu de la chance pour l’instant. Je ne sais pas si c’est que j’ai dit, mon attitude ou si finalement le type était pas une si grosse pourriture. Peut-être que l’espace d’une seconde il a retrouvé un brin d’humanité, de bonté. Je ne dis pas que je crois qu’il n’y a que blanc ou noir. On est tous un peu gris mais je pense qu’on a la volonté de choisir un côté ou l’autre. Sartre disait que l’on peut toujours choisir, toujours. Même quand on dit « je n’avais pas le choix ». Si, le choix de pas le faire. Depuis que j’ai lu ce texte, c’est resté mon état d’esprit. Depuis que je travaille dans le milieu social, je me rend compte que si on arrivait tous à avoir cet esprit d’entraide et de solidarité, les situations comme ça n’arriverait plus, parce qu’on n’hésiterais plus à intervenir dans la rue pour empêcher ces mecs là. On a le choix de prendre ce chemin là et arrêter de vivre dans sa bulle, centré sur son nombril. Bref, je crois que je pourrais encore en dire beaucoup et si jamais tu veux continuer la discussion sache que c’est avec plaisir. Tu as mon adresse mail, n’hésite pas.

    (J’ai enfin décidé à commenter, j’hésite toujours sans avoir osé, va savoir pourquoi, pourtant je bloggue moi aussi. Mais merci pour tes articles, ils ont toujours pleins de sens pour moi).

    A bientôt.
    Clémentine.

  15. Lou dit :

    Bonsoir Jessica,

    Je viens régulièrement sur ton blog que je trouve vraiment très bien fait et je dois dire que je ne laisse que rarement des commentaires (je n’y pense pas toujours à vrai dire mais je devrais plus souvent le faire…).
    Ton texte m’a particulièrement touchée alors je veux réagir.
    Je n’ai jamais été sexuellement agressée. J’ai cette chance je crois.

    En revanche, je me fais très souvent abordée par des hommes, qu’ils soient jeunes, vieux, blanc, black etc. Pourtant, je tiens à le préciser, je suis loin d’être « une bombe » et surtout je n’habite pas Paris mais une ville à taille humaine (en Bretagne, c’est pour dire…). Je ne mets quasi pas de robe pour sortir ni pour aller au travail pour cette raison (et aussi parce que je marche beaucoup donc j’aime être à l’aise). J’aime pas me faire « emmerder » ni devoir me justifier. C’est la facilité, c’est vrai même si dans le fond ça ne me dérange pas tant que ça.

    Quoiqu’il en soit, je crois que tu touches un point sensible car il me semble que cette situation arrive à toutes les femmes, partout dans le monde et peut provenir de tout homme : l’âge, la couleur de peau, la religion, l’éducation ou tout autre critère discriminant n’a aucune incidence. Je travaille dans le milieu du droit, je fréquente donc des « personnes » qu’on ne soupçonneraient être aussi misogynes (surtout si on travaille dans les Droits de l’Homme) et pourtant, ils le sont tout autant que n’importe qui. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai eu une remarque déplacée et où on m’a franchement fait ressentir que je devrais être « flattée ».

    Le harcèlement de rue, la drague non désirée, les remarques sexistes sont une réalité. Il faut les dénoncer et les combattre.

    Encore merci pour cet article.

    Excellente soirée à toi,

    Lou.

  16. Charlotte dit :

    Quand je vivais à Rennes, j’ai déjà eu plusieurs remarques déplacées, mais je n’ai jamais ressenti cette boule au ventre, cette peur de prendre telle ou telle rue le soir.
    Depuis que je vis en région parisienne, je me suis fait coller dans le métro par un mec (même pas en période de pointe), je me suis fait suivre en rentrant chez moi en plein jour alors que j’étais habillé comme un sac à patate car j’allais juste faire des courses…
    J’ai une amie qui s’est fait toucher les fesses dans le métro car « bah t’as un short ! »…
    Et clairement si je ne mets plus de jupe c’est 50% parce que j’aime pas mes jambes mais aussi 50% car je redoute les remarques ou les situations énoncées plus haut. Je ne devrais pas, mais l’envie d’être plus tranquille prend le dessus.
    Joli article en tout cas.

  17. Clara dit :

    Tu mets des mots sur ce que je ressens ..
    A 20 ans j’ai peur d’aller en boîte, d’aller dans les bars, de rentrer chez moi s’il fait nuit .. Parce que oui on est toutes victimes de ce genre d’ « hommes » (si ce sont encore des hommes ..).
    Un soir en boîte un mec a voulu m’étrangler car je refusais de danser avec lui.
    Et toutes ces choses horribles qu’on entend aux actualités ..
    Alors oui j’aimerai bien que ça cesse, que les mecs bourrés dans la rue sachent fermer leur gueule, que ceux à qui on refuse une danse en boîte n’insistent pas, et que ceux qui ne voudra pas que cela arrive à leur fille, leur compagne, leur sœur ne le fassent pas.
    Mais on ne se sent pas en sécurité. J’ai même fais de la boxe, pour me rassurer. Histoire de se dire qu’on peut un minimum se défendre face à un homme en pleine rue.
    Et j’aimerai, oh oui j’aimerai que tout ceux dans les transports ou dans la rue se lèvent et crient quand une personne se fait agresser. L’effet de groupe effraie toujours.
    Oui oui j’aimerai un monde de Bisounours .. Mais bon on nous apprend à rêver nan ?

  18. Lue dit :

    J’aurais aimé te dire que non je ne ressens pas cette peur … Et pourtant … Même en plein jour , même en compagnie de mon ami j’ai peur. D’autant plus que comme toi plus jeune je me suis mise dans des situations plus risquées. Pourtant, si un jour je me fais agresser , j’espère etre tétanisée mais apres , sur le moment j’espère que je réagirais que je saurais me défendre ou en tout cas faire mal pour défendre ma liberté de vivre comme je le veux et moi-même.
    C’est pour ça que maintenant je fais attention dans le tram aux autres filles, aux personnes qui m’entourent , je ne pense que je laisserai une fille ou autre se faire emmerder, je ne suis pas grands je prendrai un revers surement mais tant pis , s’il ne m’assomme pas je me relèverai et je défendrai ceux que je pense etre juste .

  19. Gema dit :

    Comment je te comprends Jessy, je ne pourrai pas m’exprimer mieux.
    Je suis une fille qui aime porter des vêtements féminines, me maquiller, bref soigner mon image… Pourtant ici à Paris, et je dis Paris parce que je suis espagnole et je peux dire que là-bas ce n’est pas pareil, bien sûr qu’il y à ce genre des « personnes » comme partout mais au moins on peut s’habiller comme on veut sans se sentir en danger et observées pour tous les mecs qu’on croise. Ici à Paris je ne m’habille pas de la façon que je voudrais pour peur; peur du harcèlement, d’écouter des commentaires des autres, des regards, de qu’on me parle et ne pas savoir quoi faire et surtout comme tu bien dis peur que ça aille au delà des paroles.
    Si je compte de rentrer tard le soir je ne porte jamais de jupe et encore moins de talons, et c’est dommage, parce qu’on à qu’une vie, la jeunesse passe vite et c’est triste d’être conditionnées jusqu’à ce point-là. Maintenant je suis arrivée à un moment où j’essaie d’éviter de prendre le métro toute seule pour rentrer et du coup beaucoup de fois je décide directement de rester à la maison.
    C’est dégueulasse et malheureusement je pense qu’il va falloir beaucoup de rééducation de la société pour que les choses arrivent à changer… Entretemps on continuera a être le sexe faible qui se fait harceler et violer dans la rue pour porter des jupes trop courtes ou avoir trop bu et les gens trouveront la situation normal et réagiront avec son indifférence.

    1. Iru dit :

      Je suis Espagnole aussi mais je crois que en Espagne c´est exactement pareil. Quand une fille se fait agresser (je n´aime pas trop ce façon de dire en français, se faire agresser, se faire violer …) on dit souvent qu´elle l´avait cherché, parce qu´elle avait bu, ou qu´elle avait un decolleté et un mini jupe, ou parce qu´elle marché toute seule dans la nuit et alors …

      Le mois dernier, dans ma ville, pendant les fetes, que durant 9 jour est plein de gens partout jour et nuit, une fille a été violée en plein centre ville, dans l´entré d´un batiment par 5 individus qui en plus ont tout enregistré. Heureusement qu´ils sont été rétrouvés le lendemain. C´est difícil a croire que cinq personnes puissent se mettre d´accord pour réaliser un acte si monstrueux.

      Je suis d´accord avec toi Gema que c´est par l´éducation qu´on pourrait arrive a changer ça un jour.

      Jessica, j´adore toujours lire ce que tu écris.

      1. dollyjessy dit :

        Comme quoi, je ne pensais pas qu’en Espagne c’était aussi grave qu’en France ! Merci beaucoup, je suis très contente que tu aimes me lire, ça me touche ;) A bientôt j’espère.

  20. JessicaB dit :

    Ça fait longtemps que ça ne m’est pas arrivé de me faire « interpeller » par des « porte-couilles » (car ce ne sont pas des hommes ceux qui agissent ainsi), j’ai vieilli (j’approche des 48 ans), je n’habite plus en ville, j’ai beaucoup grossi et enfin je m’habille de manière plutôt masculine.

    J’ai connu, à presque 20 ans (en 1988), ce que j’ai longtemps appelé « l’incident » (en fait j’ai été attrapée par 5 gars et pendant que 4 me tenaient, je vous laisse imaginer ce que faisais le dernier…). Oui j’ai été violée. Il m’a fallu 28 ans pour arriver à dire ce mot ! et une quinzaine d’années pour parler de « l’incident ». Maintenant je suis en paix avec ça, je vois un psychologue depuis quatre ans.
    Bien sur je n’ai pas porté plainte, j’avais trop honte. C’était de ma faute pensais-je ! (le monde à l’envers).

    Malgré mon gabarit de rugby-woman (1m76 pour 105 kgs) si on m’agresse je ne suis pas de taille à me défendre car je n’ai que très peu d’influx nerveux (dû à des problèmes neurologiques dû eux-mêmes à une déshydratation avant mon premier anniversaire).

    Enfin bon, j’ai dis que je suis en paix mais si je pouvais leur mettre la main dessus, j’irais pas porter plainte mais j’irais probablement avec deux copains bien costauds et des gourdins bien contondants, car j’ai transformé ma peur et ma honte en haine (juste envers eux).

    J’ai tendance à rester figée quand on m’agresse c’est un réflexe malheureusement, mais j’espère que si ça venais à m’arriver à nouveau, j’aurai le réflexe de me défendre et de démolir mon ou mes agresseurs.

    Ceci dit donc même si je suis grande et costaude (seulement en apparence malheureusement pour le coté costaud), je reste vulnérable.
    Mais là où je ne le suis plus c’est que j’ai fini par choper un coté « kamikaze », non je l’ai pas chopé je l’ai sur-développé car avec la thérapie je me suis aperçue que je l’avais depuis mon adolescence.
    Et donc dans les cas où je ne me figes pas, je réponds du tac au tac sur le même ton, sachant pertinemment que si ça devient physique je suis foutue. Mais tant pis.
    Et pourtant je suis pas du tout suicidaire, bien au contraire.

    Enfin je peux pas me mettre à la place des autres, et encore moins des autres nanas petites et fluettes (quoique ce ne soit pas forcément un problème, ma sœur ainée fait 13cm et 50 kgs de moins que moi et elle me fout la pâté depuis notre enfance et elle a déjà allongé des mecs!), c’est clair que c’est un inconvénient ça fait plus « victime potentielle » :(

    De toutes façons contre le sexisme, le machisme, y’a qu’un truc qui pourra marcher.
    C’est l’éducation.
    Faut que les mères (pourquoi elles ? parce que ce sont elles qui s’occupent en majorité de l’éducation des enfants) cessent de dire à leur garçon qu’il doit être fort, pas pleurer, encourager son agressivité et lui faire croire que les femmes sont faibles et qu’elles ont besoin d’eux, lui autoriser des comportements qu’elle interdit à sa fille. Faut aussi arrêter de vouloir transformer les petites filles en princesses, ce qu’elles ne sont pas et ne seront jamais, elles sont des petites filles qui deviendront des femmes. Il faut encourager l’indépendance des filles, encourager leur prise de parole, leur confirmer qu’elles sont fortes, qu’elles n’ont pas besoin des mecs pour tout et n’importe quoi, qu’elles ne sont pas moins bien que les mecs, ni meilleures d’ailleurs. Quand l’éducation des gars et des filles se ressemblera, bien des écueils que nous vivons seront caducs.
    En attendant ce vœux pieux, faut lutter.

    Et faut toujours se rappeler que quand une fille/femme se fait agresser/violer, ce n’est jamais de sa faute ! C’est toujours la faute de l’agresseur. Arrêtons de condamner les victimes à la place des agresseurs.

  21. Emilie dit :

    Ah un article comme ça, me fait finalement du « bien », je vis au Costa Rica depuis 4 mois maintenant et limite je viens à me dire que je regrette les relous de la France… Ici je ne me peux pas faire deux pas sans me faire siffler comme on appellerait son chien, me faire klaxonner, on me regarde comme de la viande fraiche a manger et je ne parle pas des commentaires qui vont avec… Et pourtant j’ai décidé de rester féminine, d’une part parce qu’il fait trop chaud pour rester en pantalon ahah mais d’autre part et surtout pour ca, j’ai envie de continuer à m’habiller comme je veux, parce que j’aime mettre des petites robes courtes à fleur, des talons, et je veux continuer à me sentir libre d’être comme je veux; je ne veux pas penser à ces mecs grossiers lorsque j’enfile mes compensés et une robe courte. C’est dur au quotidien, je suis consciente que je prends des risques comme il y a deux semaines par exemple ou je faisais du sport dans un parc, il a commencé a faire nuit et normalement je rentre direct quand il commence a faire nuit, mais là j’ai décidé de tarder un peu et… un homme en est venu à se cacher derrière un arbre juste a coté de moi et à me dévisager, j’ai eu très peur, je lui ai demandé poliment de partir, heureusement il n’a pas cherché à faire davantage et est parti… j’ai éclaté en sanglots, je tremblais comme une feuille, à l’idée que si avait voulu, il aurait pu me violer dans ce parc… je l’avoue que je ne suis pas retourner dans ce parc depuis…. Pour autant; je n’ai pas envie de me priver de faire ce que je veux sous prétexte que des gros cons se permettent des choses très déplacées, mais je suis d’accord avec toi, il ne faut pas se cacher la face, et il faut prendre ses précautions, on ne peut pas nier la réalité mais je veux continuer à voyager seule comme je le fais et pouvoir être libreeeee !

  22. Sisco dit :

    Je viens d’une petite île où les hommes n’ont pas peur de prendre un coup, comme tu dis, pour défendre l’honneur de leur famille, de leur femme et de leurs amies.

    Quand je suis arrivée sur le continent, j’ai vu que les mentalités étaient bien différentes, et je crois que ça a été ça la plus grosse claque de ma vie d’ado…

    Je me suis faite agressée une fois à la sortie du collège: un gars 2ans plus jeune que moi se faisait agresser, j’ai voulu m’intéresser, me disant que du monde suivrait. J’ai fini roué de coups, pendant que parents et élèves regardaient, que personne ne bougeait, n’allait même chercher un surveillant.

    C’est dans ces moments là, qu’après, on a envie de devenir égoïste, de ne penser qu’à sa peau… Alors que si tout le monde réagissait, se rebellait, le pauvre gars, il aurait fini minable et surtout: grand jamais il ne recommencerait ça de sa vie !

    Quelques années plus tard, alors que je sortais de la maison des jeunes où je pratiquais une activité une fois par semaine (genre de la danse ou du chant… Bref OSEF), un grand gaillard a commencé à me malmener, pour une histoire d’heure et de montre. J’ai senti la panique monté en moi, parce que clairement je savais que je ne faisais pas le poids. Et il me suivait partout où j’allais, et il me criait de plus en plus fort dessus… Je suis rentrée dans le premier lieu ouvert un peu fréquenté que j’ai vu, une sorte de mini salle de concert. Le videur a vu la panique dans mes yeux, il m’a bien gardé avec lui le temps que l’autre fada se barre…

    Depuis, je l’avoue, j’ai peur. Je ne rentre plus très souvent seule, par transport en commun le soir. A partir de certaines heures, je choisis ma gare, je préfère prendre mon véhicule perso… Et je culpabilise.

    Oui, je culpabilise parce que avoir peur comme ça, c’est donner de la force et de l’importance à ces gros bâtards d’agresseurs. Alors que ceux qui devraient se sentir comme des petites m****, ce sont eux, pas nous!

    Mais comme tu le dis, vu qu’on est pas aidé ici, qu’à la limite la victime devient toujours responsable dans notre beau pays (#ironie) ben forcément, on se protège, on cherche des issues de secours…

    En tout cas merci pour ton article, je le sens moins seule à penser que bcp de personnes ne font preuve d’aucun courage en cas d’agression !

  23. Merci pour ton article!

    Personnellement, il ne m’est jamais rien arrivé (ouf) mais je ne suis jamais très rassurée quand je rentre seule en plein milieu de la nuit. Je sais très bien que si un homme m’agresse, je ne peux rien faire face à lui (avec mon pauvre mètre 52 et ma morphologie toute menue!)… J’ai même pensé à m’acheter un spray au poivre. Mais bon, il faut savoir l’utiliser en temps voulu et ne surtout pas se blesser avec!!! :) Et en situation de stress, ça ne doit pas être très évident!
    C’est sûr qu’il faut constamment faire attention, que ce soit la nuit ou le jour! J’ai une amie qui était dans le métro un matin et qui a surpris un homme se masturber à 5 cm d’elle. Elle a crié « non mais vous êtes fous! ». Le gars, super réactif a rangé son sexe et a fait comme si de rien était. C’est ma copine qui est passée pour une folle (le comble!!!)

    Pour réagir à ce que tu disais, c’est vrai que les hommes n’ont plus de couilles mais je pense qu’il y a aussi des raisons. A Rennes (je viens de Rennes) il y a quelques années, il y a des tarés qui se sont mis à menacer des jeunes sur une terrasse de bar avec des sortes de barres de métal. Il y a un mec qui lui pour le coup, avait des couilles. Il est allé défendre les autres s’est pris un gros coup de barre de métal. Il en est mort… Est-ce que les hommes aussi ont peur? Au final, ce sont aussi des êtres-humains comme nous. Eux aussi se sentent peut-être impuissants face à toute cette violence?

    Sur ce, je te souhaite une belle journée!
    Bises

    Julie, Petite and So What?

  24. Lea dit :

    Merci pour ton article et ne t’inquiète pas tu n’es pas la seule à devenir parano suite à tous ces petits faits de tous les jours (un regard insistant, un mec que tu croise qui te lance une réflexion, etc) qui finissent par devenir une grosse boule géante insupportable …
    J’ai toujours été flipette parce que je lis trop les fait divers … Mais comme tu le dis je pense qu’ils sont encore plus exposés qu’avant dans les médias et qu’en grandissant on prend plus conscience des choses. Et à force de me poser les mêmes questions du genre « je fais quoi si on m’agresse » je suis une boule de nerfs dans le métro et le matin (surtout en été) je me demande ce que je vais pouvoir mettre pour ne pas avoir à subir des regards bizarre ou des commentaires…

    Il y a surtout deux choses qui m’énerve aujourd’hui : qu’on soit obligée, en tant que femme, de se conditionner à une société qui ne nous respecte pas. Finalement nous sommes faussement libres de porter ce que l’on veut, de boire autant qu’on veut, etc car nous seront toujours jugées s’il nous arrive quelque chose
    Et de culpabiliser d’avoir peur … De me priver de sorties entre copines pour ne pas avoir de prise de tête …

  25. Laurie_B dit :

    Je ne pense pas que tu la seul a devenir « paranoïaque ». A seulement 16 ans je voit comme certain garçon peuvent nous reluquer au lycée ou dans la rue quand on décide de mettre un petit haut un peu court , une jupe ou même une robe.
    Dans ma famille je m’aperçois parfois que mes oncles ou cousins ne se rendent pas compte combien il leurs arrive de dénigré les femmes et filles.
    Aujourd’hui j’ai parfois l’impression de me retrouver dans une société qui ne nous respecte pas en tant que femmes ou filles. Car au final nous seront toujours jugées.
    Je suis encore jeune alors je ne sort jamais seule tard le soir, enfin pour rentrer le soir de cours ou du sport je ne suis toujours très rassuré quand la nuit commence a tomber même en pratiquant un sport de combat.
    J’en viens a pensée que lorsque l’on est une femmes notre société nous pousse a cette paranoïa.
    Bise et belle journée.

  26. Aurélie dit :

    Comme toi Jessica, une de mes plus grandes peurs c’est de me faire agresser sexuellement. Il ne m’est pourtant jamais rien arrivé de grave pour l’instant (je touche du bois) mais j’ai cette peur en moi qui ne veut pas partir. J’essaye de prendre sur moi mais j’avoue que quand je sais que je dois sortir toute seule et prendre les transports, je ne m’habille pas de la même façon que lorsque je sors avec Dan ou alors je porte un manteau long. C’est tout de même triste de devoir en arriver là…

  27. Dididesbois dit :

    Je reviens d’un mois passé à Cuba, et là bas le harcèlement de rue c’est du très haut niveau si je puis dire… Paradoxalement, c’était tellement constant et vulgaire que j’ai fini par enfin réagir, assez rapidement, chose que je ne faisais pas dans ma propre ville (Bordeaux) ! J’espère être vaccinée pour un moment et toujours réagir à présent, de retour en France, car oui, les hommes ne s’attendent pas à ce qu’on réagisse, et je me dis que si toutes les filles réussissaient à dépasser leur peur, au bout d’un moment ça deviendra anecdotique et pas constant, merde on n’est pas des paillassons !!! Courage les filles <3

  28. Kariana dit :

    J’ai tellement tendance à attirer tous les tordus du monde lorsque je me promène seule (et ce même lorsque je fais 10 mètres pour aller faire mes courses -_-) que mon homme a fini par m’offrir un couteau.
    Pourtant je suis à des lieues de m’habiller « comme une pute » et d’être aguicheuse, comme quoi oui, ça arrive à tout le monde et la tenue n’a rien à voir. Juste des gens qui se sentent forts en s’en prenant à quelqu’un qui leur paraît plus faible. Je dis bien « paraît » car je me suis défendue plus d’une fois et je pense que les types en question s’en souviennent ^^

  29. Justine dit :

    Je ne commente jamais tes articles (et pourtant qu’est ce que je les aimes), mais là, je n’avais pas le choix. J’ai acquiescé chaque phrase, chaque paragraphe, et chaque pensée que tu nous exprime tellement bien. Je n’habite pas du tout à Paris, mais ce genre de mecs, ce genre d’insultes, de comportement, et d’insécurité, c’est ce qui me fait ne plus aller visiter notre capitale…Et pourtant même dans ma petite ville le soir je n’ose pas sortie seule… On pense bien souvent qu’à plusieurs « aucun risque » mais un soir avec 5 de mes copines, donc 6 filles, une sacrée bande quand même, nous nous étions faites suivre par des types en voiture alors que nous étions à pied, et je n’ai jamais eu aussi peur… Les commentaires douteux, ça va, on les ignores, on a l’habitude… Mais ça…. Et ce qui me gonfle le plus, ce sont tout ces gens (encore pire quand ce sont des femmes), qui osent dire « mais regarde aussi comme elle s’habille elle l’a cherché », « ouai mais elle était seule dans la rue le soir, quelle idée aussi! », une jupe par ci, des talons par là, j’ai juste envie de dire STOP ! Et je précise que ce fameux soir ou nous nous sommes faites suivre, nous étions habillés en jean et basket… donc comme quoi ! Je vais essayer de m’arrêter là mais ce genre de sujet me révolte tellement…. En tout cas merci d’en parler, et merci de BIEN en parler ! <3<3

  30. Ton article me parle , et doit faire écho à de nombreuses femmes/filles je pense.
    Le harcèlement de rue est devenu quelque chose de tellement banal maintenant.
    Je suis comme toi, quand je me balade dans la rue , j’ai peur.
    Peur qu’on m’agresse pour un regard , qu’on me viole pour un décolleté trop prononcé , ou parce que j’étais là au mauvais endroit au mauvais moment…
    Je suis rarement seule dans la rue, j’ai toujours mes enfants avec moi. Certains hommes ont tellement peu de respect qu’ils se permettent de me faire des réflexions à caractère sexuelle devant eux ou de m’insulter…
    Que dois je dire à mon fils de sept ans dans ces moments là ?

    Les mentalités doivent évoluer au plus vite, c’est une urgence. Non la femme n’est pas l’objet sexuelle de l’homme. Non nous n’avons pas à subir les regards lubriques et les commentaires mal placés de pauvres types qui se pense drôle.
    Peu importe l’heure qu’il est ou l’endroit.
    Sinon je ne sais pas quel sera l’avenir de nos filles…

  31. milieblop dit :

    Très bon article ! « Un de plus » oui mais « un de plus qui compte ». Chaque intervention, qu’elle soit petite ou grande et est importante pour faire avancer la lutte !

    Perso, je ne vis pas vraiment dans la peur. Sauf les quelques fois ou je me rend sur Paris et ou j’en prends plein la gueule aussi Je vis dans une petite ville de province. Je n’ai pas à prendre de transports en commun (ils sont quasiment inexistants ici de toute manière). Il n’y a pas énormément de monde dans la rue, surtout le soir venu. Il y a évidemment un lot de gros débiles mais je peux m’habiller comme je veux et sortir à l’heure que je veux, seule ou non.

    Je me rend compte que c’est quand même un sacré luxe à l’heure d’aujourd’hui, que de pouvoir circuler librement, sans la boule au ventre !!
    C’est aussi pourquoi je suis pleinement féministe et que je lutte pour que chaque individu homme ou femme puisse vivre paisiblement, sans peur. J’essaye de sensibiliser les gens autour de moi (et c’est pas gagné, aussi bien du coté des hommes que des femmes). Pour le coup il y a bien que mon chéri qui est à fond dans ma cause féministe aussi :)

  32. Adeline dit :

    Bonsoir!

    Je suis totalement d’accord avec toi, je ne supporte plus d’entendre ces horribles réflexions « elle s’est fait violé mais en même temps elle avait une jupe courte » ha bah oui pardon le monsieur est excusé! Ça me choque le nombre de personnes qui pensent comme ça, soit ils sont cons, soit ils n’ont aucune part de bonté ou de compassion mais c’est aberrant!
    J’ai moi aussi un moment arrêté de mettre des jupes et des robes mais pas vraiment pour ces raisons de harcèlement. J’ai eu très peu de chance concernant mes relations avec les garçons, je suis très souvent tombée sur des mecs qui voulaient juste s’amuser (et pourtant je ne fais pas du tout vulgaire) alors j’ai pensé que c’était parce que je m’habillais fémininement, ce qui est complètement ridicule. Donc j’ai arrêté les habits trop féminin, je sortais qu’en pantalon. Et c’était la période ou on commençait à voir beaucoup de débats sur les harcèlements, les viols etc et ça m’avait tellement énervé que les gens pensent comme ça (même à mon travail!!) que j’ai recommencé à m’habiller comme je voulais et à mettre plus souvent qu’avant des jupes et des robes, une façon pour moi de les emmerder! Maintenant je me sens mieux, je m’habille comme je veux et c’est un peu une sorte de revanche pour moi, je n’ai plus aucune envie que ce soit l’opinion autres qui dirigent ma vie!

  33. Aurélie dit :

    Je suis contente que tu aies écrit cet article, je suis du même avis que toi et je pense que nous sommes nombreuses. Moi aussi j’ai cette appréhension quand je porte une tenue féminine, rien de particulièrement vulgaire ou sexy, parce que je sais que j’aurai droit aux regards insistants et aux commentaires insultants, si bien que, même si j’adore ça, je ne porte généralement des robes ou des jupes que quand je sors avec mon copain… Combien de fois m’est-il arrivé d’avoir peur en marchant seule dans la rue le soir en rentrant chez moi ? Bien trop souvent.
    C’est tellement pitoyable qu’on puisse se comporter comme ça avec une femme aujourd’hui… et surtout, sans réaction de la part des autres.

  34. Olia.K dit :

    Salut!
    Je n’ai pas grand chose à ajouter : ton article a été vraiment très complet à ce sujet. Je peux juste te dire, que peu importe notre manière de nous comporter ou de nous habiller, les petits commentaires ou des approches, ou des regards bien sales il y en aura toujours. Je m’habille rarement en robe/jupe moulantes (malheureusement mon physique ne me permets pas, mais j’y travaille), en preferrant plutôt des leggings et des chemisiers, mais je t’assure, des commentaires et des approches dégueulasses je les subis depuis l’âge de 14 ans.
    Je ne veux pas paraitre méchante ou irrespectueuse envers qui que ce soit, mais à mon avis, il est d’ordre d’un cliché pour les hommes de voir une femme comme un jouet ou un beau meuble, qu’on peut s’approprier. Il est très difficile de prouver le contraire de nos jours. Et pourtant, j’essaie de le prouver tous les jours, que ça soit à moi même ou à mon entourage.
    Ce genre d’agressions dans la rue peuvent arriver à n’importe qui, il faut regarder la vérité en face. Oui, ça fait peur. Oui, si on est prise de panique, on saura rarement quoi faire. Mais c’est aussi pour ça, que dans ce genre de situations, même si elle est horrible, il faut savoir garder son sang froid, c’est très important. Et aussi, il faut être prête à tout en tant que moyen de défense, que ça soit courir, se débattre ou même de déchirer ses parties avec non dents s’il le faudra.

  35. Lea dit :

    Comme je te comprends. Je suis du genre à marcher vite dès que je suis seule dans ma rue, qu’il fait sombre, qu’il y a quelques bars plus bas et plein de garçons déchirés (ou pas) qui y vont de leurs commentaires et insultes. J’ai toujours mes écouteurs sur les oreilles mais le son très bas quand je suis seule dans la nuit pour justement guetter le moindre bruit. J’ai plusieurs fois eu vraiment peur car je suis du genre à répondre alors que je devrai me taire. Et toujours inquiète quand mes amies rentrent seules en métro quand on a bu quelques verres. Mais il ne faut pas que cette peur nous empêche de vivre, de sortir et de s’habiller comme on veut. Ça jamais! Il est surtout temps qu’on soit tous attentifs les uns les autres et s’aider quand on voit le danger arriver. En tout cas moi, ton article me parle.

  36. Anaïs dit :

    Et j’ai oublié : « ces choses-là » (manque le trait d’union) ;-)

    1. dollyjessy dit :

      J’en laisse quand même un pour te remercier, le fait d’hiver, c’était drôle ahaha :)

  37. Margaux T dit :

    C’est une peur que je connais et qui s’est intensifiée avec le temps et les expériences. Des fois je me demande si ce n’est pas le fait d’avoir un copain depuis plusieurs années et d’avoir pris l’habitude d’être plus souvent accompagnée qui fait que je me sens plus en insécurité les fois où je suis seule. Quand j’y repense, j’ai été bien trop imprudente pendant ma jeunesse, je mentais à mes parents pour avoir un minimum de vie sociale et rentrais seule à pied ou en métro lorsque l’on ne pouvait pas forcément me raccompagner. Mon expérience la plus traumatisante reste la fois où un homme de 40 ans, pas clean du tout, m’a abordé avec cette phrase que je ne supporte plus d’entendre « t’as d’beaux yeux tu sais ». Moi je ne dis rien et m’ecarte un peu. Il m’attrape le bras et me caresse la joue en me murmurant de ne pas faire la timide et de me laisser faire. J’attendais un des derniers métros en sortant d’un concert à Tourcoing, j’avais 19 ans mais faisant plus jeune que mon âge on m’en aurait donné 15-16. Il y avait pleins de gens qui avaient assisté au concert dans la station de métro, personne n’a bougé. Dans mon adolescence je n’étais pas un canon de beauté et n’en avais rien à faire de mon apparence. Les choses ont changé depuis, j’ai pris confiance en moi, j’ai trouvé mon style, j’ai appris à me mettre en valeur sans tomber dans la vulgarité, je me suis épanouie… Bref comme toi je me sens plus femme. Et même si je me fais plus souvent embeter dans la rue, je sais que ce genre de choses peut arriver à chacune d’entre nous, jupe ou pas jupe, jolie ou pas jolie ! Il ne faut pas arrêter de vivre pour autant, profite et sois accompagnée le plus souvent possible, et prudente lorsque tu es seule. Bon j’aurais bien une autre histoire à raconter (un harceleur sur mon lieu de travail), mais ce message est déjà trop long. Gros bisous !

  38. Merci pour ce magnifique article qui ne devrait pas être écrit. Dans un monde idéal cet article n’existerait pas car tous les hommes comprendraient que la gentillesse, un sourire ou une tenue courtes n’est pas un appel au vol. Dans un monde idéal, les hommes ne profiteraient pas d’une femme alcoolisée (on parle des hommes mais même si c’est dans une moindre mesure, les femmes sont à blâmer aussi). Je me suis fais agressée au milieuans d’un bondé dans un petit village (comme quoi il n’y a pas que Paris), trop saoule pour réussir à me défendre (sinon il s’en serait pris une). J’ai eu de la chance que ma meilleure amie est arrives ai n’ai à ce moment. À Lyon, je me suis faite coincée par un homme qui aurai pu être mon grand-père alors que je revenais de mon entrainement (donc rouge, transpirante et avec des fringues sans formes) et une autre fois au miel me endroit par deux hommes. Comme quoi, le lieu, la tenue, l’heure, l’état ou l’âge ne jouent absolument pas sur l les agressions malgré ce que les journalistes veulent nous faire croire. Merci encore pour ton témoignage et si tu veux te défendre de manière légale, le déo en spray est aussi très efficace ;)

    Julie de Écolorée.com

  39. Claire dit :

    Personnellement c’est une peur que j’ai toujours eu avec moi et c’est un vrai frein dans ma façon de m’habiller et de me comporter.
    J’ai lu un commentaire d’un homme plus haut qui racontait qu’une femme lui avait lancé un regard agressif sans raison mais le problème c’est qu’avec certains un simple regard gentil suffit à ce qu’ils viennent nous emmerder et on peut jamais savoir à l’avance si la personne est dangereuse, ça ne se voit pas forcément à ses habits ou sa tête…

    J’ai encore plus peur depuis que je me suis fait agressée dans la gare de Saint Michel, le mec m’a poursuivi en me traitant de « petite pute » parce que je lui avais marché sur le pied par accident et qu’il n’avait pas entendu que je m’étais excusée.
    Et je me suis retrouvée tétanisée, immobile à me faire insulter parce que j’avais peur de me faire frappée et que même si il y avait pleins de gens autour, personne n’allait lever le petit doigt pour m’aider.
    Et j’ai eu tellement honte après, je me suis sentie coupable alors que je n’avais rien à me reprocher ! Même si je ne m’étais pas excusée, la personne n’avait pas à me suivre dans toute la gare pour venir m’insulter.

    J’étais énervée contre moi-même de ne pas m’être défendue, parce que je sais que s’il des gens ayant un tel comportement s’en sortent à chaque fois ils n’arrêteront jamais.
    Et j’ai entendu tellement d’histoires de personnes s’étant faite violée et qui n’ont pas osé porter plainte par honte parce que notre société nous a inculqué l’idée que finalement c’était pas tellement la faute de l’homme, il a des pulsions qu’il ne peut pas toujours contrôler surtout si on, soit-disant, le provoque.
    Ca me rend malade vraiment surtout quand de telles idées sortent de la bouche d’une autre femme….

    J’ai pas vraiment de solution, je pense que cela relève d’une éducation de tous, garçon et fille, tant dans leur famille que dans la sphère publique et apprendre à parler de cette peur aux autres.
    (Désolé ma réponse n’a aucune structure, j’avais juste besoin de laisser sortir tout ça)

  40. Margaux dit :

    Je me suis faite agressée, 3 fois, 3 fois à la gare, ce n’est pas quelque chose dont je parle, même mes parents ne sont pas au courant.

    La première fois c’était un coup de pas de chance, les deux suivantes c’était parce que j’étais vulnérable, effrayée à l’idée que ça recommence, encore et encore, et tout ça se voyait sur mon visage, ma façon de marcher, j’étais une cible facile.
    Les trois fois ont eu lieu en 1 an et demi d’intervalle, autant dire que je commençais à peine à me remettre d’une fois que la deuxième arrivait … C’était vraiment destructeur. Ca l’est toujours … (Ca fait tout juste deux mois que la dernière fois à eu lieu …)

    Je m’étais toujours dis avant que ça arrive, que je savais courir très vite et que je pourrais me sortir de toutes les situations comme ça, malgré le fait que je sois un petit bout d’1m61 pour un micro poids, mais la vérité est que j’ai beau ne pas être « physiquement limitée » comme tu dis, on ne peut pas savoir comment on réagira et le fait est que les 3 fois où c’est arrivé, j’étais comme paralysée, incapable de bouger, je devais attendre, j’étais comme morte à l’intérieur, aucun son ne sortait de ma bouche. J’ai toujours eu de la « chance » ce n’est jamais allé jusqu’au viol, mais jamais je n’aurais cru réagir comme ça.

    J’ai mis très longtemps à oser porter une jupe à nouveau quand je sortais dans la rue même en plein jour, je suis toujours effrayée quand je suis seule dehors, quand je prend le train, quand je croise des hommes.

    Malgré tout je sais que je n’ai pas le choix, je sais que je dois sortir et continuer de prendre le train, j’ose juste espérer que cette fois ça se passera mieux … !

    Merci pour cet article encore une fois, il est très en phase avec ce que je ressens en ce moment et depuis un certain temps maintenant .

    Des bisous <3

    1. Claire dit :

      Tu as envisagé de prendre des cours d’auto défense ? Je sais bien que ça ne te permettra pas de les mettre KO mais ça te donnera peut-être plus de confiance en toi et peut-être certains automatismes…

      Je t’envoie pleins de courage, je suis sûre que tu saura surpasser ça :)

      Claire

      1. Margaux dit :

        Hihi tu sais j’ai fais 5 ans de judo plus jeune (j’ai arrêté il y a peut-être 4 ou 5 ans je n’ai que 18 ans). Je suis un petit gabarit mais je sais me défendre, seulement quand ca arrive je suis juste tétanisée et incapable de faire quoi que ce soit, même avec toute la bonne volonté du monde. Et la confiance en moi je ne pense pas que je n’en manque que dans la rue, c’est plus ou moins tout le temps du coup je pense que c’est surtout ca qu’il faudrait changé mais bon :)

        En tout cas c’est très gentil de t’être arrêtée sur mon commentaire, et oui un jour je surmonterai ça ! :)

  41. Maria dit :

    Tu n’es pas parano. J’aurais pu écrire le même article, sauf que je me suis fait violée il y a peu. Du coup, maintenant, c’est encore pire.

  42. Marie dit :

    Avant toute chose, merci d’avoir écrit cet article. J’ai la chance d’être entourée d’hommes éduqués, respectueux, compréhensifs, et même féministes, et pourtant la plupart d’entre eux n’ont pas conscience du dixième du problème que ça représente, d’être une femme sur la voie publique. La plupart se proposeront toujours gentiment de me raccompagner s’il est tard et que je dois rentrer seule, un peu par galanterie et beaucoup pour me rassurer. Ils n’ont en fait pas conscience que je suis à chaque fois déchirée entre l’envie de leur sauter au cou et de les remercier pendant des mois, et celle de me dire que je suis indépendante, forte, dans une société libre, et que je ne devrais pas avoir besoin d’être accompagnée par un homme comme en Arabie Saoudite ou autre pays où les droits des femmes sont réduits à leur plus simple appareil. Alors merci de partager cette conscience.

    J’ai l’impression que j’aurais pu écrire cet article moi-même, en utilisant exactement les mêmes mots, les mêmes pensées, les mêmes expériences… merci. J’ai beau être particulièrement robuste et forte psychologiquement, il y a des jours où je vais me changer trois fois avant de finalement décider quelle tenue je vais porter pour sortir : la première me plaît énormément, mais… dénude un peu trop mes jambes. La deuxième est un peu plus sage, mais… le décolleté est trop plongeant. La troisième sera finalement un jean basket pull over (ok j’exagère un peu, j’adore les tenues féminines). Parfois je décide que je n’en ai rien à faire, qu’ils n’ont qu’à faire des commentaires, ça ne me changera pas. Jusqu’au moment où je prends effectivement des commentaires, des remarques, voire pire : des insultes ou des menaces de viol. Là me revient un terrible et implacable sentiment de culpabilité : « pourquoi tu t’es habillée comme ca? Tu le sais, que des que tu mets cette paire de chaussures tu te fais harceler dans la rue! Tu le sais! Tu l’as fait exprès! Et bien tu l’as cherché c’est bien fait pour toi! » (Oui, parfois notre inconscient devient notre pire ennemi).

    En arriver à se dire soi-même que c’est de sa faute si on se fait harceler? Je crois que c’est bien la preuve d’un conditionnement de victim blaming.

    Meme les commentaires pas méchants, de la part d’hommes qui ne sont pas animés de mauvaises intentions et ne se rendent pas compte que c’est du quotidien, même ca me fait me crisper, et me demander quelle sera la suite des événements, et s’il va m’insulter, ou pire. Je suis sure qu’au fond, pas mal de ces hommes pensent nous avoir fait plaisir avec ce petit mot gentil sur la beauté et l’élégance de la robe. Ils pensent avoir fait notre journée. Ils ne se rendent pas compte que ce genre de commentaires dérive souvent en insultes ou situation anxiogène, et que je me trouve crispée à chaque sifflement.

    Pour ce qui est d’intervenir, oui, je suis d’accord, parfois juste se rapprocher de la victime et lui parler suffit. Souvent, meme. Mais encore faudrait-il détecter la situation. Beaucoup de gens pensent que ce n’est pas méchant, que ca n’a rien de bien terrible, que la victime n’a pas besoin de votre aide pour s’en sortir. En fin de compte, ce sont souvent les femmes qui interviennent, seules conscientes de la situation. Moi la première, je jette des regards de soutien à toutes les femmes que je croise et pour lesquelles je crains. Si l’une d’entre elle a un regard désespéré et dans le besoin, je lui adresse la parole. Ca a bien souvent pour effet de faire lâcher prise à l’agresseur. Je ne suis pas un héros, mais la bonne nouvelle : il n’y a pas besoin d’en être un(e) pour venir en aide à une femme en situation de harcèlement.

  43. Decode dit :

    Bonjour,
    C’est malheureusement une réalité. Les femmes sont souvent harcelées dans la rue. Plusieurs vidéos tournées avec une caméra cachée ont bien montré ce phénoméne. De nombreux hommes ne sont pas fins et une partie d’entre eux sont carrément agressifs. Sans aller jusqu’à l’agression physique (mais sans nier le risque qu’elle se produise) je pense que vous pouvez être agressées verbalement (pour des propos lourds, des insultes, etc…) quasiment tous les jours. Ce n’est sans doute pas facile de vivre ainsi. Je crains que cela ne cesse pas de sitôt car la bétise est la chose la plus répandue au monde. Dans l’absolu pour essayer de limiter cela il faudrait par exemple ne pas sortir seule, ne pas porter des tenues courtes, éviter les endroits les plus dangereux. Ces « précautions » constituent toutefois une atteinte à votre liberté. Je ne doute pas que vous préféreriez pouvoir aller où bon vous semble, seule ou non et dans la tenue de votre choix. Moi aussi je trouverais que ce serait mieux. La meilleure solution serait que les gens deviennent moins cons (je parle bien évidemment des harceleurs) mais c’est pas gagné.
    Cdt

  44. Raph dit :

    Pour info, mon fiancé de flic me dit qu’aucun de ses collègues n’embarquera une femme qui a un taser pour se protéger. Apparemment, la loi n’est pas vraiment claire là-dessus donc protégez-vous !

  45. Otilia dit :

    Non, je n’ai pas trouvé ton article moralisateur et j’aime lire ce genre d’article!
    J’aime qu’on puisse s’exprimer, j’aime qu’on dise merde à tout ces gros cons! Que cela soit à ceux qui agissent, ou ceux qui nous parle juste mal.

    J’habite dans une petite ville, plus précisément dans une petite ville d’Ardèche. Il me semble qu’on est un peux moins de 12 000 habitant. Et, j’ai pas peur! Pas peur dévisager méchamment un homme quand il me dévisage aussi, pas peur de demander à un jeune homme s’il veut des jumelles pour mater le cul d’une amie, pas peur de faire des doigt d’honneur aux mecs qui me claxonne dans la rue quand je suis en jupe, pas peur de rentrée complètement bourrée à pieds avec une amie, pas peur d’envoyer chier un gros lourd s’il siffle ou qu’il vient m’emmerder!
    Mais vous savez pourquoi je peux me permettre de faire ça? Parce-que je suis « la fille de » et que je sais qu’au moindre soucis j’appelle mon père, je sais que je peux courir dans plusieurs magasins et demander de l’aide parce-que beaucoup de gens connaissent mon père, et que quoi qu’il arrive cette personne je sais que je la recroiserait et qu’à un moment ou un autre il prendra cher dans sa gueule, alors qu’un homme me bouscule un peux ça me fait pas peur, parce-que c’est pas à mon papa qu’il aura à faire, ca sera à mon papa-fou et ses amis fou aussi..
    Je parle mal, je sais. Je m’en excuse, mais c’est sujet qui me met hors de moi, dans mon Ardèche, je me sens puissante Mesdames, juste parce-que je connais du monde, et qu’il y a du monde derrière moi… Alors je m’habille comme j’ai envie du long,du court, des décolletés, des cols ronds, des pantalons moulants, en survêtement… J’aime me faire jolie, me sentir bien dans mes fringues et dans ma peau.
    Mais normalement si tout ce passe comme je le souhaite, en septembre je déménagerais à Lyon… J’ai déjà prévu de ne pas sortir seule la nuit, d’éviter les jupes, de me mettre moins en valeur, d’acheter une bombe lacrimo, de mettre le numéro des flics en favoris, d’aller faire mes courses en journée et de me trouver une bonne organisation pour l’hiver, de ne pas rentrer trop tard seule le soir, de me taire à chaque remarque, de baisser les yeux face à des hommes étranges et surtout d’avoir toujours des chaussures qui tiennent bien pour pouvoir courir!
    Et oui….

  46. Julie dit :

    Avant toute chose, merci pour cet article. Merci d’écrire tout haut ce qu’on ressent toutes tout bas… Je passe souvent pour une « chochotte », une « peureuse »…mais qu’importe! Je ne choisis pas mes vêtements en fonction de Ca. En revanche, je serre les jambes ou remonte discrètement mon haut lorsque je sens des regards trop longs/ insistants… Je marche vite le soir, la nuit. Dans l’idéal je préfère le vélo (je me sens d’avantage en capacité de m’échapper si besoin). Souvent je me demande : « qu’elle serait ma réaction, si devant moi, une autre femme se faisait agresser? » « Aurais je le courage de faire semblant de la connaître / de l’interpeller pour la sortir des griffes de ce prédateur ? » « Aurais je l’audace de m’interposer physiquement, au risque qu’il(s) s’en prenne(nt) à moi? ». Pour en avoir discuter avec mon amoureux, il m’a toujours dit, que si je venais à etre en difficulté, il faut que je sollicite de l’aide en visant quelqu’un. Dire « à l’aide » ou chercher du regard quelqu’un ne suffit pas. Les gens ignorent, font semblant de ne pas voir… Le fait de désigner la personne (« Monsieur au pull rouge » « Madame au chapeau… ») fait peser une responsabilité sur la dite personne et nous ignorer devient plus difficile…

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