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Mood 22 • 03 • 16

Dure réalité

Je me suis fait une raison, j’aurais mis une vingtaine d’années mais je l’ai fait, j’y travaille encore, j’essaye aujourd’hui d’être en accord avec ce que je ressens. Je le dis souvent, je sais bien enfouir ma tête dans le sable pour éviter de ressentir et de respirer l’air ambiant. Je l’ai appris très tôt, pour faire face à toute forme de souffrance que les aléas de la vie peuvent générer. Je l’ai appris très tôt, pour évoluer dans un environnement où il ne faut pas montrer de signes de faiblesse. Un endroit où les non-dits flottent dans l’air, maladroitement. Pas de paroles accompagnées de larmes pour manifester son désarroi, pas de sensiblerie, seulement de la colère, des cris, de la frustration, qui finissent en violence inexpliquée. Ou seulement du silence, la voie que j’ai choisie.

Mais ces derniers temps ces émotions que je m’autorise à libérer me donnent l’impression de régir un peu ma vie. J’ai tellement voulu ressentir, nouer avec le vrai, qu’aujourd’hui c’est parfois trop violent, j’ai besoin de tout bloquer à nouveau. Je repousse constamment mes limites, je m’approche toujours un peu plus près du précipice, parce que la vue est plus prenante quand on est au plus près du bord, quand la rupture se fait sentir. Quand il ne suffirait que d’un pas pour se laisser tomber.

Mais un jour comme aujourd’hui c’est dur, un jour où il suffit de se connecter à Internet, d’allumer la télé, d’entendre les gens parler aux terrasses de cafés, pour être assailli d’émotions tellement fortes qu’elles en appellent d’autres, et d’autres encore. Qu’elles nous poussent, millimètre par millimètre toujours plus près du bord. Les horreurs s’enchainent, se perpétuent et rien de ce qu’on pourra faire ne les arrêtera. Aucun message d’espoir ne parvient à me rassurer, je ne cesse de me demander « Comment ? ». Comment sommes-nous censées vivre avec ça ? Comment l’ont-il fait au cours des siècles passés ? Comment vivre dans un monde où des populations sont volontairement décimées, sans faire semblant ? Comment vivre quand la diplomatie et l’argent régissent les institutions politiques ?

Je vous ai déjà dit que nous avions pour nous la résilience. J’y crois, vraiment. Mais au moment où je vous écris j’ai du mal à l’accepter cette résilience. Je la vois du mauvais côté, je la vois comme une gentille maman qui fait croire à ses enfants qu’elle a relâché le lapin dans la nature après qu’elle l’est retrouvé gisant dans sa cage. Elle veut les rassurer, leur éviter des maux inutiles, les préserver. Elle leur fout la tête dans le sable. Mais qui a dit qu’ils étaient inutiles ces maux, qui a dit qu’ils n’étaient pas nécessaires ?

Aujourd’hui je suis au stade où je voudrais simplement crier, arracher tout ce qui m’entoure, taper les murs, voir le sang apparaitre sur mes mains. Je voudrais avoir mal pour me focaliser sur la douleur physique, et oublier l’autre, cette douleur insidieuse que la décence voudrait que l’on taise.

Aujourd’hui je n’ai pas envie de me taire. Aujourd’hui j’ai envie de manifester mon soutien à ces gens qui devront vivre après que leurs proches soient partis, bien qu’ils n’avaient rien demandé à personne. Ils voulaient juste partir ailleurs, voir des maisons toutes petites depuis le ciel, au travers d’un hublot, puis les revoir à taille réelle plus tard, en revenant de leur voyage. Mais ils ne verront pas de nuages, ils ne rejoindront pas le ciel, ils ne verront pas des maisons toutes petites. Nous pouvons nous voiler encore un peu plus la face, nous cacher derrière des mythes, nous dire qu’ils vont rejoindre le ciel, qu’ils vont se réincarner, qu’ils nous attendront, parce que croire en une puissance supérieure et un peu notre façon la plus évidente de faire l’autruche.

Ce qui se passe est trop grave. J’aimerais donner, comme d’habitude, un message d’espoir. Mais je ne veux pas alimenter le cercle des illusions, aujourd’hui je ne suis pas positive, je veux être en accord avec ce qu’il se passe et être honnête avec moi-même. Je veux leur dire qu’on pense à eux, qu’on compatit, mais n’atténuons pas la gravité de la situation, n’essayons pas de relativiser, essayons de ressentir vraiment ce qu’il se passe, soyons conscient de l’impuissance à laquelle nous sommes confrontés. Aujourd’hui je n’ai pas envie de faire d’humour pour mieux digérer la pilule, ne digérons rien, contentons nous d’accepter ce mal qui parvient à nous habiter. Il existe, il est important de savoir qu’il existe. Il est important d’accepter que le monde ne tourne pas rond, que les libertés dont nous jouissons aujourd’hui ne sont pas acquises

Et arrêtons de nous empêcher d’avoir peur, nous avons le droit d’avoir peur. J’ai toujours trouvé déplacé qu’on demande aux gens qui viennent de connaitre un drame d’être forts, de ne pas se laisser gagner par la peur, la souffrance. Le courage ne consiste pas à être fort, à ne pas vaciller, il consiste à affronter sa peur, avancer avec elle, et ne pas sombrer sous le poids des maux.

En attendant j’ai envie de donner du poids aux mots. Je n’ai pas d’autre arme, je tiens à garder mes mains en bon état, donc c’est sur le clavier que j’ai choisi de taper avec frénésie.

Tant pis si le message n’est pas clair ou mal compris. Aujourd’hui je m’en fiche.

Je vous invite à écrire ce que vous avez aussi envie d’écrire dans les commentaires, pour partager avec moi, pour vous lire entre vous, sur ce que vous ressentez, tant qu’aucune incitation à la haine ni amalgame n’y figurent bien évidemment.

Après un tour sur Twitter, réseau que j’évite de plus en plus, je vous invite à ne pas juger bêtement la réaction des uns et des autres, je vous invite à ne pas laisser l’incompréhension vous rendre cons, on est déjà bien assez cons comme ça.

Enfin, je vous invite à ne pas tout confondre, parce que les raccourcis et les oeillères qu’ils offrent en chemin sont toujours plus faciles à prendre. Je vous parle en tant que personne d’origine algérienne née en France, fille d’immigrés, anciennement musulmane, qui a grandit en ZUP, qui s’appelle Jessica. En terme de jugements débiles et d’amalgames j’ai donné, et j’ai du mal à croire qu’en 2016 les discours puissent parfois voler si bas.

14 commentaires

  1. Isabel dit :

    Tu as su si bien décrire ce que je ressens aujourd’hui !!
    Moi aussi j’étais capable d’enfouir le tête dans le sable, me construire une tour de verre, ravaler mes émotions … et puis j’ai appris et compris que ça n’arrangeait rien, ne me faisait pas avancer davantage et ne me rendait pas plus forte dans le fond ! aujourd’hui je laisse libre cours et je pleure parce que j’ai peur, parce que le monde dans lequel je vis est si loin de celui dont je rêvais, parce je me sens impuissante face à la situation et à la souffrance de tous ces gens, et face à l’amalgame et les propos si bas et stupides qui circulent, démunie en fait … et comme toi je le dis en tant que fille d’origine espagnole tout la bas dans le sud pas loin du Maroc ou musulmans, juifs et espagnols se côtoyaient ..née en France de parents immigrés et entourée d’une famille toute colorée et cosmopolite… oui j’ai peur et j’ai mal ! Toutes mes pensées vers toutes les familles éprouvées par le chagrin, que leur dire ? je ne sais pas !
    Merci pour ton article !

  2. Clara dit :

    Je ne pourrais être plus d’accord.
    Même si notre petite voix ne changera pas les choses bien que l’on crie fort, même si nous ne sommes qu’un être impuissant parmi tant d’autres, même si nous nous sentons faibles et abasourdis, même si nous n’arrangerons pas tout, simplement avec de la conviction, unissons-nous contre cette barbarie! Crions ensemble pour être entendus! Montrons ce que nous on ressentons! Si nous sortons tous la tête du sable, alors peut-être qu’ensemble on arrivera ne serait-ce qu’à changer un tout petit peu les choses.

  3. Merci d’être franche et de nous laisser la parole! Moi, j’en ai marre, j’en ai ras le bol, j’en ai ma claque de tout cela…!!!! Au delà de l’effroi, de la tristesse et de la peur, car oui j’ai peur; nous avons le projet d’envoyer nos enfants à l’étranger cet été, ben là aujourd’hui, je ne sais plus ! bref au delà de tout cela, j’ai envie d’hurler que la vie est belle, que la vie continue car j’en ai marre qu’on me dicte quoi penser et quoi dire, j’en ai marre qu’on nous impose la terreur, la peur et la tristesse! Je veux vivre et profiter de la vie avec mes enfants comme je l’ai toujours fais et je veux développer mon business que je viens de lancer !
    A force de nous terroriser, ils nous obligent à revoir notre façon de vivre et cela je n’en veux pas !
    Bref, j’en ai assez et j’espère que cela va s’arrêter pour que des innocents arretent de mourir pour rien

  4. Elsa dit :

    « parce que croire en une puissance supérieure et un peu notre façon la plus évidente de faire l’autruche. »

    Je ne peux pas rejoindre ton idée, sur ce coup-là, malheureusement.
    Comme tu le dis très bien, nous sommes impuissants, nous sommes limités, nous sommes humains.
    Et croire en Dieu n’a jamais signifié « relativiser » ou encore « faciliter les méandres de la vie », bien au contraire. Le monde n’est pas censé être merveilleux, n’est pas censé être beau et encore moins parfait. Nous avons des libertés, et c’est à chacun de les gérer (le libre arbitre, c’est aussi de l’amour). Bien sûr que nous rêvons tous d’un monde serein, en paix, solidaire, etc., mais dans ce cas-là le péché n’aurait aucune vie, et pourtant on le voit surgir tous les jours.

    Cela n’empêche, que pour tout le reste je te rejoins : c’est dramatique, c’est chaotique, c’est impétueux, tragique, violent et il y en aurait encore à écrire. Cela m’attriste énormément et je me demande inévitablement jusqu’où cela va nous mener. Et je ne peux m’empêcher de partager ta peine, notre peine et toutes ces peines.

    1. Rebecca dit :

      Merci Elsa ! Je rejoins ton point de vue et je t’approuve totalement. Nous vivons dans un bien triste monde mais seule l’amour résiste à tout ce tumulte.

  5. Jack dit :

    Je travaille à Bruxelles. Ce matin, une collègue qui arrive un peu plus tard nous informe qu’il y a eu des explosions à l’aéroport.

    On a commencé à se renseigner. Un peu après, on a appris pour le métro.

    Après ça, je ne sais pas trop pourquoi tout s’est « emballé » : cordon de policiers autour du bâtiment : des colis suspects auraient été trouvés. On était en plein centre d’un périmètre de sécurité sans savoir pourquoi : des rubans bleus et blancs tout le tour de l’organisme. Des collègues se sont vus interdit de sortir.

    A l’extérieur, par la fenêtre, on a vu un passant être mis en joue par la police avant d’être fouillé et enfin on l’a laissé partir.

    Des infos contradictoires se sont enchaînées au micro à l’attention du personnel : évacuation sur ordre de police. Contrordre : tout le monde reste à sa place et attend. Enfin, ordre d’évacuer étage par étage par l’escalier sous contrôle de la police. Prière de garder son calme.

    A l’extérieur, des policiers parfois mitraillettes au poing sur le trajet jusqu’au point rassemblement. Finalement, je suis rentré chez moi en voiture avec des collègues parce que toutes les gares étaient fermées.

    Tout ça, ça m’a révolté mais je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas peur. Il y a eu des explosions mais « après » il n’y avait plus de danger immédiat, enfin, c’est mon impression. Tout ce que j’ai vu c’était le « contrecoup » : il y a eu quelque chose, on n’a rien pu faire alors je ne sais pas quoi : on voit le danger partout, on panique et on essaie d’être prêt ailleurs, « pour le cas où ». Mais c’est trop tard : il n’y a plus rien à faire et il n’y a plus de danger.

    Peut-être qu’une fois je serai pris dedans et à ce moment-là, ce sera différent pour moi mais dans l’immédiat, je vis normalement sans devoir faire un effort. Je n’imagine pas que le danger soit partout et je n’écris pas ça pour me rassurer. Il se passe quelque chose mais on ne peut pas vivre en se disant que ça va arriver partout, tous les jours.

    Ce qui me dérange par dessus tout là-dedans, c’est qu’aujourd’hui, ça a été « dispense de service ». Logiquement, dispense de service, ça veut dire : chouette ! Quartier libre non prévu et qui ne coûte rien.

    Et aujourd’hui, j’ai été dispensé de travail parce qu’il y a eu 34 morts et 200 blessés…

  6. Aurore L. dit :

    Hier soir, je n’étais vraiment pas bien, j’avais une boule au ventre. Je réalisais que 4 mois après les attentats, j’en étais toujours complètement marquée. Je n’arrive plus à avancer dans ma vie, je suis comme bloquée, paralysée. Quand tu t’apprêtes à être jeune diplômée, les personnes ne peuvent s’empêcher de te lancer tes phrases du type « oh j’espère que ça va aller, c’est pas facile de trouver du travail de nos jours », je suis de nature optimiste, ces phrases ne m’ont jamais touchées car du travail il y en a toujours. Sauf que les attentats m’ont fait perdre l’espoir de lendemain meilleur, ils m’ont fait détester l’idée de faire un travail qui ne me plaise pas un peu. Ils m’ont donné envie de faire quelque chose, d’essayer de changer les choses. J’ai plein d’idées dont une qui me suis depuis mon enfance, mais l’atteindre me parait comme gravir une montagne. On verra bien. Les amalgames me font aussi très peur, pendant longtemps les mots discriminations, racismes était très loin de moi parce que je suis française d’origine française mais aussi car ces mots me semblaient désuets tout droit venus d’un autre temps. Les choses ont changés en tombant amoureuse… Tu réalises que ce que toi tu trouves beau, sa peau bronzé, ses cheveux noirs bouclés, sa barbe douce d’autres ne le tolère pas où très mal. Pourtant il n’est pas musulman, il n’est pas arabe (il est sri lankais, bouddhiste), pourtant il a eu droit à des regards les jours suivants les attentats, pourtant il aura plus de mal que moi à trouver du travail. Tout le monde n’est pas racisme, mais beaucoup (trop) de gens manquent de tolérance et d’empathie, beaucoup (trop) de gens vivent dans les clichés et les préjugés et je ne peux m’empêcher d’être en colère, je ne peux pas m’empêcher de penser que ces monstres c’est en partie notre société qui l’a crée par son manque d’espoir pour les jeunes, par son manque de tolérance et d’empathie.

  7. Chère Jessica,

    tu as raison de partager tes pensées et tes maux. C’est important de dire et d’écrire ce que l’on ressent.
    Je suis tout à fait d’accord avec ta réflexion sur la peur. Je trouve ça complètement aberrant de crier « n’ayez pas peur » ou encore « même pas peur ». La peur a toujours fait parti des émotions archaïques qu’il ne faut pas oublier. La peur a sa place et ce, surtout dans des moments comme ça. La peur est importante. Après, la question est comment vivre avec ou plutôt « comment ne pas trop s’empêcher de vivre avec elle »?

    Je pense aussi qu’il y a des confusions entre « accepter » le climat actuel et le banaliser au point où ça devient « normal ». Non, ce n’est pas normal ce qui se passe. Même si dans tous les esprits, on sait que ça peut arriver, quand ça nous arrive, ça percute, ça choque, ça traumatise. De ma petite expérience, je savais qu’en arrivant en région parisienne, je pouvais être victime de car jacking…Le jour où ça m’est arrivé en allant au boulot, j’ai réagi de manière extrême. Impulsive, incontrôlée et il m’a fallu plusieurs semaines pour digérer et avoir moins peur. La peur n’est pas complètement dissipée mais c’est largement gérable.

    Je pense aussi qu’il est important de reconnaître qu’il existe un point de non retour. Il ne sera jamais possible de revenir à un état (qu’il soit sociétal ou psychologique ou social, etc) antérieur sans séquelle. Il y a toujours une marque, une trace, une blessure, un silence, un trou, bref, quelque chose qui vient marquer l’histoire qui concerne chaque individu, et l’Histoire qui concerne l’humanité.

    Malheureusement, je crois qu’on oublie les enseignements du passés, les guerres précédentes et certains politiques répondent de manière très agressives. Je me pose la question si c’est la « moins mauvaise solution ». Les attentats se rapprochent, les paroles de violences et de réponses armées aussi.
    La perversité de cette nouvelle guerre est que le camp opposé, oserais-je dire « ennemi », n’a pas une forme organique classique. Insaisissable, caché, avec des formes multiples…c’est malsain et ça risque (je ne l’espère pas mais bon) d’amener à nouveau à des phénomènes de délation « injustifiée » comme au temps de la 2nde guerre mondiale…

    Bref, la pleine lune est de sortie…Est-ce plus irréel que de penser que les astres aient une influence sur certains phénomènes?

    Souhaitons nous du courage, de la force et surtout des étayages. Parce que la résilience ne peut exister que si, à un moment, un autre appui physique ou symbolique existe.

    xxx

  8. Elodie dit :

    Bravo pour ce que tu as écrit je comprend et partage beaucoup ton sentiment. Je ne suis pas si forte pour m’exprimer j’intériorise bcp j’essaye de mettre ces oeillères mais il faut aussi être réaliste. Et finalement on a beau connaitre la modernité électronique, médicale, culinaires etc… L’horreur a ancré l’histoire on pensait passer à côté et finalement, comme nos ancêtres et leurs ancêtres avant on est nous aussi en pleine crise. Et je n’ai aucune honte à dire que j’ai peur et qu’il est très dur de se focaliser sur des choses positives même si c’est ce que l’on doit faire. Grosse pensée pour les familles des victimes.

  9. Lea dit :

    Je crois que c’est ce que j’ai lu de plus vrai aujourd’hui. Merci pour ce message … Merci pour ces mots qui résument totalement ma pensée…

  10. Céline dit :

    Merci et bravo pour cet article. Apres toutes les betises et les amalgames qu’on peut lire sur internet, cela soulage un peu de lire enfin qqch auquel je peux m’identifier. J’ai lu un seul commentaire sur Twitter que j’ai trouvé utile. Il disait que la Belgique ou l’Europe ont vécu aujourd’hui ce que des gens vivent tous les jours dans certains pays du Moyen Orient. Mais au lieu d’une plus grande solidarité et générosité c’est triste de constater qu’on se dirige plus probablement vers plus de xenophobisme. Bonne continuation !

  11. Sylvie dit :

    Bonjour Jessica et toutes celles qui me lirons,

    Effectivement les temps actuels sont bien tristes et sombre, mais dans notre monde il y a toujours eu des guerres et il y en aura toujours, des civils sont touchés mais c’est le cas depuis bien des années.

    Notre génération a grandit dans un pays en paix, protégé et à l’abri de la violence en quelque sorte, alors évidement ce mal nous touche nous traumatise et c’est normal. LA peur comme la joie ou la tristesse sont des sentiments humain très fort et heureusement qu’on les éprouvent. On ne doit pas le cacher ou les sous-estimer notre humanité est notre bien le plus précieux. D’ailleurs les hommes qui font tant de mal en ces jours on eux perdu ce trésor.

    Je ne suis pas naïve mais je sais qu’aujourd’hui ce que je veux retenir de ces atrocité c’est que tu mal absolu peux sortir du bon et que dans ces moments sans nom une solidarité et une empathie totale est éprouvé par le monde entier.

    Moi je veux chanter ces paroles:

    « Pour toi, l’étranger ne porte le nom d’homme
    Que s’il te ressemble et pense à ta façon
    Mais en marchant dans ses pas tu te questionnes
    Es-tu sûr, au fond de toi, d’avoir raison ? »

    Parce qu’a une autre époque d’autres peuples se sont entre tués et que même si l’histoire Pocahontas n’est qu’une « petite » histoire et que Disney l’a largement embelli le message est fort et vrai.

    Aujourd’hui avoir des enfants n’est pas égoïste c’est vital, car transmettre nos valeur, notre vision du monde meilleurs va nous permettre de créer une nouvelle génération qui sera meilleure que nous…l’homme peut toujours s’améliorer et grandir.

    J’ai beaucoup de peine aujourd’hui et je ne m’en cache pas, mais je reste optimiste et je ne m’en cache pas non plus. Chacun gère sa peine et ses émotions comme il peut le tout est d’être « ensemble » et surtout de voir son prochain comme un ami et non un ennemi car finalement on a bien plus d’amis sur cette terre que l’on imagine.

  12. Ce qui se passe est tellement compliqué, je n’ai pas vraiment réussi à mettre des mots sur tant de barbarie et de malheur. A Paris, en Belgique, ou ailleurs parce que chaque jour il se passe ce genre de choses. On se sent impuissants, et en même temps on sent que quoique l’on fasse il y aura toujours des gens pour nous dire « sombre conne comment peux tu encore rire un jour pareil » ou « on va pas s’arrêter de vivre quand même »
    En soi, je suis plutôt partisante de la seconde catégorie, je n’ai pas envie de m’arrêter de vivre, je n’ai pas envie d’avoir PEUR non plus, j’ai envie aussi de continuer de parler de choses futiles sans avoir l’impression d’être une sans coeur, alors que non, j’y pense et qu’au fond ça me bouleverse de vivre dans ce monde, ou j’ai de moins envie de faire des enfants, car je vais les laisser la dedans … et ça fait flipper, clairement.
    En tout cas, moi je pense qu’il ne faut pas se taire, au contraire, lacher les armes, dire ce qu’on pense, c’est la solution à toute blessure, tout doute, du moins un peu, je pense que ça soulage <3

  13. Margaux dit :

    Cet article est bien plus noir que les autres, mais très sincèrement, je trouve que c’est bien, c’est nécessaire même.

    Je n’ai jamais su exprimer mes sentiments, exprimer quand j’avais mal (physiquement ou pas) et ai toujours eu plutôt tendance à minimiser, si bien que mon entourage s’est habitué à me voir forte, sans jamais sombrer quelques soient les circonstances, et ils ont pris l’habitude de se reposer sur moi à la moindre occasion, seulement maintenant j’ai l’impression qu’il m’ait impossible de craquer, de montrer une faille, ou même de pleurer au risque de les décevoir.

    Je vais surement finir avec un ulcère à l’estomac si je continue comme ça mais pour l’instant je ne connais que ce fonctionnement.

    Enfin bref tout ça pour dire que je n’ai jamais su comment réagir lors d’un décès, d’un deuil ou autre. On m’a déjà dit que je n’avait pas de cœur parce que je restais stoïque quelque soit les circonstances, mais simplement je ne sais pas faire alors que ce n’est pas vraiment quelque chose qui s’apprend, du moins ça me semble inné chez les autres. Et du coup, je ne sais pas comment réagir à ces attentats qui en plus sont des événements nouveaux pour moi, auxquels je n’avais jamais été confrontée (je n’avais que 3 ans pour ceux aux Etats-Unis et n’ai jamais trop suivi l’actualité des pays en guerre etc.) – (Tu as le droit de me dire que je n’ai aucune culture hahaha ce n’est pas faux !)

    Je trouve donc génial qu’aujourd’hui tu t’exprimes, parce que j’arrives à comprendre cela d’une façon différente, et je comprend les émotions et ça me touche différemment … Et c’est bien.

    Bizarrement, cet article m’a énormément apporté !

    Je ne sais pas si mon commentaire sera aussi pertinent que les autres parce qu’il m’a l’air très décousu mais je trouvais intéressant de discuter avec quelqu’un de cela … !

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